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L’université Cornell suspend les fêtes des fraternités jusqu’à la fin de l’année universitaire

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Publié le 13 octobre 2026 à 22:27. 2 min. de lecture

L’université Cornell a annoncé mardi la suspension des fêtes organisées par les fraternités, associations étudiantes masculines, jusqu’à la fin de l’année universitaire, après l’indignation suscitée aux États-Unis par des accusations de viols en réunion sur une étudiante.

«Ces mesures permettront de disposer du temps nécessaire pour mener un examen approfondi de la vie au sein des fraternités à Cornell, afin de déterminer si et comment celle-ci peut se poursuivre en toute sécurité», a déclaré le président de l’université, Michael Kotlikoff, dans un communiqué. «Je suis profondément désolé du préjudice subi» par la victime «et horrifié qu’un tel acte de violence sexuelle ait eu lieu au sein de la communauté de Cornell», a-t-il ajouté.

Lire aussi: Aux Etats-Unis, l’accusation de viol collectif à Cornell «a fait exploser une bombe»

Une indignation au-delà du campus

L’affaire avait éclaté le mois dernier, lorsqu’une ancienne étudiante a saisi la justice civile. Agée de 20 ans au moment des faits, en 2024, elle affirme avoir été violée par sept étudiants, membres de la fraternité Chi Phi, alors qu’elle avait consommé de l’alcool et de la kétamine.

Ces révélations ont déclenché une vague d’indignation sur le campus de Cornell et au-delà, beaucoup les considérant comme emblématique d’une culture liée aux fraternités dans les universités.

Des manifestantes du mouvement féministe Women’s March, dénoncent l'affaire de viol à l'université Cornell, à Washington D.C., le 8 octobre 2026. — © ALEX WROBLEWSKI / AFP Des manifestantes du mouvement féministe Women’s March, dénoncent l'affaire de viol à l'université Cornell, à Washington D.C., le 8 octobre 2026. — © ALEX WROBLEWSKI / AFP

Elle a également suscité de vives critiques à l’encontre de la prestigieuse institution ainsi que des procureurs qui n’avaient engagé aucune poursuite contre les auteurs présumés en 2024, malgré une première plainte de la victime.

Une enquête a depuis été rouverte et des poursuites envisagées contre les agresseurs présumés. Après les faits, Cornell avait fermé la fraternité concernée et suspendu temporairement les étudiants mis en cause. Deux d’entre eux ont ensuite été exclus définitivement.

Lire aussi: «Cornell 7», l’affaire du viol collectif qui questionne la protection des victimes par les grandes universités américaines

Une enquête externe sur la gestion par l’université

La semaine dernière, quelques milliers d’étudiants et membres du personnel universitaire s’étaient rassemblés sur le campus pour réclamer justice pour la plaignante, brandissant des pancartes proclamant notamment «Protégez les survivantes» de viol et d’agressions sexuelles.

Une enquête externe indépendante examine également la gestion de l’affaire par l’établissement. Elle a été confiée à Sally Yates, ex-procureur générale adjointe des États-Unis, deuxième plus haute fonction au sein du ministère de la Justice.

 rassemblement à Foley Square, Manhattan, à New York, le 8 octobre. — © IMAGO/Selcuk Acar / IMAGO/Anadolu Agency Journée d'action contre les violences sexuelles : rassemblement à Foley Square, Manhattan, à New York, le 8 octobre. — © IMAGO/Selcuk Acar / IMAGO/Anadolu Agency

Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs ont parallèlement apporté leur soutien en partageant le hashtag #IAmJaneDoe – Jane Doe étant le pseudonyme utilisé dans les procédures judiciaires pour préserver l’anonymat d’une femme, comme c’est le cas dans cette affaire.

Selon une étude publiée en 2020 par l’Association des universités américaines et portant sur 33 établissements, un quart des étudiantes en équivalent licence (bachelor’s degree) indiquaient avoir été victimes d’un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement.

En 2016: Viols dans les campus: Stanford accusée d’avoir fermé les yeux
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