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Voici pourquoi 39 °C ne sont pas dangereux partout pareil selon les spécialistes de la santé

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Quand fait-il trop chaud pour travailler ou sortir sans danger ? La question paraît simple, mais la réponse l'est beaucoup moins. Pour y répondre, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et le service météorologique des États-Unis ont mis au point un outil de prévision baptisé HeatRisk, conçu pour alerter les citoyens avant que les températures ne deviennent dangereuses. Une initiative américaine qui éclaire un enjeu de santé publique majeur, alors que les canicules se multiplient avec le changement climatique.

Pourquoi le thermomètre ne suffit pas

Température et humidité ne disent pas tout, explique Aaron Bernstein, directeur du Centre national pour la santé environnementale des CDC. D'autres facteurs entrent en jeu : des nuits qui restent chaudes et empêchent le corps de récupérer, des pics de chaleur survenant hors saison, une vague qui s'étire sur plusieurs jours d'affilée, ou encore des températures dépassant celles des 5 % de journées les plus chaudes jamais enregistrées localement.

Une région d'Australie fait partie des lieux les plus chauds au monde. © Queensland.com 

Quels sont les 5 lieux les plus chauds au monde ?

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Le ressenti et l'impact sanitaire ne sont d'ailleurs pas les mêmes partout, souligne-t-il : 38 °C à Boston n'équivalent pas à 38 °C à Houston. En cause, l'habitude et l'équipement : les habitants de Nouvelle-Angleterre sont moins enclins à rester à l'abri aux heures chaudes, et peu de logements y sont climatisés.

HeatRisk intègre ces paramètres et traduit le danger en un code à cinq couleurs, du vert (sans risque) au magenta (risque extrême), avec des prévisions sur sept jours. Un atout de taille quand les avis de fortes chaleurs ne sont actuellement émis que douze heures à l'avance : un événement prévu en plein après-midi dans six jours peut ainsi être déplacé vers un créneau plus frais.

Le système HeatRisk est un outil qui évalue les risques thermiques en temps réel selon la région des États-unis où l'on se trouve. © eclipse_images, iStock

Des milliers de morts chaque année

Moins spectaculaires que les ouragans ou les tornades, les vagues de chaleur n'en sont pas moins le phénomène météorologique le plus meurtrier des États-Unis, tuant deux fois plus que tout autre. Selon des données préliminaires, 2 300 Américains sont décédés d'une cause liée à la chaleur en 2023, un chiffre en hausse constante.

Il serait largement sous-estimé. Pour Jane Gilbert, responsable du comté de Miami-Dade en Floride, ce bilan n'inclut généralement pas les décès survenus lors de journées chaudes par crise cardiaque ou maladie hépatique aggravées par la température, ni les accidents dus à des malaises.

Plusieurs études suggèrent que les effets de la chaleur peuvent persister pendant plusieurs jours, notamment sur le système cardiovasculaire. Les personnes âgées et les malades chroniques figurent parmi les plus vulnérables. © Photographee.eu, Adobe Stock

Canicule : attention, des effets graves peuvent se déclarer plusieurs jours après

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Les spécialistes relient en effet les fortes chaleurs à une hausse des hospitalisations chez les diabétiques, les personnes souffrant de maladies du foie, de troubles mentaux comme l'anxiété, ou de complications de grossesse. La chaleur favorise aussi déshydratation, crampes, nausées et vertiges, jusqu'à l'insolation, qui survient lorsque la température interne atteint 40 °C et peut entraîner perte de conscience, lésions irréversibles, voire la mort.

Un code couleur pour évaluer le danger

Le système HeatRisk cible les populations vulnérables selon le niveau d'alerte. Le jaune signale que la plupart des gens peuvent passer la journée dehors sans risque, à l'exception des personnes sensibles. L'orange marque un danger pour les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes, les malades chroniques et celles prenant des médicaments influant sur la régulation thermique, comme certains diurétiques, antidépresseurs ou antihypertenseurs. Quand l'alerte vire au rouge ou au magenta, tout le monde est potentiellement menacé. Fait notable, plus d'un décès sur cinq lié à la chaleur concerne des personnes dans la force de l'âge, entre 15 et 44 ans.

Les travailleurs en extérieur figurent parmi les plus exposés. Pour Kurt Shickman, ancien directeur d'une initiative sur la chaleur extrême, une approche plus concertée de la sécurité s'impose, et les pauses pour s'hydrater, se reposer et se mettre à l'ombre commencent à s'imposer comme la norme.

Des canicules de plus en plus fréquentes

Avec le changement climatique, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus longues. Les spécialistes lui attribuent l'aggravation de la canicule qui a frappé l'Afrique en avril 2024, faisant 102 morts en quatre jours, ainsi que les températures extrêmes de juillet 2023 à Phoenix, où le mercure a dépassé 37 °C chaque jour du mois. Même hors canicule, les journées chaudes sont dangereuses : une étude relève une surmortalité aux États-Unis dès que la température se situe entre 26 et 32 °C.

La Planète surchauffe et nos corps pourraient en payer le prix fort. Les températures caniculaires risquent fortement d'aggraver la sédentarité mondiale, avec des répercussions dramatiques. © olga_demina, Adobe Stock

On savait la chaleur dangereuse : cette étude révèle un autre risque massif pour les humains

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Face à ces risques, les CDC conseillent, en alerte orange, de bien s'hydrater, d'éviter le soleil aux heures chaudes et de se rafraîchir. En alerte rouge, il est recommandé de ne pas sortir et de reporter les activités extérieures, tandis qu'en magenta, l'annulation de toute sortie est fortement conseillée, de même que le fait de prendre des nouvelles de ses voisins fragiles.

La qualité de l'air, dégradée par la chaleur qui piège polluants et ozone et peut charrier la fumée d'incendies, s'ajoute aux dangers. C'est pourquoi un tableau de bord HeatRisk permet désormais aux Américains de consulter, via leur code postal, les indicateurs de leur zone.

L'objectif, résume Aaron Bernstein, est de garantir en permanence de nouvelles voies pour protéger une population de plus en plus exposée, y compris dans les régions où la chaleur n'avait jamais posé problème.

Ce sujet aborde des risques pour la santé. En cas de malaise lié à la chaleur, il convient de se rafraîchir sans tarder et de contacter un service médical si les symptômes persistent.

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