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À 22 ans, ces jumeaux de Seine-et-Marne signent Parents, si vous saviez, un essai immersif pour révolutionner l’école

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Violence, harcèlement, mal-être, pédagogie : à 22 ans, Maxime et William Ferreira, originaires de Bussy-Saint-Georges, publient un essai immersif qui entend réinventer l’école.

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Maxime (à gauche) et William Ferreira, à Bussy-Saint-Georges, où les deux frères jumeaux ont grandi.

Maxime (à gauche) et William Ferreira, à Bussy-Saint-Georges, où les deux frères jumeaux ont grandi. Leur scolarité dans la commune leur a inspiré l’écriture de leur premier livre. ©Tiago Tridoux

Par Tiago TRIDOUX Publié le 8 sept. 2026 à 6h00

Maxime et William Ferreira ont longtemps formé un duo inséparable. Les deux frères jumeaux, âgés de 22 ans, ont grandi à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), où ils ont effectué la quasi-totalité de leur scolarité ensemble, presque toujours dans la même classe.
C’est cette expérience scolaire vécue côte à côte qu’ils racontent aujourd’hui dans leur premier livre, Parents, si vous saviez, avec le recul de jeunes adultes. Un essai mêlant témoignages, statistiques et propositions, qui entend révolutionner l’école.

Un système défaillant ?

Le 20 août 2026, les deux jeunes hommes ont ainsi publié Parents, si vous saviez, aux éditions Yves Michel. Un ouvrage de 324 pages dans lequel ils racontent leur expérience scolaire, mais surtout leur regard sur un système qu’ils considèrent comme « défaillant » et qu’ils estiment possible de faire évoluer.

Pour comprendre leur démarche, il faut revenir à leur enfance. Leurs deux parents sont formateurs, chacun sur des thématiques différentes. À la maison, Maxime et William ont ainsi grandi avec une certaine familiarité avec la transmission et l’apprentissage. Mais une fois les portes de l’école franchies, leur perception est parfois bien différente.

« Chez nous, on avait le plaisir d’apprendre avec nos deux parents formateurs. On ne comprenait pas cette différence entre le plaisir d’apprendre à la maison et la souffrance à l’école, comme si à l’école le plaisir et l’apprentissage n’étaient pas compatibles. »

Au fil des années, ce décalage va nourrir leur réflexion. Les deux frères évoquent une scolarité empreinte de violence, de jugement et de situations de harcèlement, auxquelles ils ont pu être confrontés directement ou qu’ils ont observées autour d’eux. Des expériences qui ont profondément marqué leur regard sur l’école et sur les relations entre élèves et enseignants. À cela s’ajoutent l’ennui en cours et certaines méthodes pédagogiques qu’ils estiment obsolètes.

Autant de situations qui les amènent progressivement à s’interroger sur ce que vivent réellement les élèves derrière les murs de l’école, mais aussi sur la place qui leur est accordée dans les réflexions autour du système scolaire.

« On ne donne pas la parole aux élèves »

Pourtant, leur objectif initial n’est pas d’écrire un livre sur l’école. Maxime et William veulent avant tout témoigner. Ils cherchent alors le meilleur moyen de transmettre ce qu’ils ont vécu. « La première intention, c’était de partager aux parents notre expérience scolaire. Le format du livre s’est imposé de lui-même. », expliquent-ils.

Et plus ils avancent dans leur démarche, plus un constat s’impose : beaucoup de parents ne savent pas forcément ce que leurs enfants vivent à l’école. « Au fur et à mesure de l’écriture, on s’est rendu compte que peu de parents savaient vraiment ce que vivent les enfants. »

Pour les deux frères, le débat sur l’école fait pourtant intervenir de nombreux acteurs, mais les principaux concernés restent, selon eux, trop peu entendus. « On entend les politiques, les syndicats, les profs, les médias s’exprimer au sujet de l’école, mais au final, les élèves, on ne leur donne pas la parole alors que ce sont les premiers concernés. » Un constat qui a encouragé les deux frères à prendre la plume.

Un livre écrit à quatre mains

Pour donner forme à leurs idées, les Ferreira ont choisi de partir de leurs propres discussions. « Ce qu’on voulait, c’était mettre toutes nos idées sur le papier. On s’est enregistré pour pouvoir ensuite retranscrire nos pensées respectives. » Un travail réalisé entièrement à quatre mains, jusqu’à la moindre phrase.

