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Alors que l'Alberta exige aux enseignants de « retirer la politique de la salle de classe », certains acteurs interrogent la façon dont ils pourront aborder le référendum du 19 octobre avec leurs élèves cet automne.
Les modifications à la Loi sur l’éducation proposées par le gouvernement en mars réaffirment que l’enseignant doit être neutre, équilibré et exempt de tout parti pris personnel et politique. Il doit aider l’élève à explorer différents points de vue afin qu’il se forge sa propre opinion.
Avec le projet de loi 25, certains enseignants pourraient se demander s'ils ne devraient pas simplement éviter les sujets controversés. La réponse est non, a indiqué l’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) à ses membres dans un communiqué.
L’enjeu ne réside pas dans le fait que ces discussions aient lieu ou non, mais plutôt dans la manière dont les enseignants les gèrent.
Pour Dimitri Pavlounis, directeur de la recherche chez CIVIX, un organisme d’éducation à la citoyenneté, il est important de souligner que les modifications à la loi n’empêchent pas les enseignants d’aborder des enjeux politiques en classe. Au contraire, le programme scolaire albertain laisse une grande place aux discussions sur la politique, dit-il.
Néanmoins, le chercheur estime que préciser la définition de ce que constitue la neutralité serait dans l'intérêt de tous.
Si le gouvernement dispose d'une définition claire de la neutralité, elle devrait être communiquée très clairement aux enseignants et au grand public. Si elle est laissée au jugement professionnel des enseignants, comme cela a toujours été le cas, ça devrait également être précisé, juge-t-il.
Du côté des conseils scolaires, le Conseil scolaire catholique de Calgary (CCSD) a indiqué par courriel qu’il continuerait de suivre les directives du ministère de l’Éducation et de se confirmer aux exigences tout en continuant à respecter notre identité catholique et à répondre aux besoins de nos élèves, de leurs familles et de notre personnel.
Un risque de censure
Plusieurs des modifications sont entrées en vigueur le 1er septembre, mais des attentes claires n’ont pas été transmises aux écoles.
C’est dans cette imprécision que réside le risque, estime Anaïs Bussières McNicoll, avocate et directrice du programme des libertés fondamentales à l’Association canadienne des libertés civiles.
Cette exigence de neutralité est très vague. Elle pourrait mener des enseignants à freiner, voire limiter leur enseignement sur des enjeux qui sont politiquement sensibles. Le référendum en est un exemple, dit-elle.
Ce flou avait déjà fait l’objet de critiques lorsque les modifications ont été proposées par le gouvernement en mars.
On voit certainement un risque que les enseignants s’autocensurent [...], qu’ils n’abordent pas certains sujets trop chauds, trop impopulaires ou qui suscitent trop de débats. Franchement, ce serait une grande perte pour l'ensemble des élèves albertains.
Des discussions essentielles
[La salle de classe] est peut-être l’un des seuls endroits où [les élèves] sont amenés à côtoyer des personnes ayant des opinions, des points de vue, des valeurs, des croyances et des expériences de vie différentes, explique Dimitri Pavlounis.
Il espère que l'école continuera à pouvoir jouer ce rôle dans la province.
L'histoire nous dira comment ces dispositions vont être mises en application. On espère profondément qu'elles ne vont pas limiter la manière dont les élèves peuvent apprendre à devenir des citoyens et à s'engager, ajoute Anaïs Bussières McNicoll.
Avec les informations d’Arzouma Kompaoré


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