Sur leurs photos, Julie et Camille Berthollet jouent de leur complicité. Pourtant, derrière les images, beaucoup imaginent la compétition. «On nous demande souvent si nous sommes rivales», s'étonne Julie, 29 ans. «Il n’y a pas de ça entre nous. Sauf quand on joue à des jeux de société», renchérit Camille, 27 ans. Enfants, les deux sœurs et musiciennes romandes partageaient déjà tout: leur chambre, leurs jeux, les copains du quartier. Elles qui ont grandi à Annecy, en France voisine, ne se souviennent pas d’une période particulièrement conflictuelle, malgré leurs tempéraments bien différents. Julie, la plus introvertie, aimait l’humour noir et proposait les bêtises. Camille, plus intellectuelle, organisée et pragmatique, était toujours partante. «On a vite compris qu’on était plus fortes à deux», dit-elle.
La relation des sœurs Berthollet semble si harmonieuse qu’on peine à y croire. Depuis le récit biblique de Caïn et Abel, notre culture populaire nous a davantage habitués aux histoires de rivalité fraternelle: des sœurs qui ne se parlent plus, des frères qui se méprisent ou pire, des fratries déchirées par les violences, les dettes, ou les abus sexuels. Si c’est hélas une réalité, les frères et soeurs sont aussi un territoire d'expérimentation, parfois un refuge.


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