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Construction à Vancouver : les petits commerces au cœur des promesses électorales

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À Vancouver, les grands chantiers de construction ébranlent les commerces de quartier. Alors que plusieurs d’entre eux assistent, impuissants, à l’impact des travaux du SkyTrain sur leurs ventes, les partis politiques municipaux avancent leurs solutions pour concilier développement urbain et survie du commerce local, à l’approche des élections.

Michael Wong est le propriétaire du café Sweet Barrel, installé sur la rue Arbutus depuis une dizaine d’années. Avec les travaux de construction du SkyTrain en direction de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) au coin de la rue Broadway, à proximité de son commerce, il constate une baisse claire de son volume de ventes.

Michael Wong devant son café Sweet Barrel, à Vancouver, le 14 octobre 2026.

Michael Wong est le propriétaire du café Sweet Barrel, sur la rue Arbutus. Il a aussi été propriétaire d'un commerce dans le quartier Yaletown lors de la construction de la ligne de SkyTrain Canada Line, au début des années 2000.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Cela touche tout le monde, car la circulation ne cesse de changer. Parfois, ils ouvrent le carrefour, parfois ils le ferment, et de manière générale, la fréquentation piétonne et automobile a considérablement diminué, déplore-t-il. Selon lui, les gens, que ce soit des commerces ou des résidents, finissent par aller ailleurs.

Personne ne veut subir ça, quatre ou cinq ans de travaux.

À quelques pas de Sweet Barrel, le propriétaire de Pete’s Meat Butcher Shop and Deli, Peter Jenney, fait le même constat. Il est devenu plus difficile pour les gens de se rendre dans ce quartier et simplement de s’y déplacer.

Peter Jenney devant son commerce à Vancouver, le 14 octobre 2026.

Peter Jenney est le propriétaire de Pete’s Meat Butcher Shop and Deli. Il dit qu'il doit fermer son commerce parce que son propriétaire n'a pas voulu renouveler son bail, mais qu'il va le rouvrir à West Kelowna.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Installé sur la rue Arbutus depuis 15 ans, le commerçant n'attend plus grand-chose des autorités locales.

Qu’est-ce qu’elles vont faire? J’ai essayé de faire déplacer l’arrêt d'autobus pour le remettre là où il était avant, d'obtenir des places de stationnement, mais rien n’a été fait, raconte-t-il.

Michael Wong et Peter Jenney souhaitent tous deux que Vancouver revoie le rythme de son développement.

C'est sans doute trop, trop vite, et les commerces n'ont pas pu s'adapter ni se réorienter. C'est horrible d'essayer de circuler en voiture dans cette ville en ce moment. Il y a des chantiers partout.

Si je pouvais déménager mon entreprise, j’envisagerais sérieusement n’importe quelle ville, sauf Vancouver, dit pour sa part Michael Wong.

Solutions proposées

La plupart des partis politiques et candidats à la mairie de Vancouver reconnaissent que les travaux et les fermetures de rues causent d'importants désagréments et des pertes financières aux petites entreprises.

Plusieurs d’entre eux proposent diverses stratégies axées sur une meilleure planification des constructions et la réduction des perturbations de la circulation. Le Parti vert de Vancouver s'engage par exemple à mieux coordonner le calendrier des projets et à employer des méthodes de construction moins invasives afin de limiter la fermeture des voies.

De son côté, ABC Vancouver préconise l'instauration d'une politique du bon voisin dans ses 100 premiers jours. Il entend imposer des préavis plus clairs, préserver l'accès aux façades commerciales et réaliser un audit de la mairie pour mieux hiérarchiser les chantiers et éviter de creuser plusieurs fois au même endroit.

Les libéraux de Vancouver mettent quant à eux l'accent sur une planification évitant de réduire simultanément les voies sur des artères parallèles principales, comme les rues Oak, Cambie et Granville.

Les candidats à la mairie indépendants Scott Gilbert et Amauri Caliman recommandent quant à eux la mise en place d'un tableau de bord public des chantiers, des préavis de 30 jours, et des travaux hors des heures de pointe. La formation Bright Future Vancouver préconise des travaux 24 heures sur 24 lorsque ce serait approprié pour accélérer l'achèvement des projets.

Pour simplifier les démarches et offrir un accompagnement personnalisé, plusieurs propositions misent également sur la création d'un point de contact unique au sein de l'administration municipale.

Un chantier de construction au centre d'une intersection à Vancouver, le 9 juin 2022.

Travaux du prolongement du Skytrain vers l'UBC à l'angle des rues Broadway et Arbutus. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

En matière d'aides financières et d'allègements fiscaux, les propositions combinent subventions directes et réductions de taxes. La formation TEAM, par exemple, défend l'octroi d'aides financières directes ou des allègements de taxes foncières pour les commerces perturbés par de grands chantiers, comme celui du SkyTrain vers l'UBC.

Bright Future Vancouver propose d'éliminer la taxe de licence commerciale pour les petites entreprises et d'accorder des subventions ciblées aux commerces subissant de lourdes pertes, notamment.

Enfin, les verts, qui soutiennent la reconduction de programmes d'allègement de la taxe foncière menés conjointement avec la province et ABC Vancouver, mise sur la réduction des formalités administratives globales.

Les partis Vote Vancouver, OneCity et COPE n’avaient pas répondu à nos demandes de commentaires au moment de la publication de ces lignes.

Une question de politique

À ce propos, Thomas Davidoff, professeur associé à la Sauder School of Business de l'UBC, estime que le choix d’une municipalité de venir en aide ou non aux commerçants qui subissent des pertes est une question de politique, pas une question de droit ou de loi.

S’il croit que cela peut être une bonne idée, pour un gouvernement municipal, de faire un geste en ce sens, en réduisant les impôts, par exemple, il est d’avis que cela coûte beaucoup et [que] ce n'est pas nécessaire.

Il y a des gens qui n'ont pas de maison, qui dorment dans la rue. Il y a beaucoup de problèmes et pas assez d'argent, conclut-il.

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