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Préparer sa mort va désormais au-delà de la gestion de biens qu'une personne n’emportera pas au terme de sa vie. Dans le cadre d’un mémoire de fin d’études, un étudiant de l’Université du Manitoba s'est penché sur ce qu’il advient des traces que les utilisateurs laissent dans le monde virtuel. Qu’il s’agisse de centaines de photos partagées sur les médias sociaux ou de simples codes d’accès à un compte bancaire, le chercheur insiste sur l’importance de la planification et de la succession du patrimoine numérique.
Avec le soutien de sa directrice de mémoire, Simon Wermie, étudiant en deuxième année de maîtrise d’informatique, s’intéresse à la façon dont les Canadiens perçoivent la protection de leur vie privée et de leurs données après leur mort.
Jusqu'ici, 17 personnes ont répondu au sondage (nouvelle fenêtre).
Cette étude s’inscrit parfaitement dans l’ère du temps, selon Simon Wermie. Ce dernier a rassemblé des répondants originaires de partout au Canada, bien que la majorité de l’échantillon ait été prélevée au Manitoba.
Nous pensons que cela tombe à point nommé. Beaucoup de gens passent la moitié de leur vie en ligne, qu’il s’agisse de photos, de fichiers ou même de leur carrière, tout repose désormais sur les technologies numériques, affirme-t-il.
Les premiers résultats du sondage indiquent que la majorité des répondants, soit 60 %, n’avaient pas réalisé l’ampleur de leurs données en ligne. Les chercheurs souhaitent s'inspirer des directives médicales pour créer un système de directive numérique flexible permettant de protéger ces actifs.
Il y a 30 ou 50 ans, lorsqu’on décédait, il fallait simplement s’occuper de sa maison ou de ses biens. Aujourd’hui, un tout nouveau domaine s’est ouvert, celui de la technologie.
Dans l’au-delà numérique

Le sondage a rassemblé des répondants originaires de partout au Canada, dont 75 % du Manitoba.
Photo : Radio-Canada / Océane Kouassi
À une époque où les géants du numérique prennent une place importante au cours d’une vie, réclamer les données personnelles de défunts proches peut s’avérer aussi éprouvant que toute autre tâche administrative post-mortem, affirme Simon Wermie.
Ils ont un contrôle majeur sur ce qu’il advient des données post-mortem. Une grande partie de ces conditions figurent dans les conditions générales que personne ne lit.
Facebook fait partie des plateformes qui proposent diverses options pour conserver la mémoire numérique. Dans les réglages de l’application, il est, entre autres, possible de transformer un compte en compte commémoratif après la soumission d’un formulaire et d’un acte de décès, le supprimer définitivement à la demande d’un proche ou de désigner une personne pour gérer le compte commémoratif.
Les réglementations post-mortem sur d’autres plateformes peuvent, à l'inverse, être abstraites, voire inexistantes. Le rapatriement de données, qui est parfois hors de la portée du mandat des entreprises, constitue donc un travail de taille.
Ces entreprises ne souhaitent parfois pas faire l’effort de consulter leurs archives familiales ou de recourir à un tout autre moyen de vérification. La seule solution consiste à utiliser un contact de secours, explique Simon Wermie.
Afin d’éviter des frustrations éventuelles ou des scénarios malaisants, le chercheur conseille d’établir un testament numérique, et, dans la même lancée, de désigner un héritier avant sa mort.
À titre d’exemple, l’entreprise Apple opte pour la désignation d’un contact légataire pendant la vie de l'utilisateur. Sans cette démarche, les proches sont contraints d’avoir recours à une procédure judiciaire ou administrative auprès du géant pour espérer obtenir l’accès au compte ou sa suppression.
Simon Wermie souligne que l'existence de ces paramètres ne constitue en rien une garantie. Parmi les participants de l’étude, un ancien employé d’Apple a perdu toutes les photos et les souvenirs de son père décédé, la société lui ayant simplement répondu qu’ils peuvent laisser les choses telles quelles.
Préparer l’avenir pour les aînés
Alors que 60 % des répondants n’envisagent aucune planification en termes de gestion de leurs données après leur mort pour le moment, d'autres participants ont indiqué avoir mis en place des initiatives traditionnelles, comme noter leurs identifiants et leurs mots de passe dans un carnet.
Simon Wermie, qui cible particulièrement les aînés, a pour objectif d'entamer une nouvelle étude censée aider de manière rapide et efficace cette communauté.
À l’issue de cette recherche qui sera menée en septembre, le chercheur souhaite mettre au point un système qui facilite la planification.


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