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À l'occasion du Festival Photo de La Gacilly, la photographe Julie Bourges présente un travail consacré aux femmes du Morbihan, nourri par une légende bretonne.
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Par Charlotte LERAT Publié le 24 août 2026 à 5h30
Au Festival Photo de La Gacilly, Julie Bourges invite à regarder le Morbihan autrement. Son exposition, réalisée dans le cadre d’une carte blanche soutenue par le Conseil départemental du Morbihan, s’intéresse aux femmes qui vivent et travaillent sur ce territoire, notamment aux éleveuses et agricultrices. Mais derrière ces portraits se dessine un autre récit, où la mémoire familiale rencontre les contes et les mythologies bretonnes.
Le point de départ du projet est une légende liée à la naissance du golfe du Morbihan. Selon l’un des récits populaires, des fées chassées par les korrigans auraient fui vers la mer en pleurant. Leurs larmes auraient alors formé le golfe, tandis que leurs couronnes, jetées derrière elles, seraient devenues les nombreuses îles qui parsèment aujourd’hui ses eaux.
« La petite mer et la grande terre »
Le titre du projet fait directement référence à cette rencontre entre imaginaire et territoire. Le mot Morbihan est traditionnellement traduit par « petite mer ». Mais, pour la photographe, cette idée de « petite mère » prend une résonance toute personnelle.
Lorsque la proposition de résidence lui est faite, Julie Bourges vient de perdre sa grand-mère. Une femme issue du monde agricole, qui élevait notamment des vaches et dont l’un des surnoms était précisément « petite mère ».
La coïncidence devient alors le cœur du projet. « Je me suis dit finalement peut-être que cette coïncidence n’en était pas tellement une. Peut-être que c’est ma grand-mère qui me poussait ici, d’où elle est », raconte la photographe.
À partir de cette intuition, Julie Bourges part à la rencontre de femmes du territoire. Des éleveuses, des agricultrices, certaines travaillant en coopérative, d’autres seules sur de petites exploitations. Des femmes confrontées aux transformations du monde agricole.
Des femmes bien réelles
Le travail de Julie Bourges ne cherche pourtant pas à reconstituer littéralement les légendes bretonnes. Pas de costumes ni de mise en scène spectaculaire. La photographe préfère partir du réel et laisser apparaître progressivement une dimension fantastique.
« Les personnages sont très contemporains », explique-t-elle. L’imaginaire se glisse davantage dans les cadrages, les associations d’images et la succession des photographies.
La photographe revendique ce mélange entre « l’ancien et le contemporain ». Une façon de faire résonner les récits d’autrefois avec les préoccupations d’aujourd’hui.
Mémoire familiale et territoire
Le projet devient ainsi plus qu’une simple série documentaire sur le monde agricole. Il raconte aussi une transmission : celle d’une femme à une autre, d’une génération à la suivante, mais aussi d’un territoire à ceux qui l’habitent.
La relation aux animaux occupe naturellement une place importante dans les photographies. Elle fait écho à l’histoire personnelle de la photographe, qui a grandi avec cette proximité du monde animal et dont les grands-parents étaient eux-mêmes éleveurs.

Mais Julie Bourges ne cherche pas à idéaliser le monde agricole. Ses images donnent à voir des femmes au travail, leurs gestes, leurs exploitations, leurs paysages et leur quotidien.
Les photographies de Julie Bourges sont exposées au Festival Photo de La Gacilly jusqu’au 4 octobre 2026.
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