Chaque phrase était écrite à deux

Reste ensuite à structurer leurs nombreuses idées et à transformer leurs échanges en un ouvrage cohérent. Un exercice loin d’être évident pour les deux jeunes hommes, qui n’avaient jusque-là aucune expérience dans l’écriture d’un livre. «C’était compliqué de structurer. On a appris à écrire en écrivant le livre», confient les Buxangeorgiens d’origine.

Une aventure qui n’était d’ailleurs pas motivée par l’envie de devenir écrivains. « On a écrit ce livre pour la volonté de partager notre vécu plutôt que pour écrire un livre en tant que tel. »

De la primaire au lycée

Le résultat prend la forme d’un essai de 324 pages, construit autour de leur expérience mais également nourri par des études et des analyses.

L’ouvrage suit les différentes étapes du parcours scolaire, de l’école primaire au collège puis au lycée, avec le regard de deux jeunes nés en 2004 et qui ont connu une école bien différente de celle de leurs parents.

Quatre grands chapitres structurent le livre : la relation entre professeurs et élèves, le harcèlement et les violences, le mal-être des jeunes, puis la pédagogie et les programmes. Chacun alterne entre une première partie de témoignages et une seconde de réflexion.

Le ton se veut accessible et immersif. Certains passages prennent même une forme proche du roman afin de permettre au lecteur de se retrouver au plus près des situations racontées.

Leur but : réfléchir à une école qu’ils souhaitent «plus efficace et plus juste».

« Prendre en compte les émotions »

Au cœur de leur réflexion, une idée revient constamment : pour améliorer l’école, il faut commencer par écouter davantage les élèves.

Tout part de l’écoute des élèves

Selon Maxime et William, l’institution a tendance à considérer les jeunes seulement comme des élèves, sans prendre suffisamment en compte l’humain. « L’Éducation nationale considère les élèves comme des élèves et non pas comme des personnes à part entière, sans prendre en compte les émotions et les besoins spécifiques de chacun. », déplorent-ils.

Pour eux, l’école ne devrait donc pas uniquement transmettre des connaissances scolaires. Elle devrait également permettre aux jeunes d’acquérir des compétences utiles dans leur vie quotidienne et future.

Des propositions concrètes

Parmi les nombreuses propositions figure notamment une place plus importante accordée aux compétences psychosociales, parfois appelées «soft skills».

Gestion des émotions, anxiété, communication avec les autres, gestion des conflits ou confiance en soi : autant de compétences que les deux frères aimeraient voir davantage enseignées. « C’est bénéfique pour leur vie personnelle et professionnelle et puis pour leur scolarité. », affirment-ils.

Des compétences selon eux, particulièrement utiles dans le monde professionnel, où les qualités relationnelles sont de plus en plus recherchées.

Les jumeaux proposent également de créer un véritable référent du bien-être des élèves dans les établissements.

À l’image de ce qui existe déjà dans certaines entreprises, l’idée serait de créer un référent clairement identifié, vers lequel les jeunes pourraient se tourner lorsqu’ils rencontrent des difficultés liées au mal-être, aux relations avec les autres ou encore au harcèlement.

Autre piste : mieux former les enseignants à la pédagogie et à la gestion de classe. « On a souvent vu des profs très bons dans leur domaine et un peu moins dans la pédagogie.»

Faire prendre conscience aux parents

Avec Parents, si vous saviez, les deux frères veulent surtout provoquer une prise de conscience chez les adultes et l’Éducation nationale. À travers leurs témoignages, ils espèrent montrer une réalité de l’école parfois méconnue des parents.

Les premiers retours les confortent dans leur démarche. « De nombreux parents sont surpris de ce qu’ils lisent. Ils demandent à leurs propres enfants si c’est vrai et sont choqués de découvrir leur quotidien. »

Pour les jumeaux, une chose est sûre : «On a adoré écrire ce livre.» Aujourd’hui, tous deux en étude de cinéma d’animation, ils n’excluent pas de reprendre un jour la plume.

Parents, si vous saviez est vendu 22 euros et disponible en librairie ainsi que sur les principales plateformes de vente en ligne.

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