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Dans le sud des Yvelines, à Émancé, Caroline Galiana a fait le choix de reprendre l’exploitation familiale : Les Ormes. Pour ce faire, elle s’est formée à l’agriculture. Rencontre.
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Par Stéphanie Petit Publié le 28 juil. 2026 à 18h16
Depuis janvier 2026, Caroline Galiana a repris la ferme familiale Les Ormes, au hameau de Chaleine, à Émancé, dans le sud des Yvelines. Celle qui travaillait pour un distributeur de quincaillerie en Normandie a changé de vie pour s’occuper d’un bien qui se transmet de génération en génération.
L’histoire a commencé en 1928 quand Bernard et Léone Porcher, ses arrière-grands-parents, se sont installés, en location, en polyculture et élevage. Le tout sans tracteur jusqu’en 1956. Une petite révolution prise en photo et conservée dans l’album de famille.
La ferme achetée en 1965
Il a fallu attendre 1965 pour que l’exploitation devienne un bien familial. Jean et Thérèse Porcher, les grands-parents de Caroline Galiana, ont décidé d’acheter la ferme et l’ont développée avec l’aide de leur fils, Jacque, dès 1979. « La mémoire de la famille », souligne la nouvelle exploitante.
Pommes de terre, acquisition de nouvelles terres, collaboration avec une structure d’insertion à Rambouillet pour la transformation de certains légumes ou encore organisation d’événements : Jacques Porcher a donné un nouvel élan à la ferme familiale.
Aujourd’hui, c’est sa nièce Caroline qui est désormais à la tête des 85 hectares. Elle se concentre sur le maraîchage, les pommes de terre et les grandes cultures. L’élevage n’a plus cours aux Ormes.
D’une famille aux autres
Pour valoriser les produits du maraîchage, Caroline a développé la communication de la vente à la ferme. L’Émancéenne envoie des mails à ses clients pour leur donner des nouvelles de l’exploitation et des produits disponibles, dans l’ancienne étable transformée en hall de vente. Car ceux qui achètent les produits de la ferme, outre le plaisir de les cuisiner après, viennent aussi pour discuter. « Ce sont des temps d’échange », s’enthousiasme Caroline Galiana.
Aux côtés des légumes sont aussi commercialisés les jus de pommes et de poires d’une partie de la famille, installée à Groslay, dans le Val-d’Oise. La ferme Les Ormes est résolument familiale. Caroline peut compter sur son oncle, Jacques, mais aussi sur ses parents Agnès et Gérard. Ce dernier, ancien éducateur sportif, organise même des jeux pour les enfants.

« On prend ce qu’il reste »
Mais cette première saison est loin d’être idéale. La sécheresse n’a pas épargné Les Ormes. « Les animaux ont faim et soif. Ils mangent les cultures. Une fois la faune passée et les aléas climatiques, on prend ce qu’il reste », lâche Caroline Galiana. L’exploitante pointe le manque d’eau au printemps.
« Nous n’avons qu’une culture par an. Nous ne pouvons pas refaire. Nous sommes en déficit d’eau depuis avril. Comment allons-nous finir l’été ? Que mangerons-nous cet hiver ? »
Jacques Porcher, qui a transmis les rênes de l’exploitation, a connu par le passé plusieurs sécheresses : « 1976, 1986, 1999, 2003, 2013, 2016 », énumère-t-il. La météo est l’une des principales inquiétudes pour les cultures. « Mon grand-père tenait un journal de bord. Il y consignait le temps et l’eau », glisse Caroline Galiana.
L’eau est au cœur du problème. « C’est la principale difficulté. Le mois de juin a fait mal », glisse-t-elle. Sans jour de pluie avec du vent et un soleil dont les rayons ont fortement tapé sur les cultures, le mois de juin a donné un avant-goût du mois de juillet 2026.

Un appel aux politiques
Ces problématiques liées à la profession, Caroline Galiana a souhaité les exposer à la ministre Aurore Bergé et à la députée des Yvelines Anne-Sophie Ronceret, de passage le 23 juillet 2026.
« Je voulais vous rencontrer pour exposer nos problématiques notamment avec la sécheresse. Les agriculteurs ont besoin des politiciens, des chercheurs et des scientifiques. »
« Je veux produire à manger »
Le message est clair : le besoin d’accompagnement. Caroline Galiana est animée par un objectif clair. « Je veux produire à manger. Nous importons déjà beaucoup. » Bien manger et prouver que c’est accessible, un leitmotiv dans l’ADN familial. C’est en ce sens que la ferme travaille avec Bon et Rebond, qui sublime les tomates vertes de la ferme avec une touche de bergamote, entre autres.
Mais quel sera l’avenir des exploitations diversifiées ? « Il y a beaucoup de départs en retraite et peu de repreneurs, déplore Caroline Galiana. Les porteurs de projets se font de plus en plus rares. » Prendre la relève, c’est ce qui a motivé l’Yvelinoise alors qu’elle n’était pas du métier. Un projet mûrement réfléchi qu’elle a entamé en 2020 avec l’obtention de son diplôme agricole.
Ferme Les Ormes » : 13, rue de Chaleine, à Émancé. Téléphone : 01 34 85 92 48 (répondeur). Ouvert vendredi de 16 h 30 à 19 h et samedi de 10 h à 12 h 30. Fermée les 14 et 15 août 2026.
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