NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Quelques personnes essuient discrètement leurs larmes. D'autres fredonnent les paroles à voix basse. Réunis à la résidence de la lieutenante-gouverneure du Manitoba, des membres de la communauté 2SLGBTQ+ écoutent la chorale queer Rainbow Harmony Project interpréter des chansons sur l'acceptation de soi et le sentiment d'appartenance.
La cérémonie souligne l'avancement de Place of Pride, un projet de logements et de campus communautaire destiné aux aînés 2SLGBTQ+, présenté comme le premier du genre au Canada. À l'occasion de l'événement, les promoteurs ont annoncé avoir franchi une nouvelle étape de financement. Plus de 5 millions de dollars ont été amassés pour la prochaine phase du projet, dont 2,5 millions provenant du gouvernement du Manitoba.
La peur de retourner dans le placard
Pour plusieurs personnes présentes dans la salle, l'annonce dépasse le cadre d'un simple projet immobilier. Beaucoup de gens en rêvent depuis 30 ans, explique Noreen Mian, la directrice générale du Rainbow Resource Centre.
La première phase du projet est déjà terminée. Trente-trois aînés vivent actuellement dans les logements abordables aménagés sur le site. La prochaine étape prévoit la construction d'un campus communautaire qui accueillera des activités sociales, des services de soutien et des espaces de rassemblement destinés aux aînés 2SLGBTQ+.

Des espaces communautaires permettront aux résidents et aux membres de la communauté de participer à des activités et de tisser des liens.
Photo : Fournie par : Rainbow Resource Center
L'idée est née d'un constat entendu à maintes reprises auprès de la communauté. Nos aînés queers retournaient au placard lorsqu'ils entraient dans des centres de soins de longue durée ou des résidences collectives, affirme Mme Mian.
Selon elle, plusieurs craignent encore les réactions d'autres résidents ou le manque de compréhension face aux réalités 2SLGBTQ+ : Ils ont encore le sentiment que ces endroits ne sont pas sécuritaires pour eux, dit-elle.
Pourtant, rappelle-t-elle, cette génération est souvent celle qui s'est battue pour faire progresser les droits des personnes LGBTQ+ dans les années 1970 et 1980.
Ils ont travaillé fort pour obtenir les droits dont nous bénéficions aujourd'hui.
Briser l'isolement
Au-delà des enjeux liés à la discrimination, l'isolement demeure une préoccupation importante. Selon un rapport du gouvernement du Canada, 53 % des aînés LGBTQ+ affirment ressentir de l'isolement social. Éric Léonard, le directeur général de la Fédération des aînés de la francophonie manitobaine (FAFM), constate lui aussi cette réalité.
Le fait de ne pas pouvoir parler de sa vie tout simplement peut amener beaucoup de stress mental et psychologique, et conduire à un repli sur soi-même, explique-t-il. Pour plusieurs aînés 2SLGBTQ+, le défi est parfois de parler ouvertement de leur parcours, de leur conjoint ou de leur conjointe, sans craindre le jugement.
Pouvoir s'affirmer et en parler sans être pointé du doigt, je pense que c'est le plus grand défi.
Le campus de Place of Pride a justement été pensé pour favoriser les rencontres et le sentiment d'appartenance. Des espaces communautaires permettront aux résidents et aux membres de la communauté de participer à des activités et de tisser des liens.
Nous voulons que les gens s'épanouissent, pas simplement qu'ils survivent, assure Noreen Mian.
Un lieu auquel appartenir
Présente lors de la cérémonie, la lieutenante-gouverneure du Manitoba, Anita Neville, dit avoir été impressionnée par la réflexion derrière le projet. Tout a été extrêmement bien pensé, affirme-t-elle. Pour elle, Place of Pride répond à un besoin réel au sein de la communauté : Je perçois tout à fait l'attrait, la chaleur et la sécurité qu'un tel lieu procure.
Et dans la salle, pendant que la chorale poursuit son interprétation, plusieurs semblent partager cet avis. Après des décennies à se battre pour être reconnus, plusieurs aînés 2SLGBTQ+ pourront bientôt vieillir entourés d'une communauté qui leur ressemble, sans avoir à cacher qui ils sont.
Un lieu auquel appartenir, résume Noreen Mian.


1 day_ago
38



























.jpg)






French (CA)