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Certains automobilistes n'hésitent pas à remplacer une partie du diesel par de l'huile de colza. Est-ce risqué ? Et est-ce légal en France ?
Nicolas Laperruque - Aujourd'hui à 09:18 | mis à jour aujourd'hui à 09:22 - Temps de lecture :
Mettre de l’huile de colza dans le réservoir d’une voiture diesel peut sembler séduisant, surtout lorsque le prix du gazole atteint des sommets.
Après tout, cette huile est également un produit combustible et certains moteurs anciens sont capables de fonctionner avec un mélange d’huile végétale et de gazole. Mais ce n’est pas sans conséquences.
L'huile de Colza, un carburant ?
L’huile de colza n’est pas du gazole. Elle est beaucoup plus visqueuse, surtout à basse température, et sa pulvérisation dans les injecteurs n’obéit pas aux mêmes conditions.
Dans un moteur diesel ancien, équipé d’une injection indirecte et d’une pompe mécanique relativement tolérante, un mélange limité peut parfois être brûlé sans incident immédiat. Cela ne signifie pas pour autant que le moteur est conçu pour cet usage.
Mais avec les voitures plus modernes, dotée d’une injection directe et d’une rampe commune, le système d’injection travaille à très haute pression et exige un carburant répondant à des caractéristiques précises.
De gros risques
L’huile va assurer une moins bonne combustion, et laisser des dépôts dans les injecteurs, la pompe, les pistons, la vanne EGR ou le filtre à particules. Les symptômes apparaissent parfois progressivement : démarrages difficiles, perte de puissance, à-coups, fumée noire et allumage du voyant moteur.
Le risque est particulièrement élevé si l’on verse de l’huile alimentaire pure dans le réservoir, ou si l’on répète l’opération pendant plusieurs milliers de kilomètres. Une panne d’injecteur ou de pompe haute pression peut rapidement coûter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros.
Une économie réalisée à la pompe disparaît alors en une seule réparation. Il n’existe d’ailleurs pas de pourcentage universel de mélange garanti sans danger : tout dépend du moteur, de la pompe, de la température, de l’huile et de la durée d’utilisation.
Une économie très incertaine
Si on prend en compte le remplacement prématuré des injecteurs, le nettoyage du circuit d’admission, un colmatage du filtre à particules ou une vidange imposée par une dilution du lubrifiant, les économies s’envolent. Mais une autre question se pose.
Est-ce légal en France ?
Pour une voiture particulière circulant sur la voie publique, la réponse est non. L’huile de colza alimentaire ne figure pas parmi les carburants routiers autorisés et taxés selon le cadre prévu par le Code des douanes.
Son utilisation constitue une infraction douanière, car elle permet d’échapper aux taxes normalement acquittées sur le gazole. L’automobiliste peut se retrouver avec des amendes.
Les montants annoncés varient selon la situation et la quantité utilisée : une amende forfaitaire de 135 ou 200 euros est parfois évoquée, mais la facture peut devenir bien plus élevée en cas de fraude caractérisée. La saisie du véhicule est également possible dans certains cas.


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