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À quelques jours de la rentrée, les suppléants se font rares dans les écoles du N.-B.

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À quelques jours de la rentrée scolaire, la très grande majorité des postes d'enseignants sont pourvus dans les écoles francophones du Nouveau-Brunswick. Toutefois, une pénurie criante de suppléants, de personnel de soutien en éducation et de chauffeurs d'autobus aura un impact sur les élèves.

Stéphanie Kerry est la nouvelle directrice générale du District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE). Dans son district, toutes les classes auront un enseignant attitré en septembre. Environ 99 % des postes ont été pourvus au DSFNE.

Pour commencer l’année, nous sommes dans une bonne posture. Mais il y a des imprévus qui peuvent survenir durant l’année scolaire. Ça n’empêche pas qu’on pourrait avoir des [retards ou des annulations] de trajets d’autobus, ou des fermetures de classes, explique Mme Kerry.

Stéphanie Kerry est à l'intérieur lors d'une entrevue en visioconférence avec Radio-Canada.

Stéphanie Kerry est la directrice générale du DSFNE, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Durant l’hiver 2026, les parents des élèves fréquentant les écoles du DSFNE ont composé avec une augmentation des retards et annulations de trajets d’autobus scolaires, particulièrement à Petit-Rocher.

Parfois, ça peut être en raison d’un bris de l’autobus ou d'un manque de [chauffeurs] suppléants, indique la directrice générale.

Stéphanie Kerry précise que des postes de chauffeurs d’autobus scolaires remplaçants sont toujours vacants et affichés sur le site Internet.

On travaille toujours fort pour renforcer nos listes de suppléance pour notre personnel de soutien, par exemple pour nos conducteurs d’autobus.

Situation similaire dans le Sud

En date du 1er septembre 2026, il restait six postes d'enseignants permanents à pourvoir dans le District scolaire francophone Sud (DSFS). En revanche, tous les postes de personnel de soutien permanent, incluant les assistants en éducation, sont pourvus.

La situation concernant le personnel est très positive. Nous sommes [persuadés] d'être en mesure de combler ces postes d'ici la rentrée scolaire, déclare par écrit le directeur des relations stratégiques au DSFS, Jean-Luc Thériault.

Les efforts de recrutement vont toutefois devoir se maintenir. Il y a toujours 10 postes de chauffeurs d'autobus scolaires vacants au DSFS. Mais la situation est qualifiée de nettement plus favorable par le district, comparativement à la rentrée de 2025.

Certains de ces besoins peuvent toutefois être couverts temporairement par nos conducteurs et conductrices suppléants. Au 25 août, 30 conductrices et conducteurs suppléants avaient déjà confirmé leur disponibilité pour la nouvelle année scolaire, ajoute M. Thériault.

Un autobus scolaire du DSFS.

Pour ce qui est du personnel enseignant, le recrutement devra également se poursuivre cet automne au DSFS. C'est particulièrement le cas dans les régions de Saint-Jean et Fredericton, puisque le district anticipe l'arrivée de nouveaux élèves dans les prochaines semaines. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Des listes « bien garnies » dans le Nord-Ouest

Le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick indique que le District scolaire francophone Nord-Ouest (DSFNO) a embauché, en date du 1er septembre, tout le personnel enseignant de salle de classe prévu pour l'année scolaire.

Quel que soit le nombre de personnes enseignantes de salle de classe embauchée, toutes les salles de classe au Nouveau-Brunswick seront dotées de personnel au moment où les cours commenceront en septembre, déclare par écrit l'agent de communications au ministère de l'Éducation, Charles Renshaw.

La directrice générale du District scolaire francophone Nord-Ouest (DSFNO) ajoute, en entrevue à l'émission La matinale, que les postes d'assistantes en éducation sont tous pourvus.

Elle note toutefois qu'il manque encore une orthophoniste et deux psychologues scolaires.

Du côté des suppléants, Lise Michaud-Martin affirme que les listes sont bien garnies en ce début d'année. Nos équipes ne sont pas inquiètes pour l'instant.

Des élèves privés d’école, faute de remplaçants

Christianne Robichaud est vice-présidente provinciale de la section locale 2745 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Sa section représente principalement des employés de soutien en éducation dans les écoles néo-brunswickoises.

D’après Mme Robichaud, il n’y a pas suffisamment de postes permanents d’assistants en éducation dans la province.

Elle indique que, lorsque ces assistants sont malades, il est difficile de trouver un remplaçant. Dans ce contexte, elle estime que, parfois, des élèves avec des besoins particuliers doivent rester à la maison.

Quand on a des apprenants qui ont des besoins complexes, un peu plus spécifiques, malheureusement, ça arrive que les élèves doivent retourner à la maison. Il y a un manque de suppléants. Ça ne devrait pas arriver.

Christianne Robichaud dans une salle de réunion.

Le syndicat de Christianne Robichaud représente environ 6500 personnes, qui œuvrent entre autres comme assistants en éducation, adjoints administratifs, intervenants scolaires et préposés de bibliothèque au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher

Selon cette représentante syndicale, en raison d’un manque de bibliothécaires, il peut aussi arriver que des élèves n'aient pas accès à leur bibliothèque scolaire.

Il manque du personnel, donc les bibliothèques scolaires ne sont pas toujours disponibles. Il y a des districts qui ont choisi de couper le personnel dans les bibliothèques. Les livres demeurent sur les étagères, à ramasser de la poussière. Au niveau des secrétariats dans les écoles, même chose. On voudrait plus d’heures pour couvrir la journée complète. Il y a des surcharges de travail, fait valoir Mme Robichaud.

Un enjeu de longue date

Un homme répond au micro.

Eric Godin est le président de l'AEFNB. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Pour Eric Godin, président de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB), le manque de suppléants est un enjeu de longue date, qui affecte directement l’apprentissage des élèves.

Il y a beaucoup de régions qui ont de courtes listes de suppléance. Malheureusement, ce dossier existe depuis longtemps. Lorsque le poste d’un enseignant n’est pas pourvu pour une journée ou pour une durée plus longue, c'est sûr qu'il y a des impacts pour les élèves, dit-il.

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