Le 14 juillet 2016, un terroriste fonce en camion dans la foule venue assister au feu d'artifice sur la Promenade des Anglais, à Nice. Cet attentat a fait 86 morts et 458 blessés. Si beaucoup ont eu des blessures physiques, d'autres ont été touchés psychologiquement, notamment de nombreux enfants présents lors du drame.
Un jour de fête qui a basculé dans l'horreur. Le 14 juillet 2016, un attentat frappe la ville de Nice. Un terroriste fonce avec un camion dans la foule regroupée sur la Promenade des Anglais pour assister au feu d'artifice. Cet acte, revendiqué par l'État islamique, a fait 86 morts et 458 blessés.
Invité d'Europe 1 Matin week-end, le Dr Arnaud Fernandez, pédopsychiatre responsable du centre expert du psychotraumatisme pédiatrique de la fondation de l’hôpital Lenval, explique que "l'une des particularités" de cet attentat est le nombre d'enfants présents au moment du drame : "On estime que sur les 30.000 personnes qui étaient présentes ce jour-là, environ 3.000 étaient des enfants".
Près de 80 enfants sont toujours suivis aujourd'hui
Dans les 15 jours qui ont suivi l'attentat de Nice, près de 700 enfants et parents ont été reçus en urgence par ses équipes. Mais deux ans plus tard, ce nombre est passé à plus de 1.000 enfants. Cette augmentation s'explique par plusieurs facteurs.
"Il y a plusieurs explications. La première, une difficulté d'accès aux soins pour certains parents et enfants qui présentaient un certain nombre de signaux qui ont parfois été repérés, parfois non. Et puis, il y a des raisons qui touchent à ce qui se passe dans le monde intérieur. Le trouble de stress post-traumatique peut être retardé. Pour certaines formes, on peut parler de dissociation, d'amnésie".
Si l'immense majorité des troubles de stress post-traumatique se manifeste "dans les trois premiers mois", une "petite fraction peut se manifester plus tard, voire beaucoup plus tard". Le Dr Arnaud Fernandez déclare que "près de 80" enfants sont encore suivis. Et à l'approche des commémorations, le médecin constate une hausse des consultations.
"Les commémorations, les anniversaires, c'est quelque chose qui a plusieurs facettes. Sur le plan collectif, ce travail de mémoire a plusieurs aspects très importants. Par contre, pour certains enfants, ça peut représenter une source de stress. On parle de réactivation traumatique. C'est une réponse individuelle qu'il est difficile d'anticiper", explique-t-il.


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