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Une légère hausse du nombre d’étudiants canadiens dans les universités de l’Atlantique

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Les inscriptions d’étudiants canadiens en première année à temps plein affichent une hausse de 3,4 % cet automne dans les universités du Canada atlantique.

Selon les chiffres préliminaires de l’Association des universités de l’Atlantique, 451 étudiants canadiens supplémentaires ont choisi d'entamer leur parcours universitaire dans la région par rapport à 2025.

Un signe encourageant qui illustre la force d'attractivité des établissements postsecondaires de l'Atlantique, affirme Kenneth Deveau, membre du conseil d'administration de l'Association et recteur de l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.

On a une réputation de marque. Les universités ont de très bonnes cotes, sont reconnues et convoitées par les étudiants, salue-t-il. Il demeure toutefois prudent.

C'est tout à fait anecdotique. Les augmentations sont généralement assez petites. On est encore en train de perdre plus d'étudiants qu'on est en train de recruter.

D'après le responsable, le chiffre total des inscriptions dans les universités de l'Atlantique accuse une baisse de près de 2 %, sous le coup des restrictions imposées depuis janvier 2024 par Ottawa sur les permis d’études pour les étudiants étrangers.

Compétition féroce à l'échelle canadienne

Face au déclin des effectifs internationaux, qui ont chuté de 18 % supplémentaires cette année dans l'Atlantique (3020 étudiants de moins), les universités canadiennes se livrent une concurrence acharnée pour attirer les candidats locaux et des autres provinces.

Debout à l'extérieur en automne, Kenneth Deveau regarde directement la caméra et sourit pour une photo.

Pour Kenneth Deveau, le recrutement des étudiants internationaux est l'une des solutions face au vieillissement de la population active dans les communautés francophones en situation minoritaire. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Toutes les universités sont en train de courir après les mêmes étudiants pour remplacer les chutes du côté international, souligne Kenneth Deveau.

En fermant la voie des étudiants internationaux, c'est un coup de hache qu'on a fait subir aux universités de l'Atlantique.

Il rapporte que des établissements de l'est et de l'ouest canadien recrutent désormais activement dans les écoles secondaires des provinces de l’Atlantique, cherchant à combler leurs effectifs par tous les moyens.

Grand écart entre les universités

Cette dynamique crée des réalités bien différentes d'une université à l'autre. À l'Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, les étudiants canadiens répondent présents.

Les inscriptions nationales à temps plein progressent de 5,7 % au premier cycle (274 étudiants supplémentaires) et de 6 % au deuxième cycle (40 étudiants supplémentaires).

Debout à l'extérieur devant un bâtiment d'une université, un micro pointé en sa direction, un homme en complet bleu parle en levant la main gauche.

Gabriel Cormier explique que 88 % des étudiants nationaux inscrits à l'Université de Moncton sont originaires du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Gabriel Cormier, vice-recteur à l'administration et aux ressources humaines de l’Université, se félicite de ces augmentations.

C'est la 4e année qu'on a une hausse. C'est quand même majeur, c'est la plus grosse année pour le campus de Moncton de l'histoire de l'université.

Ça reflète le gros travail qu'ont fait nos équipes de recrutement ces dernières années. On a mis beaucoup d'effort, aussi, et d'investissement dans la rétention, ajoute-t-il.

Cependant, le recul des effectifs internationaux au premier cycle — 62 étudiants en moins — fait basculer le bilan global des nouveaux inscrits à temps plein à Moncton, qui accuse une baisse totale de 5,8 %.

Gabriel Cormier se veut toutefois rassurant pour la suite, estimant que l'impact des mesures d'immigration semble être stabilisé, ce qui devrait permettre à l’établissement postsecondaire de planifier plus sereinement à long terme.

Un programme pilote francophone

Pour répondre aux défis démographiques des communautés francophones, les universités misent sur le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire, lancé par le gouvernement fédéral.

Ce programme offre aux étudiants internationaux admis une voie d'accès directe et accélérée vers la résidence permanente, dès l'obtention de leur diplôme.

Une entrée d'un édifice entouré de sapins.

Le pavillon Léopold-Taillon sur le campus de Moncton de l'Université de Moncton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

À l'Université de Moncton, Gabriel Cormier salue une mesure très bénéfique, qui permet d'attirer des candidats souvent plus matures. Même constat à l'Université Sainte-Anne, qui accueille cet automne sa première cohorte issue du programme.

Néanmoins, les dirigeants universitaires appellent Ottawa à aller plus loin. Kenneth Deveau insiste sur la nécessité de transformer ce projet pilote — renouvelé à court terme — en un programme permanent ou prolongé sur plusieurs années.

Il est difficile pour nous de développer une stratégie à long terme si on est basé sur un programme qu'on ne sait pas s'il va être maintenu ou pas, dit-il.

Un estrade avec le logo de l'Université Sainte-Anne.

À l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, la hausse des inscriptions se remarque en particulier chez les étudiants canadiens du premier cycle. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Du côté de l'Université Sainte-Anne, le nombre total de nouveaux étudiants à temps plein augmente de 19,4 % (36 étudiants supplémentaires), en comptabilisant la baisse des effectifs étrangers. La hausse est particulièrement marquée chez les étudiants canadiens du premier cycle, avec 106 inscrits en plus.

Selon Kenneth Deveau, cette poussée s'explique principalement par le secteur collégial, notamment grâce aux formations en ligne en éducation à la petite enfance et pour les aides-enseignants. Le volet strictement universitaire enregistre en revanche une légère diminution.

Au niveau des étudiants étrangers de premier cycle, on compte 4 étudiants en plus entre 2025 et 2026. Kenneth Deveau tempère néanmoins cette apparente stabilité.

Il faut noter que nos chiffres de l'année passée étaient nos plus faibles chiffres au niveau international depuis avant la pandémie de COVID-19, dit-il.

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