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À court d’options, des résidents d’Evergreen Village désertent leurs maisons

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Il y a plus de deux ans, Gale Cameron et son mari ont quitté l’Alberta pour s’installer à Evergreen Village, un parc de maisons mobiles près de Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard, dans l’espoir d’y passer une retraite paisible. Aujourd’hui, la réalité est tout autre, et le couple a dû prendre une décision difficile.

 On a perdu tout espoir, alors on déménage, raconte Gale Cameron.  On a trouvé un logement à louer à Kensington. On ne pense pas que la situation va s’arranger.

Trois mois après avoir acheté leur maison mobile et y avoir emménagé, ils ont reçu de Clifford McQuaid, propriétaire du terrain et des infrastructures d’Evergreen Village, un avis d’expulsion.

Ils font partie des résidents de 57 terrains ciblés par cet avis.

 Les chances de vendre pour déménager sont probablement minimes, voire nulles. Il fallait donc agir, explique Gale Cameron.  Nous ne pouvons pas attendre aussi longtemps pour découvrir qu’il n’y a rien d’autre de disponible. Nous partons donc maintenant.

En déménageant, le couple laisse derrière lui sa maison et un investissement d’environ 180 000 $.

À court d’options, plusieurs autres résidents cherchent à quitter les lieux. Les propriétaires d’une résidence ont déjà déplacé leur maison, et deux autres sont sur le point de le faire. De plus en plus d’habitants désertent le parc.

Terrain vacant à Evergreen Village.

L’une des maisons mobiles du quartier d'Evergreen Village a déjà été déménagée, laissant son terrain vacant.

Photo : Radio-Canada / Raphael Caron

De son côté, Brody Taylor ne blâme pas ses voisins d’abandonner leur logement ou de déménager. Il a déjà tenté de vendre sa propriété, mais son projet est tombé à l’eau lorsqu’il a reçu son avis d’expulsion par la poste. Pour l’instant, il compte rester sur place jusqu’à indication contraire.

 On va se faire expulser de toute façon. La question est de se battre pour savoir combien de temps ça va prendre, dit-il.  Je sens que ce jour approche, ce n’est qu’une question de temps.

Le propriétaire d’Evergreen Village, Clifford McQuaid, n’a pas souhaité commenter la situation.

Plaider sa cause à la Commission

Selon Reasha Walsh, le propriétaire du parc aurait accepté de repousser la date d’expulsion au 24 janvier 2027. Pour les résidents, une course contre la montre s’engage.

 Nous avons rencontré quelques obstacles dans ces négociations et nous sommes maintenant à six mois de la date d’expulsion prévue, dit-elle.  Nous devons donc essayer d’empêcher l’expulsion par tous les moyens légaux possibles.

Pour faire valoir leurs droits, les résidents se sont tournés vers la Commission de réglementation et d’appels de l’Île-du-Prince-Édouard (IRAC). Selon la porte-parole, une audience doit avoir lieu prochainement.

Reasha Walsh devant sa maison.

Reasha Walsh mène un groupe de résidents de Evergreen Village qui cherchent une solution à leurs avis d'expulsion.

Photo : Radio-Canada / Raphael Caron

Dans une déclaration écrite, l’IRAC indique qu’elle ne peut pas commenter de cas particuliers. Elle confirme toutefois que, lorsqu’un locataire conteste un avis d’éviction, l’ordonnance est suspendue en attendant la décision.

 Si l’une des parties conteste la décision, elle peut interjeter appel auprès de l’IRAC pour une nouvelle audience. L’affaire sera alors examinée à nouveau par un panel de commissaires de l’IRAC, indique la déclaration, ajoutant que si l’appel concerne une éviction, celle-ci est suspendue jusqu’à ce que la décision soit rendue.

Outre ces démarches, Reasha Walsh indique que le propriétaire du terrain envisage une autre option.

Clifford [McQuaid] souhaite une augmentation significative des loyers pour nos terrains, dit-elle.

Selon la Loi sur la location résidentielle de l’Île-du-Prince-Édouard, les hausses de loyer autorisées en 2026 sont plafonnées à 2 %.

Or, d’après Reasha Walsh, le propriétaire souhaiterait augmenter le loyer de près de 77 %. Le coût mensuel d’un terrain passerait ainsi d’environ 160 $ à près de 280 $.

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