On peut lire Trois Garçons comme un panorama des luttes sociales et politiques en Suisse, depuis la fin de la guerre, avec des retours didactiques sur l’histoire du pays. Ce roman est aussi une autobiographie de l’auteur, diffractée entre trois figures. Max, Fabio et Wolfgang naissent en 1943, à Davos, dit «le Patelin», un an avant Daniel de Roulet. Max est le fils de l’hôtelier. Chez lui, on pratique le français et l’anglais, le dimanche, on va au temple. Le père de Fabio est le concierge de l’hôtel, son suisse-allemand a l’accent italien et la grand-mère va à la messe.
Employé municipal, le père de Wolfgang vote en secret pour le Parti du travail. Les trois garçons vont à l’école publique, ils sont copains et les différences de classe, d’origine et de croyance n’empêchent pas une amitié indéfectible qui perdurera jusqu’à nos jours. Mais ils prennent conscience des privilèges. Ainsi, pendant les vacances, quand l’un va à la mer, dans la propriété des grands-parents, l’autre trait la vache dans une ferme en Italie et le troisième désherbe le jardin à Davos.


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