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De plus en plus de Français traversent la frontière pour profiter de meilleurs salaires et de conditions de travail plus avantageuses. Plutôt que d’alléger son Code du travail, l’État français préfère réclamer à ses voisins des compensations sonnantes et trébuchantes. Mais avec la fameuse libre-circulation chère à Bruxelles, il n’est évidemment pas question d’obtenir des compensations du Luxembourg comme on en obtient de la Suisse.
Dans Le Casse du siècle, Sarah Knafo, cheville ouvrière de Reconquête !, le parti d’Éric Zemmour, cite en exemple la Suisse, où un code du travail simplifié, plus digeste que notre millefeuille national, contribue au plein emploi alors qu’en France le taux de chômage atteint les 8 %. Aussi « les travailleurs suisses ne se ruent pas sur les emplois français, afin de profiter des droits conférés par nos normes », ajoute-t-elle avec malice. À l’inverse, les travailleurs français se ruent sur les emplois helvètes : chaque jour, 230 000 de nos concitoyens franchissent la frontière pour travailler en Suisse. La Suisse n’est pas ingrate. Pour cette débauche, elle verse des indemnités. Par exemple le canton de Genève rétrocède 3,5 % de la masse brute de l’emploi frontalier aux départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. En 2025, 425 millions d’euros ont été reversés à la France par Genève. Tous nos voisins ne sont pas aussi compréhensifs…
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Selon les données de l’IGSS (Inspection générale de sécurité sociale du Luxembourg) communiquées le 17 septembre, en 2026, 131 300 personnes résidant en France travaillent au Luxembourg, contre 126 600 en 2025. Une débauche pour laquelle le Grand-Duché ne paie aucune contrepartie… Le conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, département frontalier siphonné et sinistré par cet exode journalier, a lancé un SOS au gouvernement français, dans l’espoir d’obtenir du Luxembourg des indemnités compensatoires, sur le modèle franco-suisse. Sauf que… la Suisse n’appartient pas à l’Union européenne, alors que le Luxembourg est membre de l’UE, dont l’un des principes fondateurs est la libre circulation des biens et des personnes ; ainsi on imagine mal comment la France pourrait exiger une compensation « taxant » cette liberté qui permet aux travailleurs de s’expatrier une fois par jour. Mais le vrai remède serait peut-être que l’État français accepte enfin de payer les gens à leur juste mérite et arrête de multiplier les prélèvements qui imputent et amputent les fiches de paie.


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