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Le Premier ministre a tenu à mettre fin aux rumeurs qui entourent la préparation du prochain budget, notamment sur la suppression des APL pour les étudiants.

BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP
Sébastien Lecornu en juillet 2026.
Une mise au point suffisante pour éteindre les critiques ? Ce jeudi 20 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fermement réfuté les rumeurs qui circulent autour de la préparation du prochain budget. Dernier gros morceau du quinquennat Macron, celui-ci doit être présenté dans les prochaines semaines.
Vu l’emballement de la dette, et l’entêtement du gouvernement à vouloir faire des économies à tout prix, il y a fort à parier que la feuille de route prévoira d’importantes coupes dans de nombreux secteurs. De lourdes économies ont déjà été réclamées à certains ministères, comme celui du Travail, pour 2,8 milliards d’euros, ou ceux de l’Agriculture et de la Santé, pour 100 millions d’euros.
Mais, pour le Premier ministre, qu’il s’agisse de la « suppression des APL pour les étudiants », du « gel du RSA ou du minimum vieillesse », de la « remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne » ou d’une éventuelle « hausse de l’impôt sur le revenu », ces pistes n’ont jamais été envisagées. « Tout cela est faux ! », s’emporte-t-il même dans un tweet.
Rappelant que « le budget pour 2027 est encore en préparation », Sébastien Lecornu assure que « les véritables décisions seront annoncées lorsqu’elles auront été prises, en transparence ». Une façon de couper court aux spéculations... qui ne se basent pourtant pas sur rien.
Car nombre de craintes exprimées ces derniers jours s’appuient sur un rapport rendu mi-juillet par des économistes missionnés par l’inspection générale des finances (IGF). Sans action spécifique, estiment-ils, « le déficit augmenterait fortement dès 2027, pour atteindre 5,9 % du PIB ». Ils recommandent ainsi de réaliser 125 milliards d’économies d’ici à 2032. Mais aussi sur des propos de Sébastien Lecornu lui-même qui, dans une interview à Paris Match publiée mi-juillet, affirmait : « Notre niveau de dette et de déficit est préoccupant, grave même ». Préparant les esprits à de nouvelles économies.
Les étudiants inquiets pour leurs APL
Or, dans son tweet, le chef du gouvernement assure : « Critiquer les décisions du gouvernement est légitime. En inventer pour inquiéter les Français ne l’est pas ». En réalité, on ne sait pas précisément à quoi ni à qui il fait référence. Peut-être a-t-il en tête la une de L’Humanité de ce jeudi, qui l’accuse de vouloir passer la France à « l’essoreuse sociale », affirmant que le Premier ministre compte s’en prendre « aux fonctionnaires et aux chômeurs », « avec, à la clé, une nouvelle dégradation des services publics et des coupes dans les aides aux ménages ».
Sans doute pense-t-il aussi aux déclarations tonitruantes de certains membres de l’opposition, comme le député LFI Hadrien Clouet, qui a reproché au gouvernement, mercredi sur BFMTV, de vouloir « absolument faire la poche des retraités ». Ou à Marine Le Pen, qui a accablé mercredi dans un tweet « le bilan de dix ans de macronisme et d’une politique économique » que, dit-elle, elle n’a eu « de cesse de combattre ».
Enfin, Sébastien Lecornu ne pouvait pas ne pas penser aux syndicats étudiants, qui se sont notamment inquiétés d’une des idées évoquées dans le rapport rendu mi-juillet par des économistes pour l’Inspection générale des finances : le nouveau mode de calcul dans le versement des APL. Si cette piste était retenue, le revenu des parents serait pris en compte dans le calcul des APL, privant ainsi quelque 200 000 étudiants d’accès aux aides au logement.
Sébastien Lecornu ne dit pas si cette proposition sera finalement retenue ou non, mais demande aux Français d’attendre d’avoir mal avant de crier.


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