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Manuel Adorni, sans doute le plus proche du président ultralibéral Javier Milei au sein de l’exécutif, a reconnu dans une interview mercredi soir sur la chaîne LN+ qu’il avait pendant des années, avec son épouse, «épargné au noir».
Le chef du cabinet des ministres argentin, sous le coup d'une enquête sur son patrimoine, a admis des omissions au fisc pendant des années, «comme tous les Argentins», mais assuré être désormais en règle, et prêt à payer tout ce qu'il faudra. Manuel Adorni, sans doute le plus proche du président ultralibéral Javier Milei au sein de l'exécutif, a reconnu dans une interview mercredi soir sur la chaîne LN+ qu'il avait pendant des années, avec son épouse, «épargné au noir» jusqu'à un demi-million de dollars.
«On ne l'a pas déclaré parce que, à l'époque, la seule façon d'échapper à +la vieille politique+, c'était d'avoir une épargne au noir. Il ne me serait jamais venu à l'esprit d'épargner “officiellement” à l'époque», a-t-il plaidé. Manuel Adorni faisait référence à la fois à la méfiance chronique des Argentins envers le système bancaire et le peso, après des crises financières et des dévaluations. Mais aussi à leur instinct d'économiser en dollars, valeur refuge conservée «sous le matelas».
«Je vais payer jusqu'au dernier impôt que je dois, jusqu'à la dernière amende, tous les intérêts, tout ce qui découle de cette erreur», a assuré Manuel Adorni. Il a expliqué dans l'interview qu'une grande partie de l'épargne de son ménage provenait d'investissements et gains dans la cryptomonnaie pour environ 500.000 dollars, dans les années 2014-2018, avant son entrée en politique.
«Une mauvaise décision, pas un délit»
Plusieurs groupes parlementaires de l'opposition ont convoqué une session extraordinaire pour le 23 juin, pour débattre d'une éventuelle motion de censure contre Manuel Adorni. L'économiste, ancien chroniqueur et polémiste de 46 ans, a connu une ascension éclair en trois ans en tant que porte-parole présidentiel, puis chef des ministres, un poste hybride entre Premier ministre et directeur de cabinet du président.
Depuis trois mois, il est dans le viseur des médias et de la justice, après des fuites sur ses déplacements et frais, immobiliers notamment, qui ont débouché sur une enquête pour enrichissement illicite présumé. Mais il n'a pas été inquiété ou entendu à ce jour par le magistrat enquêteur.
À plusieurs reprises, y compris au Parlement fin avril, il a assuré être en règle, admettant juste «une mauvaise décision, pas un délit» pour un voyage officiel a New York où il avait emmené son épouse. Mais Manuel Adorni avait assuré qu'il n'y avait «jamais eu la moindre dissimulation» sur son patrimoine. Cette contradiction avec son interview a généré un malaise jusque dans la majorité de droite, la sénatrice Patricia Bullrich, ex-ministre de Milei, regrettant dans La Nacion «davantage qu'une erreur, une omission éthique» de la part de Manuel Adorni. Ce dernier a, depuis le début, reçu le soutien indéfectible de Javier Milei.


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