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Des militants « identifiés » de l’ultradroite lyonnaise se sont greffés à un rassemblement pour les commerçants, puis ont défilé en scandant des slogans nationalistes. Le préfet du Rhône s’est dit « furieux ».

OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Des policiers français patrouillent lors d’un couvre-feu partiel place Bellecour, à Lyon, le 19 octobre 2026.
Des slogans tels que « Français, réveille-toi, tu es ici chez toi », « Islam hors d’Europe » et « La rue, la France, nous appartient », un drapeau français barré de la croix celtique : des militants « identifiés » de l’ultradroite par les autorités ont défilé dans le centre-ville de Lyon ce lundi 19 octobre au soir. Et ce, malgré le couvre-feu imposé par la préfecture.
Tout est parti d’un rassemblement place Bellecour à 20 h, dans l’hyper-centre de Lyon, en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre après les violences et pillages du 17 octobre, qui ont touché 150 commerces dans la ville. Auprès du Progrès, un organisateur expliquait que cela devait être « un rassemblement apolitique et citoyen », se tenant symboliquement face à l’office du tourisme, incendiée le week-end dernier.
Un arrêté préfectoral interdisait pourtant les « manifestations » et les « rassemblements revendicatifs » sur la voie publique entre 18 h et 21 h à Lyon, avant d’être suivi d’un couvre-feu total entre 21 h et 6 h du matin.
Mais le rassemblement initial a été toléré par les autorités « compte tenu du délai », avant d’être dispersé pour l’entrée en vigueur du couvre-feu.
Un cortège d’ultradroite défile en plein couvre-feu
Si quelques slogans hostiles à La France insoumise ou au maire Grégory Doucet s’étaient déjà fait entendre au début du rassemblement, comme le rapporte LyonMag, plusieurs dizaines de militants d’extrême droite se sont greffés au mouvement en scandant : « Français, réveille-toi, tu es ici chez toi » ou « La racaille en prison, libérez la ville de Lyon ».
Le Progrès affirme ensuite qu’à partir de 21 h, entre « 100 et 200 individus » ont alors descendu la rue Victor Hugo, toujours dans le centre-ville, en scandant les slogans récurrents de l’ultradroite tels que « Europe, jeunesse, Révolution », « Islam hors d’Europe », « Rééimigration ». De nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont filmé ce cortège.
Le groupe a été « dispersé » à son arrivée place Carnot, un secteur qui n’était pas inclus dans le périmètre du couvre-feu, mais « où attendait un car de CRS », selon Le Progrès.
Le préfet du Rhône se dit « furieux »
Concernant les « individus d’une certaine mouvance », la préfecture indiquait ce lundi soir à la presse qu’« à notre connaissance, il n’y a pas eu de trouble à l’ordre public ».
Dans un communiqué publié ce mardi vers 11 h, le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a changé de ton, se disant « furieux de cette volonté de récupération ». La préfecture a confirmé qu’au « moment de la dispersion, des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l’ultradroite se sont alors constitués en groupe après s’être mêlés de manière insidieuse au rassemblement ».
« Il n’acceptera aucune expression qui tombe sous le coup de la loi parce qu’elle constituerait un appel à la haine et tout attroupement qui générerait un trouble à l’ordre public », a encore indiqué le préfet du Rhône.
« Je condamne fermement ce rassemblement et les slogans haineux qui y ont été scandés », a déclaré le maire de Lyon, Grégory Doucet, dans des propos rapportés par LyonMag. « Alors que Lyon traverse des moments difficiles, nous avons besoin d’apaisement, pas de nouvelles tensions. [...] Les règles doivent être les mêmes pour tous », a-t-il déclaré.
Lyon est depuis plusieurs années le terrain d’actes violents menés par l’extrême droite locale, comme l’expliquait Le HuffPost après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque dans une rixe avec des militants antifascistes en février dernier.


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