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Première titulaire d’un ministère de plein exercice dédié aux droits des femmes, la socialiste a notamment œuvré au remboursement de l’IVG.

JOEL SAGET / AFP
Yvette Roudy, ici au centre de la photo, figure féministe et ministre sous Mitterrand, est décédée
Une pionnière. Yvette Roudy, qui fut la première « ministre des Droits de la femme », entre 1981 et 1986, est décédée ce mardi 18 août à Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, à l’âge de 97 ans. Son neveu a confirmé l’information à l’AFP, après de premiers articles de L’Humanité et Ouest France notamment.
Si Françoise Giroud avait été secrétaire d’État à la Condition féminine sous Valéry Giscard d’Estaing à partir de 1974, Yvette Roudy a été la première titulaire d’un véritable « ministère des Droits de la femme », sous François Mitterrand cette fois. Son héritage est donc majeur, comme le soulignent nombreuses élues féministes à l’annonce de sa disparition. Entre autres avancées, Yvette Roudy fit voter le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse en 1982 et laissa son nom à la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle.
« Yvette Roudy n’est plus. Mais il reste tant d’elle. Le remboursement de l’IVG c’est elle, la féminisation des noms de métiers c’est elle, l’égalité professionnelle, c’est elle, la parité c’est encore elle. Socialiste, féministe, universaliste, Yvette Roudy a été une pionnière », écrit ainsi la sénatrice PS Laurence Rossignol, sur les réseaux sociaux, saluant l’action de celle qui a « imposé ses combats » dans un « un univers masculin et misogyne. »
Les messages d’hommage se multiplient à l’égard de celle qui fut également députée européenne (1979-1981), puis députée du Calvados (de 1997 à 2002), et enfin maire de Lisieux dans ce même département entre 1989 et 2001.
Quand elle étrillait Hollande, et se réjouissait de #MeToo
Nombreux sont celles et ceux qui louent un engagement très précurseur, à l’image de l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, qui avait récupéré en 2012 un ministère de plein exercice dédié aux droits des femmes après plus de vingt ans de relégation au second plan. « Toutes mes condoléances à ses proches et à tous ceux qui l’ont aimée. J’en faisais partie et n’ai jamais rien oublié des combats qu’elle a menés et des portes qu’elle a ouvertes pour toutes les autres », écrit-elle, également sur X.
L’ancien président de la République François Hollande rappelle, lui, qu’Yvette Roudy a « fait reconnaître officiellement le 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en France. ». L’ancien chef de l’État socialiste, qui en sait quelque chose, ajoute : « Féministe, socialiste, femme de convictions et de combats, elle n’a jamais cessé de défendre ses idées. »
Ainsi, la ministre de François Mitterrand n’a jamais abandonné son engagement, semblant en phase avec son époque même après les années 2000. En 2012, dix ans après avoir quitté la sphère politique, elle dénonçait le programme de François Hollande en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et assurait en ce sens que « le Parti socialiste est repris par ses vieux démons remontant à Proudhon, qui était misogyne ».
Quelques années plus tard, en 2018, elle se réjouissait de l’avènement du mouvement #MeToo dans les colonnes de L’Obs, « un événement fondamental du XXIe siècle et une étape historique du féminisme, qui me rappelle l’époque du Manifeste des 343 ». « Ce mouvement fait trembler le patriarcat », assurait-elle. Pionnière jusqu’au bout.


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