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Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, d'anciens élus néo-démocrates dénoncent le « manque de leadership » climatique du gouvernement, dans un contexte d'accélération de l'exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL) dans la province.
Nous ne constatons plus ce leadership en matière de climat que nous attendons et méritons. Si l'on définit un plan comme la fixation d'objectifs appropriés, assortis d'une feuille de route crédible pour les atteindre, alors la Colombie-Britannique n'a plus de plan climatique, soutient la lettre signée par 16 anciens élus néo-démocrates fédéraux et provinciaux, tels que Taylor Bachrach, Bonita Zarrillo et Katrina Chen.
Les signataires s’inquiètent aussi de l’importance que prend la production de GNL dans la province et de la volonté du gouvernement Eby d'accélérer son exportation vers l’Asie.
L'augmentation de notre production de gaz naturel ne se traduira pas seulement par des millions de tonnes d'émissions de carbone, mais elle nuira également à la santé humaine et aggravera le conflit avec les communautés autochtones qui s'y opposent, affirme la lettre.
Nous assistons à une capitulation généralisée face à l'industrie des énergies fossiles, sous prétexte de protéger notre économie contre les menaces américaines et d'autres chocs géopolitiques.
En mai 2025, le gouvernement de la Colombie-Britannique a reconnu qu’il n'atteindrait pas ses cibles de réduction des GES d'ici 2030.
Le ministre de l'Énergie, Adrian Dix, avait alors affirmé que toutes les autorités au Canada et dans le monde ratent leurs cibles actuellement et que la province s'inscrivait dans ce contexte, tout en reconnaissant qu'elle devrait en faire plus. La province a, depuis, mis l'accent sur son intention de devenir un acteur de premier plan dans la production et l'exportation (nouvelle fenêtre) de gaz naturel liquéfié au pays.
L’un des signataires de la lettre, l’ancien député fédéral néo-démocrate de Skeena—Bulkley Valley, Taylor Bachrach, dit en entrevue avoir signé la lettre pour exprimer sa déception face aux choix du gouvernement Eby en matière de climat.
L'avenir est véritablement sacrifié par les dirigeants d'aujourd'hui, qui cèdent aux pressions du lobby pétrolier et gazier, acceptent pratiquement tout ce qu'il exige et laissent la pollution climatique atteindre des proportions incontrôlables.
David Eby se défend
En marge d’un point de presse, le premier ministre Eby a défendu la volonté de son gouvernement de miser sur le GNL à des fins d’exportation, même s’il comprend que le sujet puisse prêter à débat.
Il a précisé que des partenaires économiques en Asie préféreraient acheter du GNL canadien plutôt qu'américain et que la province ne devrait pas se priver des retombées économiques du secteur. Il a souligné que le projet LNG Canada Phase 2 — soumis au Bureau des grands projets — représente « 28 milliards de dollars de revenus pour la province » sur toute la durée de vie du projet.
Si nous ne construisions pas de terminal de GNL en Colombie-Britannique, ce seraient les États-Unis qui en construiraient un en Alaska. Nous ne bénéficierons alors ni des emplois, ni des recettes, ni d'avantages [économiques], et cette installation serait construite selon des normes [environnementales] moins strictes, a-t-il fait valoir.
Pourquoi devrions-nous soutenir l'exportation vers ces pays de GNL américain à forte empreinte carbone plutôt que celui provenant de la Colombie-Britannique, alors que nous pouvons faire mieux, que nous pouvons créer des emplois et des débouchés?
C'est un argument qui ne convainc pas Taylor Bachrach, qui croit que la province sacrifie le coût environnemental à long terme aux retombées économiques à court terme.
Taylor Bachrach croit qu’il n’est pas trop tard pour la province de rectifier le tir en investissant dans les énergies propres.
Sur la scène fédérale, une lettre similaire dénonçant des reculs en matière d’action climatique, adressée à Mark Carney, a circulé dans les rangs libéraux sur la colline du Parlement. Une quinzaine d’élus y exprimaient un malaise à la perspective de la signature d’un accord avec l’Alberta sur le tracé d’un nouvel oléoduc.
La veille, Ottawa et le gouvernement britanno-colombien s’entendaient sur un accord de 3,3 milliards de dollars en soutien en matière d'infrastructures, un régime d'indemnisation lié à l'oléoduc et le maintien du moratoire sur les pétroliers. David Eby avait également affirmé que la province ne se tournerait pas vers les tribunaux pour s'opposer à un nouvel oléoduc, après avoir répété son opposition à la construction d'un tel projet depuis l'automne.


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