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Elise Blouet s'est lancée dans un travail de recherche sur l'eau et le quartier du Val notamment. De quoi tomber sur un bras d'eau qui devrait encore couler, et pourtant...
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Par Vincent Guerrier Publié le 8 sept. 2026 à 5h54
Spécialisée dans la conservation et la restauration d’objets en cuir et en métal, Élise Blouet s’est engagée dans un grand travail historique sur l’histoire des tanneurs à Mortagne-au-Perche (Orne). Propriétaire d’un petit jardin dans le quartier du Val, elle s’est notamment documentée sur l’histoire de ces dizaines de tanneurs installés naturellement près des cours d’eau. « C’est en m’intéressant à ces industries liées à l’eau que je tombe sur plusieurs plans anciens, du 18e siècle par exemple. On voit d’un côté, la « rivière morte », qui ne servait autrefois qu’à évacuer le trop-plein lors des fortes pluies et où coule aujourd’hui la seule eau de la Chippe.

De l’autre, la « rivière vive », dont le courant plus vif actionnait autrefois la roue d’un moulin », relève Élise Blouet.
Oui, mais voilà, ce cours d’eau aujourd’hui ne coule plus. Le moulin, lui non plus, n’existe plus, d’ailleurs. Alors cette amoureuse du quartier s’interroge. Pourquoi le petit bras d’eau, présent sur des cartes plus récentes, et dont les anciens du quartier lui confirment l’existence il y a encore 25 ou 30 ans, a-t-il disparu ?
J’ai beaucoup réfléchi et je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison de fermer les yeux et de se dire que ce cours d’eau, qui est le témoin d’un patrimoine industriel important, disparaisse.
Près de la route du Val, ancienne route de Paris, un garage a été construit, vraisemblablement sur le cours d’eau. Élise Blouet contacte les services de la Préfecture, qui lui confirment que jamais une demande de busage n’a été faite.
Les réponses du PNR
Sans chercher à accuser qui que ce soit, elle constate que l’urbanisation a fini d’achever ce petit cours d’eau qui, selon elle, a augmenté le volume d’eau sur la « rivière morte ». « Le bas du Val connaît régulièrement des inondations en cas de fortes pluies. Je pense que si des cours d’eau ont eu leur place pendant des siècles, c’est qu’on devrait les préserver. »

À force de questionner, elle finit par obtenir une réponse du Parc Naturel Régional du Perche (compétent sur la question de la gestion des milieux aquatiques) et de Paul Goulet, son technicien rivière.
« Aucun bras n’est naturel »
Dans son argumentaire très détaillé, le Parc souligne donc qu’on ne peut pas déduire de ces termes que la « rivière vive » serait le lit naturel originel de la Chippe, qui aurait simplement été abandonné.
Il préfère parler d’un « bras historique du système hydraulique de la Chippe », directement lié aux aménagements du moulin. « Aucun des bras de la Chippe sur ce tronçon n’est très naturel ni bien fonctionnel, ceci au regard des différentes phases d’aménagement des moulins, de l’urbanisation dans le lit majeur de la Chippe ou encore de la topographie », justifie le technicien, qui n’est pas persuadé que la remise en eau permettrait de réguler les inondations dans le bas du quartier.
Le PNR met ses efforts sur des espaces en amont qui permettent aux rivières de s’étaler dans des prairies en cas de crue, afin d’éviter des inondations dans les villes.
Surtout, le moulin du Val ayant disparu, le PNR considère que l’intérêt patrimonial d’une remise en eau est relativement faible. Trop pour engager d’importants travaux.
Autrement dit, malgré les travaux de recherche et les efforts d’Élise Blouet, revoir la Chippe couler dans ce petit bras d’eau ne restera qu’un souvenir pour les plus anciens du quartier du Val.
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