Dans une Europe où chacun choisit un camp, il est plus nécessaire que jamais qu’un pays puisse encore choisir une troisième voie, celle de la paix. Depuis plus de deux siècles, la neutralité est l’un des piliers de notre politique extérieure. La Suisse a développé une diplomatie active, offert ses bons offices, représenté des intérêts étrangers et accueilli des négociations. Elle a pu le faire car sa position était prévisible et crédible.
La neutralité est un outil au service de notre sécurité – et de la paix aussi. Cet outil, aujourd’hui, s’émousse. La Suisse s’aligne toujours plus sur l’UE et l’OTAN – et par-là sur les Etats-Unis. Les coopérations militaires se multiplient avec ces alliances belliqueuses. Sans effet sur la guerre, mais pas sur les Suisses qui en sont les seules victimes, les sanctions anti-russes placent notre pays dans le rôle dangereux de belligérant d’une guerre qui n’est pas la sienne.


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