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Comment la technologie de prévision des tornades a évolué dans le temps

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L’Alberta a déjà recensé plus de 20 tornades cette saison-ci, tandis que la Saskatchewan s'acheminerait vers une année record en la matière, ce qui donne l’occasion de s’intéresser à la façon dont la technologie de prédiction de ces phénomènes météorologiques aussi spectaculaires que terrifiants a évolué au fil du temps.

Le vendredi 31 juillet 1987, une violente tornade a balayé Edmonton, faisant 27 morts et au moins 300 blessés.

Ce jour est tristement connu dans la capitale albertaine sous le nom de Black Friday, que l’on peut traduire par Vendredi funeste.

Un peu plus d’une décennie plus tard, en juillet 2000, une autre tornade survenue à Pine Lake, près de Red Deer, a fait 12 morts.

À l’époque, les prévisionnistes s’appuyaient sur les tendances météorologiques ainsi que sur des technologies moins précises et moins performantes.

Ils se fiaient également aux citoyens qui appelaient pour signaler tout orage pouvant donner lieu à une tornade, comme l’indique Terri Lang, météorologue à Environnement Canada.

Cela a été le cas pour la tornade meurtrière de 1987. Un homme, Tom Taylor, qui avait l’habitude d’appeler de temps en temps le bureau météorologique local d’Edmonton pour signaler les conditions météorologiques raconte qu’il avait appelé ce jour-là pour demander : Y a-t-il une tornade dans la région?

Et ils m’ont immédiatement répondu en me disant : "Pourquoi? En avez-vous vu une en entonnoir?"

Ce à quoi il avait répondu : Oui, et elle a touché terre.

C’est alors qu’une alerte à la tornade a été publiée, mais a posteriori. Ainsi, les prévisionnistes passaient à côté de beaucoup de choses, fait remarquer Terri Lang, ajoutant que ce n’était pas de leur faute, car ils ne pouvaient faire qu’avec les moyens du bord.

Une imagerie radar lors de la violente tornade EF4 près de Didsbury, en Alberta, le jour de la fête du Canada 2023, est présentée ci-dessus.

Une imagerie radar lors d'une violente tornade en Alberta. (Photo d'archives)

Photo : Environnement et changement climatique Canada

Des radars Doppler à l’IA

L’onde de choc provoquée par le Vendredi funeste a été telle que le Canada a dû mettre en place un vaste réseau de radars Doppler, afin de prévoir l’avènement d’orages supercellulaires, soit ceux qui peuvent générer des tornades, et d'en avertir les populations en temps réel.

[Les radars Doppler] permettent de voir réellement à l’intérieur de la tempête […] et d’observer les mouvements du vent à l’intérieur de celle-ci, explique Dave Sills, directeur du Northern Tornadoes Project, un projet de recherche de l’Université Western (nouvelle fenêtre), en Ontario.

À mesure que la science progresse, nous parvenons de mieux en mieux à prévoir ces phénomènes.

Aujourd’hui, les météorologues s’appuient sur la modélisation informatique et les radars Doppler pour suivre et prévoir les tempêtes.

La technologie ne cesse de progresser, comme le mentionne Dave Sills. Il évoque l’intelligence artificielle (IA) et des outils de plus en plus perfectionnés, qui permettent de lancer des alertes plus tôt que jamais.

Au cours des dernières années, le Canada a renouvelé son système de radars météorologiques en acquérant une trentaine de nouveaux radars à double polarisation.

Comme on peut le lire sur le site du gouvernement fédéral, ces nouveaux systèmes présentent l’avantage de fonctionner dans deux dimensions, comparativement aux radars Doppler conventionnels qui, eux, fonctionnent dans une seule dimension.

Une carte montre l'emplacement des radars météorologiques à travers le Canada en 2024.

Une carte montre l'emplacement des radars météorologiques d'un bout à l'autre du Canada en 2024.

Photo : Site du gouvernement du Canada

L’aide des réseaux sociaux

Dave Sills, du Northern Tornado Project, fait savoir cependant qu’il reste quand même difficile de prévoir les orages et qu’il y aura certainement des moments où des événements se produiront sans que les prévisionnistes puissent les détecter en temps réel.

Mais là où il y a des lacunes, le public prend le relais.

Selon Dave Sills, la science citoyenne et la mise à profit de l’intelligence collective sur les réseaux sociaux permettent aux prévisionnistes d’en savoir davantage sur ce qui se passe sur le terrain.

Souvent, on peut voir quelque chose sur le radar et savoir ce qui se passe au niveau de la tempête, mais on ignore ce qui se passe sous la tempête, explique-t-il. C’est donc quelqu’un qui signale un événement sous cette tempête, qui peut conduire à la publication d’une alerte.

Les réseaux sociaux ont également changé la manière dont les prévisionnistes d’Environnement Canada analysent les tornades et lancent des alertes de sécurité, comme l’indique Terri  Lang.

Il y a quelques décennies, on voyait défiler à la télévision ce petit bandeau qui mettait vraiment, vraiment longtemps à passer, explique-t-il. Mais aujourd’hui, on peut diffuser instantanément des alertes de tornade ainsi que des alertes d’orage violent.

Avec les informations (nouvelle fenêtre) d’Iman Janmohamed

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