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A Saint-Malo, Alain-Etienne Marcel veut « terminer le fort du Petit Bé, comme le voulaient Vauban et Louis XIV »

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Alain-Etienne Marcel veille sur le fort du Petit Bé, l'un des lieux emblématiques de Saint-Malo, depuis plus d'un demi-siècle. Il a encore des projets de restauration en tête.

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Alain-Etienne Marcel a encore des projets pour le Petit Bé, notamment la réalisation d'une avancée, une sorte de bastion, à l'entrée du fort.

Alain-Etienne Marcel a encore des projets pour le Petit Bé, notamment la réalisation d’une avancée, une sorte de bastion, à l’entrée du fort. ©(LPM)

Par Nicolas Evanno Publié le 16 août 2026 à 18h04

Le fort du Petit Bé est l’un des trésors du patrimoine de la cité corsaire. Tout comme celui qui veille sur lui depuis plus d’un demi-siècle : Alain-Etienne Marcel.

Celui-ci fait le point avec nous sur la situation d’un des ouvrages que Saint-Malo doit à Vauban.

« L’intérêt de ce fort, c’est qu’il n’a jamais été transformé »

Alain-Etienne Marcel, la restauration du fort du Petit Bé est-elle achevée ?

A-E. Marcel : Sa restauration a débuté il y a 26 ans, et cela presque sans discontinuer depuis. L’intérêt de ce fort, c’est qu’il n’a jamais été transformé. J’ai tout refait à l’identique. J’ai toujours voulu qu’il soit comme à l’époque de sa construction. Mais je ne peux pas dire que c’est terminé. Car le fort n’a jamais été terminé, comme le voulaient Vauban et Louis XIV. Et je souhaite qu’il le soit. L’entrée du fort est accessible par un escalier, qui a été fait pour que le public puisse y accéder en sécurité. Mais ce n’est pas ce qui était prévu à l’origine. Il devait en effet y avoir un bastion à cet endroit, une sorte d’avancée pour protéger l’entrée, dont nous avons retrouvé les plans d’ailleurs. Mon prochain objectif est donc la réalisation de ce bastion.

Ce n’est pas rien comme chantier. Quand cela est-il prévu ?

Le chantier doit débuter l’an prochain et devrait durer plusieurs années.

D’autres changements sont prévus ?

Oui. L’amirauté de Toulon a offert deux canons du XVIIIe siècle pour le Petit Bé. Cela portera à cinq le nombre de canons au fort. Par ailleurs, Louis XIV voulait que ses forts soient impressionnants pour l’ennemi, mais agréables pour les gens qui les regardaient… Je prépare donc une surprise pour aller dans ce sens, mais je ne peux rien dire pour le moment.

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C’est vous-même qui avez entrepris la restauration du Petit Bé. Un chantier titanesque, pour un seul homme…

La plus grande difficulté pour moi, c’était l’acheminement des matériaux, 10 à 12 tonnes chaque année. Heureusement, des amis m’ont aidé à tout monter au fort. Évidemment, certains commencent à fatiguer, donc nous sommes toujours ouverts à toute nouvelle bonne volonté.

Un fort qui se visite… à marée basse

Vous avez aussi à cœur depuis le début d’ouvrir le fort au public. Comment cela fonctionne-t-il ?

Le but est de pouvoir ouvrir quasiment toute l’année. La première obligation, c’est que je sois là pour accueillir les visiteurs. La seconde, c’est qu’il faut un coefficient de marée au moins égal à 70, afin que la mer baisse suffisamment pour permettre l’accès au fort. En gros, cela fait une semaine sur deux en belle saison. En hiver, c’est plus aléatoire, mais il faut de toute manière mieux téléphoner avant. Quant aux visites, jusqu’à maintenant, je m’en occupais moi-même. Mais je reconnais que cela commence à être fatigant de répéter en boucle ce parcours dans le fort. Désormais, nous donnons un document qui permet aux gens de se promener dans le fort, tout en ayant des indications sur ce qu’ils voient. Et à la fin, je reste bien sûr disponible pour discuter, répondre aux questions, leur raconter des anecdotes historiques, sur le fort ou Saint-Malo.

Vous tenez à ce contact avec le public ?

Oui. Je leur rappelle que ce fort est un patrimoine qui a été oublié pendant 136 ans. Je leur fais comprendre que ce patrimoine, c’est leur patrimoine… Et que je ne suis que leur serviteur. L’important, c’est la vie du monument.

Mais cela n’est-il pas trop difficile, tout seul et en n’étant plus tout jeune ?

(Sourire) J’ai préparé la suite. J’ai notamment mes deux filles derrière moi et des amis.

« On peut louer le fort pour des réceptions et y passer la nuit »

Au-delà des visites, peut-on encore louer le fort ?

Bien sûr. Pour des réceptions (mariages, anniversaires…), voire pour y passer la nuit… Pour cela, les gens doivent d’abord me contacter. S’il s’agit d’événement, on discute pour savoir ce qu’ils souhaitent faire exactement. Cela doit rester mesuré, en termes de bruit notamment. Ensuite, les personnes doivent apporter leurs provisions et leur éventuel matériel. Mais je me charge de tout transporter au fort en bateau. Ils peuvent utiliser le mobilier disponible au fort : gazinière, barbecue, les lits dans les casemates, les ustensiles, la vaisselle… Il faut simplement tout remettre en place ensuite.

Cela coûte combien ?

Généralement, entre 80 et 100 euros par personne.

Puisque l’on parle d’argent, la restauration a dû coûter cher ?

Je finance pratiquement tout moi-même. Il y a aussi quelques dons… Une association a d’ailleurs été créée il y a 2-3 ans, Les amis du fort du Petit Bé, pour m’aider financièrement. Elle est gérée par des Malouins.

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