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Une étude révèle comment les chats classent les humains : la catégorie où vous tombez n’a rien de flatteur

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Votre chat ne vous voit pas comme son maître. Ni comme son ami au sens humain du terme. Selon l’anthrozoologiste britannique John Bradshaw, spécialiste de l’éthologie féline à l’Université de Bristol, les chats nous perçoivent comme d’autres chats — plus grands, maladroits, mais appartenant au même groupe social qu’eux. C’est le résumé d’une conclusion qui dérange : après 10 000 ans de cohabitation, vous n’avez probablement pas le statut que vous croyez dans l’esprit de votre félin.

À retenir

  • Les chats vous appliquent exactement le même langage corporel qu’ils utilisent entre eux
  • Votre chat comprend probablement vos paroles, mais choisit délibérément de ne pas obéir
  • Vous êtes classé dans une catégorie très précise : un substitut maternel de grande taille

Sommaire

  1. Des chercheurs ont exploré le monde cognitif du chat
  2. Vous n’êtes pas leur maître, vous êtes un congénère de grande taille
  3. La catégorie où vous tombez n’est pas flatteuse
  4. Ce que la science révèle sur leur capacité à vous connaître

Des chercheurs ont exploré le monde cognitif du chat

Après des années où les scientifiques avaient largement ignoré l’intelligence sociale des chats, des laboratoires d’étude sur la cognition féline ont émergé aux quatre coins du globe, et un nombre croissant d’études montre que les chats égalent les chiens dans de nombreux tests de compétences sociales. Le contraste avec les chiens est saisissant. La science s’est longtemps focalisée sur les chiens, capables de mémoriser en moyenne 89 mots. Les chats ont été longtemps sous-estimés en cognition, simplement parce qu’ils ne manifestent pas leur compréhension de manière servile comme les canidés.

Résultat : pendant des décennies, on a cru que l’indifférence féline était de l’incompréhension. C’était une erreur de lecture. Cette nuance explique pourquoi un chat peut sembler ignorer son propriétaire. Selon Saho Takagi, chercheur à l’Université Azabu au Japon, l’animal pourrait comprendre une grande partie du discours humain sans pour autant choisir d’y répondre. Le chat traite l’information, la classe, mais décide souverainement de ne pas manifester son obéissance ou sa réaction. votre chat comprend. Il choisit de ne pas obéir. La nuance est de taille.

Vous n’êtes pas leur maître, vous êtes un congénère de grande taille

L’expert en comportement félin John Bradshaw a souvent évoqué ses recherches sur ce que les chats pensent des humains. Les chats montrent exactement le même langage corporel et les mêmes comportements envers nous qu’envers d’autres chats. En revanche, les chiens interagissent de façon totalement différente avec les humains et avec leurs congénères. Voilà la distinction fondamentale. Le chien a intégré l’humain dans une catégorie spéciale. Le chat, lui, n’a pas pris cette peine.

Bradshaw argumente qu’à en juger par certains comportements, les chats voient leurs humains comme des congénères félins. Il souligne trois types d’interactions en particulier : le frottement queue levée, le toilettage, et le fait de se reposer en contact avec nous. Ces gestes ne sont pas des marques d’affection « au sens humain », ce sont des protocoles sociaux félins appliqués à une espèce différente. Quand votre chat frotte sa tête contre votre jambe, il procède exactement comme s’il rencontrait un autre chat dans sa colonie.

La manière dont les liens affiliatifs s’expriment entre chats adultes ressemble de façon frappante aux comportements échangés entre chats mères et leurs chatons. Le toilettage mutuel, initialement effectué par les mères sur leurs petits pour des raisons d’hygiène, commence à être réciproqué par le chaton à mesure qu’il grandit ; la queue levée suivie d’un frottement de la tête fait partie du comportement de salutation ou de sollicitation de nourriture que les chatons exécutent envers leur mère. Ces mêmes gestes, transposés vers l’humain adulte, dessinent le portrait d’une relation déconcertante : vous seriez, selon le contexte, un pair ou une figure parentale. Rarement un « maître ».

