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L’alcool de son fils a pourri la vie d’un octogénaire du Croisic (Loire-Atlantique). Il aurait voulu lui éviter l’incarcération, mais le tribunal en a décidé autrement.
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Par Rédaction Guérande Publié le 28 juil. 2026 à 18h16
« Il me faut deux choses maintenant : une peine de prison ferme et une rémission de l’alcool », demande un homme de 59 ans lors de sa comparution immédiate au tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), alors qu’il est jugé par visioconférence jeudi 23 juillet 2026.
Sur le banc des victimes, son père de 82 ans ne cesse de répéter :
« Il faut qu’il se soigne ! C’est l’alcool qui devrait être là ! »
Alors qu’il occupe un logement dans l’immeuble de son père depuis plusieurs années, la situation semble s’être dégradée depuis décembre 2026.
La police municipale et les gendarmes sont intervenus à plusieurs reprises, notamment ces deux derniers mois.
Selon l’octogénaire qui se dit dépressif, après le décès de son épouse en 2019 et d’un autre fils en 2022, le quinquagénaire s’alcoolise de plus en plus et dans ces cas-là, le bouscule, le pousse.
« Faites-le soigner ! »
Une femme, ayant assisté à l’une des scènes l’a confirmé, reprenant une réflexion du mis en cause :
« Je vais t’en coller une comme hier… »
Désemparé la plupart du temps, le père a caché « un bâton pour se défendre ».
La présidente précise, que, bénéficiaire du RSA, le fils se serait servi dans le porte-monnaie de son père, qu’il aurait parfois laissé le réfrigérateur vide.
Ce que ne confirment ni l’un ni l’autre.
Le fils dit que son père a des problèmes psychologiques.
Le père se dit « fatigué de cette vie ».
« Je vais vous dire que je reconnais »
Lorsque la juge demande au quinquagénaire s’il reconnaît les faits reprochés, il répond :
« Je vais vous dire que je reconnais… »
Le père, de son côté, n’en démord pas : « Qu’il se fasse soigner sérieusement. Depuis quelque temps, il rentre alcoolisé tous les soirs, le lendemain il me dit mon papa chéri, je t’aime. C’est l’alcool ».
Sa fille à ses côtés, l’homme qui a perdu 15 kg depuis quelques années, pleure et insiste :
« Faites-le guérir, ne le mettez pas en prison, je ne veux pas perdre un deuxième fils »
Si sept mentions s’étaient inscrites au casier judiciaire du prévenu entre 2001 et 2015, il n’y en avait plus depuis dix ans.
« Tragédie familiale »
La procureure fait remarquer « la tristesse de la situation ».
Elle martèle : « A 82 ans, la victime n’a pas le loisir de jouir de sa tranquillité à cause d’un de ses enfants qui vient lui pourrir la vie, par des violences verbales et physiques ».
Car si pour le prévenu, les bousculades et les poussettes ne sont pas des violences, elles le sont pour la justice.
Reprenant la phrase « On va dire que je reconnais », elle met un bémol : « En fait, on ne sait pas trop ».
Considérant « une maltraitance générale », elle sera suivie dans ses réquisitions.
« Une tragédie familiale »
« Une tragédie familiale », dépeint alors l’avocat du prévenu.
Me Fabien Bourdon estime que « cette situation aurait pu être évitée car les faits ont été dénoncés dès décembre ».
Il plaide et obtient la relaxe pour les menaces de mort.
Pour le reste, le tribunal prononce trois ans, dont deux avec sursis probatoire, avec maintien en détention.
Le quinquagénaire devra se soigner pour son addiction à l’alcool.
Il a interdiction de tout contact avec son père et ne pourra paraître au Croisic pendant cinq ans.
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