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La grand-mère incestueuse a fait le vide autour d’elle : personne n’ira lui rendre visite dans sa maison de repos

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Madeleine* est absente. La grand-mère incestueuse, poursuivie devant la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles pour des abus commis sur deux de ses petits-enfants, est entrée en maison de repos. C'est désormais une dame seule, qui a fait le vide autour d'elle. Personne n'ira lui rendre visite. Sa fille aînée, la maman des deux victimes (un garçon et une fille), avait subi les mêmes horreurs au même âge. À l'audience précédente, la sexagénaire était accompagnée de deux amies – son dernier soutien. Elles l'ont lâchée après avoir entendu les débats publics, qui ont révélé une réalité sordide et crue. "Pardon d'avoir été du mauvais côté de la salle", se sont-elles excusées auprès des parties civiles.

Le procureur du Roi avait requis cinq ans de prison, dont trois avec sursis probatoire.

Vulgaire et grossière

Mardi, la parole était à la défense. Une gageure pour Me Pierre Monville. Il joue cartes sur table en entamant sa plaidoirie. "Ma cliente a tout pour se rendre antipathique." Au-delà des faits particulièrement odieux commis sur ses petits-enfants, elle aurait aussi dû rendre des comptes devant la justice pour ceux subis par sa fille, si ces derniers n'avaient pas été prescrits.

Au début de l'enquête, Madeleine avait tout nié en bloc, accusant son ex-mari d'avoir payé ses filles pour déposer plainte, "en décalage complet avec l'analyse du dossier", relève l'avocat. En février 2026, Madeleine, vulgaire et grossière, tenait encore des propos déplacés devant le juge d'instruction et balançait des insanités sur les membres de sa famille.

Me Monville dit avoir "rarement rencontré une situation aussi compliquée" dans son mandat d'avocat. Certes, la santé de sa cliente est préoccupante, mais quelle est la part d'exagération, de théâtralisation ? Les experts qui se sont penchés sur son profil décrivent une personnalité histrionique, qui se caractérise par un besoin excessif d'attention.

Une grand-mère incestueuse risque cinq ans de prison, dont deux ferme, pour ses "actes ignobles"

La prévenue ne maîtrise pas l'écrit

L'avocat avait constaté de réels problèmes de mobilité ; Madeleine était incapable de monter un escalier. "Elle avait l'apparence d'une sorcière avec des ongles démesurés." Mais à l'audience, en septembre, elle affichait un autre visage. Depuis lors, il a eu toutes les peines du monde à la recontacter. Il a juste réussi à l'avoir brièvement au téléphone.

Autre écueil, de taille : sa cliente ne sait pas lire. Comme elle n'a pas accès à l'écrit, communiquer par courrier, courriels ou textos lui est impossible, poursuit-il. Dans ces conditions, il a fallu trouver des solutions alternatives pour consulter le dossier et la confronter à la version des parties civiles.

Comment, sans lire, a-t-elle pu travailler à la Sûreté de l'État, dont elle est retraitée ? Elle y était en fait technicienne de surface… La prévenue est aussi dans l'incapacité de fournir des documents. "Engluée dans des comportements incestueux, elle vit complètement à la marge de la société."

Une interdiction de contacts peut être prononcée

Pour assurer la défense, dans ce contexte, Me Monville a dû se torturer les méninges. "La seule idée qui m'est venue est de lui faire signer un document où elle ne conteste aucun des faits qui lui sont reprochés." L'avocat dépose la pièce, qui porte la signature de Madeleine. "C'est ma boussole, quoi que vous ayez pu entendre", ajoute-t-il. Lors de l'instruction d'audience, les aveux de la prévenue, du bout des lèvres, semblaient peu sincères et partiels. Mais pour Me Monville, la responsabilité de sa cliente est écrasante : pas question de "finasser sur les détails".

Il plaidera davantage sur la peine. Toutes les parties conviennent qu'une prise en charge thérapeutique s'impose. "Si elle écope de deux ans ferme, vu l'état des prisons, comment pourra-t-on matérialiser de façon adéquate ce suivi spécialisé pendant son incarcération ?", interroge l'avocat. Il évoque aussi l'âge et l'état de santé de Madeleine.

La défense demande dès lors que la peine soit assortie d'un sursis probatoire total. Si le tribunal s'oriente vers cette solution, il peut prévoir des conditions, comme l'interdiction de contacts entre la condamnée et ses petits-enfants.

Le jugement sera prononcé le 1er décembre.

*Prénom d'emprunt.

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