Il y a peu, un imposant projet de mégaferme à poissons a reçu les autorisations nécessaires à son implantation en France. Couvrant 14 hectares, cette installation devrait produire environ 10 000 tonnes de saumons par an, soit 5% de la consommation française. L’exploitation aura la particularité d’être terrestre, via la technologie de système aquacole recirculé (RAS). Pourquoi le projet est-il sujet à controverse ?
Les premiers saumons français arriveront en 2031
Rappelons tout d’abord que le saumon est le poisson préféré des Français, dont la consommation annuelle dépasse les 200 000 tonnes. Cependant, ces poissons sont issus de l’importation à hauteur de 99%, principalement de la Norvège et du Royaume-Uni (Écosse). Par ailleurs, soulignons que la quasi-absence de production de saumon en France s’explique par une combinaison de contraintes géographiques et climatiques (eaux trop chaudes en été), de facteurs environnementaux et de barrières réglementaires strictes (pêche interdite).
C’est dans ce contexte que la première mégaferme à poissons devrait voir le jour dans un futur très proche au Verdon-sur-Mer, à la pointe du Médoc. Ce projet est celui de la filiale locale Saumon du Médoc de la société Pure Salmon, une entreprise aquacole internationale détenue par 8F Asset Management, un fonds d’investissement basé à Singapour. Comme l’explique un communiqué officiel du 3 aout 2026, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine Sophie Brocas a signé l’arrêté préfectoral d’autorisation environnementale du projet. Le début des travaux est prévu en septembre 2027, l’introduction des premiers œufs en 2029 et la commercialisation, dès 2031.
« Cette décision intervient au terme d’une longue instruction, au cours de laquelle le projet a été examiné par l’ensemble des services et organismes compétents, enrichi pour mieux prendre en compte ses impacts environnementaux et soumis à la consultation du public. », peut-on lire dans le document.
Crédit : Pure Salmon
Que disent exactement les opposants ?
Concrètement, l’exploitation couvrira une superficie 14 hectares sur une friche industrialo-portuaire, dans des hangars. Il est question d’un système aquacole recirculé (RAS) dans 24 bassins où l’eau est filtrée et réutilisée en continu. Cette technologie de plus en plus utilisée par les pays producteurs de poissons est présentée comme étant économe en eau et respectueuse du bien-être de l’animal – alimentation conforme aux certifications de durabilité, sans antibiotiques etc. L’objectif de production est de 10 000 tonnes de saumon par an, soit environ 2,5 millions de poissons. Il s’agira de couvrir environ 5% de la consommation française. De plus, le projet devrait créer pas moins de 250 emplois.
Le projet a reçu le soutien du gouvernement, pour des raisons évidentes de souveraineté alimentaire et de réindustrialisation, malgré les réticences de l’ancienne ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. Toutefois, la préfecture de la Gironde a promis un contrôle permanent de la qualité de l’air, de la protection des ressources en eau et des milieux aquatiques, de la préservation de la biodiversité et des espèces protégées ou encore, de la gestion des déchets.
Malgré les promesses de Pure Salmon et le soutien de l’État, la signature de l’arrêt a provoqué la colère des opposants. La coalition d’ONG – Greenpeace, L214, Bloom et Seastemik – et les professionnels de l’estuaire de la Gironde critiquent le projet sous différents angles. Citons principalement le pompage d’environ deux millions de m³ d’eau par an dans les nappes souterraines ou encore, le rejet des eaux usées (boues d’élevage) à proximité de zones Natura 2000, menaçant la pêche locale et l’ostréiculture. Les opposants critiquent également la densité au sein de l’exploitation : 80 et 120 kg de poissons contre 25 kg maximum en pleine mer.


4 week_ago
93



























.jpg)






French (CA)