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L’Association de la construction du Nouveau-Brunswick exhorte les gouvernements provincial et fédéral à mettre en place des politiques pour accroître le nombre de travailleurs dans les métiers spécialisés.
Ajoutée au vieillissement et à la décroissance de la population de la province, la pénurie de travailleurs des métiers explosera, prévient le porte-parole de l’industrie de la construction.
Pour la première fois en 20 ans, la population du Nouveau-Brunswick a diminué pendant neuf mois consécutifs, accentuant la pression sur les entreprises et la main-d'œuvre, en particulier les métiers spécialisés.
La pénurie dans ce secteur vient d’atteindre un niveau record, selon John-Ryan Morrison, directeur général de l’Association de la construction du Nouveau-Brunswick.

Le directeur général de l'Association de la construction du Nouveau-Brunswick, John-Ryan Morrison, exhorte les gouvernements à adopter des politiques pour contrer la pénurie de travailleurs des métiers spécialisés.
Photo : Gracieuseté : John-Ryan Morrison
Cela a aggravé une pénurie de main-d’œuvre que l’industrie subit depuis cinq ans, déclare-t-il.
Le porte-parole affirme qu'il est décourageant de voir ses membres construire plus de logements et d'infrastructures que jamais au Nouveau-Brunswick, tout en essayant de faire face à une crise de la main-d'œuvre.
Tout converge. Nous sommes confrontés simultanément à une crise du logement, à une crise des infrastructures et à une crise de l'emploi.
Selon lui, les grands projets en cours ou prévus pourraient être prolongés en raison des pénuries, notamment celui pour prolonger la durée de vie du barrage de Mactaquac et celui du nouvel hôpital féral pour détenus à Dorchester.
La pénurie de main-d'œuvre fait augmenter le coût, ajoute-t-il.
Un déclin démographique annoncé depuis 15 ans
David Campbell, consultant en développement économique basé dans le Grand Moncton, met les gouvernements provincial et fédéral, depuis 15 ans, en garde contre le déclin démographique du Nouveau-Brunswick.

David Campbell est président de Jupia Consultants Inc., une société de recherche et de conseil en développement économique établie au Nouveau-Brunswick.
Photo : CBC
Le déclin démographique représente le plus grand risque pour cette province, pour la prospérité de sa population, pour la force de son économie, pour l’avenir de notre province , déclare-t-il.
Selon Statistique Canada, la province compte 886 habitants de moins qu'au début de l'année.
David Campbell a publié en mars un document intitulé Help Wanted. Son rapport examine les besoins de la main-d’œuvre du Canada atlantique de 2025 à 2035.
Dans son rapport, il écrit qu’entre 2025 et 2035, on prévoit 135 700 postes vacants au Nouveau-Brunswick d'ici la fin de la décennie.
Selon ce rapport, en 2035, le Nouveau-Brunswick aura besoin de 30 100 emplois dans le secteur de la santé et des services sociaux. Le secteur de la construction arrive au 2e rang avec 16 300 emplois à pourvoir d’ici cette période.
L'étude de David Campbell révèle aussi qu'un nombre record de travailleurs prennent leur retraite chaque année. Elle prévoit que 20 % de la population active du Nouveau-Brunswick a plus de 55 ans et prendra sa retraite d'ici une dizaine d'années, une proportion encore plus élevée en milieu rural.
L'immigration considérée comme essentielle
John-Ryan Morrison de l’Association de la construction du Nouveau-Brunswick soutient que, puisque le Nouveau-Brunswick est en déclin, la seule solution est l’immigration.
David Campbell abonde dans le même sens, en soulignant que le déclin démographique peut être attribué à la politique fédérale, qui a réduit le nombre de résidents temporaires autorisés dans le pays.
Nous devons absolument retrouver un niveau de croissance démographique modéré dans la province… entre 1,5 et 2 % par an. L’immigration jouera un rôle crucial dans l’avenir de notre économie.
En décembre 2025, un rapport démographique indiquait que le nombre de décès dans la province dépassait celui des naissances au cours des 11 années dernières années.

Jean-Claude D'Amours, ministre provincial responsable de l'Immigration, aussi ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Honorine Ngountchoup
Le ministre provincial responsable de l'immigration, Jean-Claude D'Amours, aussi ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, affirme qu'il continuera de plaider en faveur de changements à la politique d'immigration qui soutiennent la croissance de la main-d'œuvre.
Une approche multidimensionnelle préconisée
John-Ryan Morrison ne prévoit pas que le secteur de la construction surmontera la pénurie de travailleurs avant plusieurs années.
Il faut une approche multidimensionnelle, affirme-t-il en évoquant l'immigration et une présence accrue des métiers dans les écoles comme moyens d'attirer davantage de travailleurs.
Même si tous les élèves du secondaire qui obtiendront leur diplôme en 2026 se dirigeaient vers un métier manuel, ce ne serait toujours pas suffisant.
L’Association de la construction du Nouveau-Brunswick se dit d’ailleurs déçue du dernier plan provincial en matière d’éducation sur 12 ans qui ne mentionne les métiers spécialisés qu’une seule fois.

Le ministère de l'Éducation du N.-B. a présenté le mois dernier son plan pour 12 ans (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach
Selon lui, il incombe à la province de s'attaquer à la stratégie de la main-d'œuvre en présentant aux élèves les métiers spécialisés comme option professionnelle dès leur plus jeune âge.
Le porte-parole demande aussi au gouvernement fédéral de mettre en place un programme fédéral d'immigration spécifiquement destiné à ce secteur.
Sinon, dit-il, la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la construction persistera pendant au moins six ans.
L’intérêt pour les métiers spécialisés renaît tranquillement
Dans un courriel, le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick indique que le nombre d’élèves du secondaire inscrits à des cours de métiers spécialisés est passé de 5 200 en 2021 à 13 200 en 2026 dans le secteur anglophone. Dans le secteur francophone, les inscriptions à ces cours sont passées de 4 559 en 2021 à 5 503 en 2026.

Mary Butler, présidente et directrice générale du New Brunswick Community College, constate un intérêt accru des jeunes pour les métiers spécialisés.
Photo : Gracieuseté : New Brunswick Community College
Mary Butler, présidente et directrice générale du New Brunswick Community College, affirme elle aussi qu’on constate un intérêt accru pour les métiers spécialisés, les inscriptions ayant augmenté de 43 % au cours des trois dernières années.
Elle estime qu'il est urgent de former davantage de travailleurs qualifiés pour répondre à la demande du Nouveau-Brunswick.
Avec des informations de Hannah Vogan de CBC


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