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À la dernière édition du Festival d’été de Québec (FEQ), il avait annulé à la dernière minute à cause d’un problème de voix. Ce jeudi, la vedette américaine du new country Nate Smith s’est rachetée auprès de son public québécois en lui offrant une performance résolument énergique… au point de l’être un peu trop.
Les quelques gouttelettes de pluie, le vent froid et le ciel gris n’auront pas été suffisants pour décourager plusieurs milliers de festivaliers à remplir jeudi le Parc de la Francophonie et ses deux scènes.
« Je suis tellement désolée pour l’an dernier. […] Je vous le dis, ce soir, nous serons encore plus fous que nous l’étions l’an dernier », a promis d’entrée de jeu Nate Smith à la foule monstre devant lui.
Et fou, il a été. Dans le bon et le mauvais sens du terme.
Prendre (trop) de plaisir ?
Le Californien de 40 ans, qui a remporté le prix du nouvel artiste masculin de l’année aux Country Music Awards, était particulièrement heureux d’être au FEQ ce jeudi.
Québécophile assumé, il vantait sans cesse les mérites de la foule devant lui, « la meilleure » de toutes, à qui il a pris soin de s’adresser en français à plusieurs reprises.
Son plaisir était évident. Sautant partout, dédicaçant une panoplie de chapeaux de cowboys ou les casquettes, invitant une vingtaine de festivaliers à l’accompagner sur scène le temps de My Own Worst Enemy ; il a sans doute vécu une partie importante de son spectacle avec (dans) la foule, comme en témoigne l’un de ses bains de foule échelonné sur à peu près deux chansons… Un peu trop long, diront ceux qui n’étaient pas à l’avant et voyaient donc à peine ce qui se passait sur l’écran. Côté son, la basse écrasait tout, alors que le micro du chanteur aurait mérité d’être poussé plus fort.
Bon vivant, il a tiré la langue, envoyé valser son pied de micro, fait tirer un chandail et une bague et serré la main de chacun des festivaliers montés sur scène.
Nate Smith a par ailleurs offert au public de Québec un aperçu d’une chanson à paraître, Break Up Like That, repris Boulevard of Broken Dreams de Green Day, et rappelé que There Was a Girl était née ici même, au Québec. Tout un numéro !
En effet collatéral, il y a eu de nombreux moments de pauses inexpliqués. C’était au point où le FEQ a lancé l’indicatif de fin de spectacle, alors que Nate Smith s’en allait pour reprendre (pour une deuxième fois de la soirée) Whiskey on You.
Mais qu’importe, ses admirateurs, qui ont eu l’occasion d’entonner tous en chœur les paroles des plus grands succès de cette vedette de la country américaine, semblaient aux anges. L’authenticité de Smith, sa belle énergie, son rire contagieux et ses paroles simples auxquelles on peut s’identifier (surtout celles où on perçoit des bribes de son ancienne vie comme infirmier) restent intéressants.
Si les admirateurs de Smith ont été ravis par sa prestation (qui les mettait en valeur), les cowboys qui préféraient un son country plus traditionnel ou americana ont peut-être eu l’impression d’avoir été floués. Reste que s’ils étaient arrivés plus tôt, ils auraient pu profiter des magnifiques performances dans ce créneau livrées par la chanteuse country francophone Cindy Bédard, la finaliste de La Voix Allison Daniels, et l’Albertaine Noeline Hoffmann.
Sons of Legion, agréable surprise
La surprise de la soirée aura toutefois été le duo rock’n’soul Sons of Legion. Leur entrée en scène, à l’harmonica, a tout de suite capté l’attention, appuyée par une guitare couchée aux airs de lap steel.
L’énergie ne s’est pas démentie par la suite, elle a donné un ton résolument blues à la prochaine heure.
Que ce soit dans Runnin’, Walking on the Edge ou encore Remember my Name, la voix du chanteur Adam McInnis était toujours très juste, bien dosée et tout en puissance. L’effet global, accompagné d’effets visuels de feu, était très réussi.
« Il y a à peine un an, nous avions moins de 100 abonnés. Vous voir tous ici, c’est incroyable », a confié l’autre tête du duo, Jack Crenshaw, à la foule, manifestement ému par les applaudissements chaleureux qui lui étaient adressés, avant d’étonner le public avec Fire Starter.
Plus la performance allait, plus le public embarquait, comme envoûté par ce nouveau groupe dont il n’avait probablement jamais entendu parler. « Nous croyons que la musique jouée par des humains et faite par des humains est très importante », a lancé Crenshaw, avant d’ajouter que des soirées comme jeudi « démontrent tout le pouvoir de la musique ».
Certes, Sons of Legion est un duo, mais la qualité de l’ensemble des musiciens du groupe était aussi remarquable jeudi soir. Saluons particulièrement le guitariste, coiffé d’une casquette portant le nom de Willie Nelson, qui a multiplié les solos envoûtants sans aucun accroc. Chapeau.
Le country a la cote
Depuis l’ajout de la soirée country aux traditions du FEQ il y a quelques années, elle est souvent un moment fort attendu par plusieurs festivaliers. Cette année, ils ont été particulièrement choyés, car ce genre musical est aussi au menu de la programmation de dimanche, avec l’artiste country-rock Jelly Roll.
Certains prennent leur passe du FEQ uniquement pour la soirée country, jugeant que son prix est rentabilisé en une seule soirée.
C’est le cas d’Anthony Vachon, un vingtenaire venu de la Beauce pour l’occasion. « Le monde de Montréal n’a pas idée à quel point le country c’est gros chez nous, dit-il au Devoir. Je dirais que c’est même rendu plus gros que le rock dans mon cercle d’amis. »
La majorité des gens interrogés jugent aussi que la musique country connaît un fort engouement depuis les dernières années, certains étant de nouveaux adeptes du genre et d’autres étant depuis longtemps conquis.
« Ce que j’aime le plus, c’est l’énergie des gens. Ça danse, ça sourit, c’est sympathique : qu’est-ce que tu veux de plus ? », lance Maryse Thériault, avant de se lancer à nouveau dans une nouvelle danse en ligne, pendant le spectacle de Cindy Bédard. Dès 18 h, les premiers danseurs avaient d’ailleurs naturellement créé un grand carré où ils pouvaient aller devant, derrière, à gauche, à droite, aidés par une foule sympathique à leur cause.
Les deux scènes SiriusXM et Loto-Québec étant côte à côte, les festivaliers avaient à peine le temps de se remettre d’une performance qu’une autre était entamée.
Tout de même, un coin à l’entrée du site aménagé avec des poufs leur permettait de profiter du spectacle depuis un écran tout en reposant leurs jambes : une belle pensée fort appréciée de plusieurs.


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