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Une exposition à la Richmond Art Gallery lie la Colombie-Britannique au Japon

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L’exposition Ongoing/Pacific Crossings, présentée à la Richmond Art Gallery (RAG), met en valeur les œuvres d’une douzaine d’artistes japonais et canadiens. L’exposition, disponible jusqu’au 4 octobre, vise à mettre en lumière l’art contemporain japonais, avec « des formes artistiques plus jeunes, émergentes et novatrices », dit le directeur de la RAG, Shaun Dacey.

Richmond a une longue histoire avec la culture japonaise, dit-il. Il souligne que Steveson est un village où plusieurs pêcheurs japonais se sont installés, au 19e et 20e siècle. Ainsi, de nombreuses générations de Canadiens d’origine japonaise ont vécu ici.

Le directeur de la RAG était très intéressé de créer des expositions avec des artistes de l’Asie, car la communauté locale en comprendrait le contexte, et cette communauté souhaite se reconnaître dans notre galerie d'art.

Shaun Dacey est devant le coin de deux murs, avec des oeuvres d'art accrochées.

Pour Shaun Dacey, « il est important de nouer ces dialogues entre les continents, car nous vivons dans un environnement multiculturel et interculturel, en particulier à Richmond ».

Photo : Radio-Canada / Alphonsine Sefu

Shaun Dacey fait partie d’un groupe de commissaires d'exposition, basés en Colombie-Britannique, qui prennent part à l’initiative Pacific Crossings. Cette dernière vise à développer de nouvelles relations avec des artistes, des commissaires et des organisations artistiques de l’Asie.

Depuis 2019, Pacific Crossings collabore avec l’Art Center Ongoing de Tokyo. La nouvelle exposition de la Richmond Art Gallery est le fruit de ce partenariat de sept ans.

Je crois qu'en Colombie-Britannique, on voit beaucoup d'art traditionnel et de formes traditionnelles de la culture japonaise. C'est donc agréable d'introduire des formes artistiques plus jeunes, émergentes et novatrices.

Au Japon, l’Art Center Ongoingdonne l'occasion aux artistes qui ne sont pas liés aux galeries commerciales de présenter leurs œuvres, dit Zoë Chan, commissaire à la RAG.

Nous souhaitons faire découvrir cet esprit, disons, d'art expérimental émergent de Tokyo, en lien avec la Colombie-Britannique [...] par l'intermédiaire de la Richmond Art Gallery, indique Makiko Hara, commissaire d’Ongoing/Pacific Crossings. L’autre commissaire de l’exposition est Nozumu Ogawa, directeur fondateur d’Art Center Ongoing.

Sur les douze artistes de l’exposition, onze viennent du Japon, et sont affiliés au Art Center Ongoing. L’artiste vancouvéroise Karilynn Ming Ho a, pour sa part, été artiste en résidence dans ce même centre. Elle présente une œuvre inspirée de sa recherche effectuée au Japon, portant sur l’intelligence artificielle et ses effets sur l’humain.

Un tour guidé de l'exposition en langue japonaise (ainsi qu'en langue anglaise) aura lieu le 12 septembre prochain.

Représenter les réalités de la diaspora japonaise

Ongoing/Pacific Crossings cherche notamment à créer un dialogue sur l’expérience de la diaspora japonaise au Canada. L’artiste Yusuke Shibata s’est penché sur les réalités, présentes et passées, de cette communauté. Son œuvre de techniques mixtes parle tout d’abord du traitement de la population japonaise au 20e siècle.

Une grand portail où il est écrit Exposition et Happyland, en anglais. L'entrée du portail démontre ce qui semble être une salle de classe.

L’installation HAPPYLAND, de l'artiste Yusuke Shibata, se trouve au fond de la Richmond Art Gallery.

Photo : Radio-Canada / Alphonsine Sefu

L’installation HAPPYLAND, qui porte l’ancien nom du parc PNE de Vancouver, fait référence à l’un des lieux d’internement de la diaspora japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, la Loi sur les mesures de guerre ordonnait le déplacement des Japonais et des Canadiens d'origine japonaise dans des camps d’internement.

Puis, l’installation mène vers une salle de classe d'une école de langues. J'ai visité de nombreuses écoles de langues et des écoles abandonnées, partage l’artiste. Dans son travail de recherche, M. Shibata s’est aussi entretenu avec des immigrants d’origine japonaise.

Yusuke Shibata est devant son œuvre, qui consiste en la reproduction d'une salle de classe.

Yusuke Shibata est un artiste qui s'intéresse aux aspirations et aux expériences des immigrants japonais au Canada, notamment à Richmond et à Vancouver, dans son œuvre Happyland.

Photo : Radio-Canada / Alphonsine Sefu

Pour les Japonais, Vancouver est un endroit très, très réputé pour apprendre l'anglais, et pour trouver un emploi, explique-t-il. Mais ensuite, ils se heurtent à la réalité : ce n’est pas facile, rapporte-t-il. Ça peut même être très difficile d’arriver à réaliser ses rêves.

À travers ses entrevues, il a constaté que plusieurs Japonais sont exposés à des publicités trompeuses sur les possibilités qu’ils peuvent avoir en Colombie-Britannique, ou même à des arnaques. Avec son œuvre, Yusuke Shibata dit vouloir montrer comment certains membres de la diaspora japonaise se trouvent entre leur rêve et la réalité, une fois arrivés au Canada.

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