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Dans plusieurs communes, des élus se retroussent les manches pour garder un œil sur les seniors vulnérables en période de canicule. Exemple avec un adjoint à Hesloup.
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Par Romaric Larue Publié le 17 août 2026 à 6h12
« Bonjour, j’appelle pour savoir comment vous allez. » Depuis son bureau à la mairie, Guillaume Le Royer, premier adjoint à Hesloup (Orne), près d’Alençon, donne un coup de fil à l’une de ses administrées. Jeudi 13 août 2026, alors que le mercure atteint les 38 °C, lors d’une énième vague de chaleur cet été, l’élu s’enquiert de l’état de santé des habitants du village considérés comme vulnérables.
En cette période à risques, l’équipe municipale redouble d’attention face aux dangers de la canicule sur les personnes âgées. Qui peuvent être malades, en situation de handicap, isolées. « Quand il fait chaud, c’est le moment le plus critique pour nos seniors », reconnaît Guillaume Le Royer. Lui et d’autres élus enchaînent donc appels et visites à domicile pour s’assurer qu’il n’y ait pas de problème.
« Moment critique »
En cet après-midi, l’adjoint multiplie les questions au téléphone. Sur la santé, l’hydratation, la fraîcheur du logement. « Vous avez besoin d’une aide particulière ? », « vous voyez quelqu’un ? » ou encore « il fait quelle température dans votre maison ? », interroge-t-il. Il grimace lorsque son interlocutrice lui révèle que son thermomètre indique 29 °C.
L’appel a duré cinq minutes. « Parfois, ça peut s’étirer jusqu’à 15 à 20 minutes », note-t-il. « Cela nous permet de nouer un dialogue avec les personnes âgées, mais aussi de rompre leur isolement. C’est un moment d’échange. » Mais tous ne répondent pas : « Certains ne décrochent plus leur téléphone fixe à cause du démarchage. »
« C’est notre rôle »
Le degré de vigilance varie selon « l’urgence » de la situation. Des personnes sont jugées plus prioritaires. Et ce n’est pas forcément ceux à la santé la plus défaillante. « Car ces personnes reçoivent déjà des visites régulières de proches ou de professionnels de santé », souligne l’élu. « Mais il y en a qui ne sont pas malades ou handicapés mais restent fragiles, et ne disent rien. » Et de citer l’exemple d’une habitante à la « santé précaire », dont la maison « chauffe beaucoup » et la famille vit loin. « Par exemple, cette personne a besoin qu’on aille la voir. »

Cette mission de proximité prend tout son sens pour celui qui entame son premier mandat d’élu : « Il s’agit d’un acte citoyen. C’est le rôle des élus de s’en occuper. Des jeunes ou actifs partent en vacances mais leurs parents ou grands-parents restent ici. C’est à nous d’y pallier, de garantir un lien social pour qu’ils ne soient pas tout seuls. »
Des conseils pour garder la fraîcheur
Entre deux appels, Guillaume Le Royer monte dans son véhicule et démarre une petite tournée dans le village. Il rend visite à une octogénaire qui, lors de la précédente canicule, montrait des signes de fatigue. Cette fois, elle lui ouvre la porte avec un large sourire. « Son état est rassurant », nous glisse-t-il après coup.
Cette dame s’est barricadée dans le noir : « Ça chauffe. Aujourd’hui, on bat des records », lance-t-elle. Seule une fenêtre est restée ouverte pour, justifie-t-elle, avoir un peu d’air. Son hôte lui conseille de la fermer. « Certaines personnes pensent qu’il faut toujours ventiler mais, quand il fait 40 °C, ce n’est pas terrible. »
L’habitante salue ces visites inopinées. Et lui fait savoir : « C’est agréable, mon fils a apprécié. Peu de mairies font ça. Ici, il n’y en avait pas avant. » « C’est, aussi, la première année qu’il y a autant de canicules », note l’adjoint. Après cette visite de quelques minutes, il en entreprend une deuxième. Mais, cette fois-ci, pas de réponse. Le résident est absent.
Une liste mise à jour, une appli lancée
L’équipe municipale, presque entièrement renouvelée en mars lors des dernières élections, a effectué un important travail d’anticipation. À leur arrivée, le registre communal des personnes vulnérables n’était pas à jour. « Il n’y avait qu’une dizaine de personnes recensées. Proportionnellement, ce n’était pas cohérent par rapport aux communes voisines. On s’est dit qu’il en manquait. »
À juste titre. La liste a été largement enrichie, notamment en piochant dans la liste des invitations au repas des aînés et en sollicitant l’aide du cabinet d’infirmières de la commune. Elle est, aujourd’hui, composée de 73 personnes. « Quelques-unes sont très isolées, ce sont elles qui nous inquiètent le plus. »
Pour l’adjoint, cette vigilance accrue ne doit pas être sans lendemain. « On ne doit pas agir dans l’urgence, qu’en période de canicule. Il faut entretenir cette liste pour nous préparer aux moments critiques, communiquer avec eux les informations nécessaires. »
À ce sujet, la municipalité s’est affiliée il y a quelques jours à Panneau Pocket, application utilisée par de plus en plus de collectivités, pour informer ses habitants. « On a déjà plus de 250 consultations par jour », indique Guillaume Le Royer, alors que le village compte 958 habitants pour 453 foyers.
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