La catégorie où vous tombez n’est pas flatteuse

D’un point de vue éthologique, le gardien humain d’un chat fonctionne comme un substitut maternel. Les chats adultes vivent dans une sorte d’enfance prolongée, une forme de néoténie comportementale. Voilà le tableau : vous n’êtes pas son égal social. Vous n’êtes pas son chef. Vous êtes, avec une certaine précision biologique, une sorte de grande mère de substitution, un rôle nourricier et protecteur, mais pas un rôle de prestige.

La domestication a transformé d’autres aspects du comportement félin. Nos chats modernes tolèrent mieux notre présence, sont plus sociables et gardent leurs comportements de chatons même adultes, ce qu’on appelle la néoténie. On parle de néoténie lorsqu’un animal conserve ses traits physiques ou comportementaux juvéniles à l’âge adulte. Il est probable que ces caractéristiques permettent aux chats de socialiser avec les humains et les autres félins ou animaux de la maison. En clair, le chat domestique a résolu le problème de la cohabitation avec l’humain en restant éternellement chaton sur le plan affectif. C’est une solution élégante, et légèrement désarmante pour l’ego humain.

L’éthologue John Bradshaw rappelle que le chat ne considère pas l’humain comme un chef de meute à la façon d’un chien, mais plutôt comme un partenaire social. Ici, pas de hiérarchie stricte : la relation est choisie, nuancée, contextuelle. L’attachement chat-humain ne calque donc en rien le modèle canin, il s’exprime à travers des codes propres au félin. C’est peut-être l’aspect le plus contre-intuitif : le chat qui vous ignore depuis le fond du canapé ne vous méprise pas. Il vous classe dans la catégorie « congénère de confiance », et à ce titre, n’éprouve pas le besoin de vous surveiller en permanence.

Ce que la science révèle sur leur capacité à vous connaître

Les chats ne font pas que tolérer votre présence, ils vous analysent activement. Tous les félins testés ont passé plus de temps à renifler les échantillons d’odeurs inconnues plutôt que ceux de leurs propriétaires. Cette réaction montre que les chats intègrent rapidement l’odeur familière de leurs humains, la considérant comme « habituelle ». En revanche, face à une nouvelle odeur, ils prennent le temps d’inspecter minutieusement afin d’en recueillir davantage d’informations. Vous êtes identifié, reconnu, mémorisé. Pas ignoré.

Les chats peuvent suivre les indications du regard humain et discriminer les expressions émotionnelles humaines. Ils reconnaissent en outre leurs propriétaires à la voix, ainsi qu’à la combinaison voix-visage, et forment des liens proches de l’attachement. Cette capacité de reconnaissance croisée, olfactive, auditive, visuelle, indique une représentation mentale de vous bien plus précise que ce que la réputation d’indifférence féline laisse supposer.

L’aspect le plus troublant vient d’une étude japonaise récente publiée dans Scientific Reports. Les chats adultes sont capables de former des associations entre des images et des mots environ quatre fois plus vite que des bébés humains. Cette recherche bouscule un postulat confortable : la capacité à connecter les mots au monde concret ne serait pas l’apanage des primates. Le chat rejoint désormais un groupe restreint d’animaux capables d’associer des sons à des symboles, aux côtés des grands singes et des perroquets gris d’Afrique. Ce qui signifie concrètement que votre chat mémorise probablement un grand nombre de vos mots habituels, et choisit simplement de ne pas y donner suite.

La catégorie où vous tombez dans la classification féline, c’est donc celle-ci : un grand congénère familier, nourricier, prévisible, dont l’odeur est connue et la voix reconnue, mais dont l’autorité n’est pas automatiquement admise. Pas flatteuse, certes. Mais d’une certaine façon, plus honnête que la relation de soumission totale qu’entretient un chien avec son humain. Un nombre surprenant de propriétaires signale des problèmes comportementaux modérés à sévères chez leur chat lorsqu’il est séparé de son propriétaire. Finies, les théories selon lesquelles les chats ne s’intéressent pas vraiment à leurs propriétaires et ne sont là que pour la nourriture, ces chats semblent souffrir de l’absence de leurs compagnons humains. Ce n’est pas de l’indifférence. C’est une forme d’attachement à l’architecture féline : discret, conditionnel, et tout à fait réel.

Sources : lecoindeschats.fr | top-animaux.info

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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