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L’abandon du projet de constitution doit servir de «leçon», dit l’APNQL

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« Soulagé », le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) salue l’abandon du controversé projet de loi constitutionnelle. Pas de quoi se réjouir, prévient-il toutefois.

L’annonce de l’abandon du projet de loi 1 signe la fin d’une longue saga pour le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul. Depuis le dépôt du projet de loi 1, en octobre dernier, son « retrait complet » trônait au sommet de sa liste de priorités.

« Je suis mitigé par la nouvelle, souffle-t-il, en entrevue au Soleil. D’un côté, je suis soulagé. C’était un recul majeur dans la relation entre les Premières Nations et le gouvernement du Québec. […] C’était aussi un recul diplomatique majeur de construire une constitution en seulement quelques mois. »

Qualifiée de « véritable processus d’assimilation » et de « dérapage démocratique », la pièce législative a notamment soulevé les passions, en commission parlementaire, lorsque les représentants autochtones se sont unanimement opposés au projet de loi du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

Depuis, le controversé projet de constitution n’a cessé de s’attirer les foudres des Premiers peuples, qui critiquaient, encore récemment, la « nature coloniale » du projet de loi.

Acculé au pied du mur, à la veille de la fin des travaux et sans le soutien des différents groupes parlementaires, Simon Jolin-Barrette a finalement été contraint de renoncer à « la loi des lois », jeudi.

« Si ce n’était pas du temps et de la partisanerie en lien avec la fin de la session, ce texte aurait été adopté, parce qu’il n’y a rien dans le texte, absolument rien, qui est problématique, surtout à la suite des consultations », s’est-il désolé, dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

« Déconstruire plutôt que construire »

Bien que soulagé, Francis Verreault-Paul indique ne pas être surpris de l’annonce faite par le ministre. À moins d’une adoption sous bâillon ― écartée par la première ministre, il devenait « mathématiquement » impossible, selon le chef, d’adopter le projet de loi d’ici la fin de la session parlementaire.

C’est donc le manque de temps qui semble avoir motivé la décision du gouvernement caquiste, et non la vague de critiques virulentes à l’égard du projet de loi, souligne le chef de l’APNQL. « Ça démontre encore une fois l’approche contraignante, autoritaire du ministre, note le chef. On déconstruit au lieu de construire. Je trouve qu’on perd du temps. »

Critiqué pour son manque de consultations préalables, le projet de constitution doit maintenant servir de leçon, croit Francis Verreault-Paul, qui tourne son regard vers les prochaines élections.

« On ne veut pas que ça se reproduise. Il faut apprendre de ça […] Peu importe qui prendra le pouvoir. »

Contrairement au projet de loi 97 avant lui, le projet de loi 1 doit donc permettre de « renouveler la façon de faire entre nos gouvernements », espère Francis Verreault-Paul.

« Je pensais qu’on avait appris des leçons avec le projet de loi forestier, mais, au contraire, le ministre de la Justice est revenu encore plus fort avec une approche encore plus autoritaire et contraignante », déplore-t-il. « Il faut arrêter de nous voir comme des obstacles. »

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