L’automne est frais dans ce village du Hebei, dans la vallée ventée de la rivière Yongding, au bord du réservoir Guanting, à 130 km au nord de Pékin. Deux couples de retraités s’affairent dans un jardin potager «clandestin». Les deux hommes y ont déplié leur table de mah-jong tandis que leurs épouses nettoient des calebasses fraîchement récoltées, tout en bavardant. «On en profite car, l’an prochain, ces parcelles vont redevenir des espaces verts. Le gouvernement local a informé les résidents qu’il allait reprendre la main. C’est un mal pour un bien.»
Plus loin, Chen Jie, 64 ans, ancien ingénieur dans l’industrie minière, se filme en tenue élégante, en train de jouer du saxophone, les pieds dans les herbes folles, devant une fontaine en forme de cygne aux carreaux noirs décollés. La place est déserte. «C’est pour mon réseau social. Ce décor plaît beaucoup à mes abonnés.»


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