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Les travailleurs de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île, à Lamèque, ont tenu une première grande réunion depuis que leur entreprise s'est mise à l'abri de ses créanciers. L'usine de transformation de fruits de mer croule sous les dettes et les employés sont inquiets pour leur avenir.
Ils étaient environ une centaine, réunis dans le sous-sol de l'église de Lamèque.

Plusieurs travailleurs de l'Association coopérative des pêcheurs de l'île avaient le visage long.
Photo : Radio-Canada / René Landry
Ils se demandent s'ils vont avoir de l'aide du gouvernement, si l'usine va rouvrir le printemps prochain ou comment ils vont passer l'hiver avec seulement leurs prestations d'assurance-emploi.
Plusieurs personnes ont éclaté en sanglots. Certaines se tenaient la tête avec leurs deux mains, visiblement secouées par les émotions qui montaient en elles.

Comme d'autres, Suzanne Noël a éclaté en sanglots. Elle se demande comment elle et son conjoint, qui travaillaient tous les deux à l'usine de Lamèque, vont faire pour survivre l'hiver prochain.
Photo : Radio-Canada / René Landry
Georges Paulin a le cœur brisé de voir ses collègues, dont sa conjointe, si tristes.
Ça fait drôle de voir le monde brailler, exprime-t-il. La vie coûte cher. Ça fait mal pareil. La vie coûte cher. Ça fait de la peine de voir ça.
Marie-Josée Lanteigne est ressortie de cette réunion la mine basse.

Marie-Josée Lanteigne, de Petite-Lamèque, trouve injuste de ne plus avoir de travail après tant d'heures et d'efforts consacrés à cette usine.
Photo : Radio-Canada / René Landry
On a beaucoup travaillé beaucoup et on travaille fort en titi dans cette shop-là, souligne-t-elle. Et de voir que, du jour au lendemain, on se ramasse avec plus rien.
Il y a beaucoup de monde qui va brailler plus que ça.
Aline Chiasson-Hébert ne s'attend pas à ce que les choses s'améliorent.
Ça commence juste, pense-t-elle. Ils devraient prolonger notre chômage ou nous donner des projets.

Aline Chiasson-Hébert ne s'attend pas à ce que la situation des travailleurs d'usine s'améliore, bien au contraire.
Photo : Radio-Canada / René Landry
Pour sa part, Ida Lanteigne aurait aimé voir plusieurs pêcheurs et commerçants assister à la réunion des travailleurs en signe de solidarité.
Il aurait fallu que tout le monde soit ici, répète-t-elle. Il aurait quasiment fallu que l'île se vide pour être ici parce que cette situation va affecter tout le monde.
L'entreprise a des dettes de 25 millions de dollars et les effets de ces déboires financiers se font déjà sentir, selon Madeleine Haché.

Madeleine Haché et Ida Lanteigne, tentent de sourire un peu, malgré toute la gravité de la situation. Leur peine est profonde.
Photo : Radio-Canada / René Landry
Il y a beaucoup de monde qui n'a pas gagné leur chômage et souvent c'est l'homme et la femme qui travaillent dans la même usine, fait-elle remarquer. Parce que l'usine est fermée, il y a du monde qui est déjà en dépression.
Le temps des secours et de l'amitié
La directrice de la banque alimentaire Secours Amitié, Monique Duclos, a assisté à la rencontre. Au sortir de la réunion, elle avait peine à contenir ses émotions. D'autant plus que son conjoint est un employé de cette usine en difficulté.

La directrice de la banque alimentaire Secours amitié, Monique Duclos, s'attend à devoir venir en aide à plusieurs travailleurs de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île.
Photo : Radio-Canada / René Landry
Ce qui me touche, c'est qu'on a une banque alimentaire... excusez-moi, je suis vraiment émue... commence-t-elle par dire. Je suis certaine que les gens de la communauté vont avoir besoin de la banque alimentaire, ça fait qu'on est prêts pour aider ces gens-là.
Le ministre des Pêches se dit prêt à écouter
Le mutisme des ministres du gouvernement provincial sur les moments difficiles que vivent les nombreux travailleurs de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île, à Lamèque, a été relevé par des maires et des résidents d'Île-de-Lamèque, mercredi matin.
Au cours de la même journée, le ministre provincial de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches, Pat Finnigan, a finalement accepté de répondre à quelques questions sur le sujet.

Le ministre de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, Pat Finnigan, assure qu'il est « prêt à écouter » au sujet de la situation précaire des employés de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île.
Photo : Radio-Canada / Chad Ingraham
On va être là pour écouter et lorsqu'il y aura des choses qu'on peut aider, c'est certain qu'on sera là pour aider, sinon à la survie, au moins pour trouver des emplois pour les employés, affirme-t-il.
Il souligne qu'il a discuté avec des dirigeants de l'entreprise, mais admet qu'il ne l'a pas fait avec des employés ou leurs représentants.


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