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Les scientifiques de la mission Mars 2020 analysent actuellement des données qui pourraient marquer un tournant dans l'exploration spatiale. Le robot rover Perseverance a identifié une roche présentant des caractéristiques chimiques et physiques très intrigantes, désormais officiellement classée comme une biosignature potentielle, dans des travaux disponibles sur la revue Nature.
Au cours d'une de ses expéditions sur le sol martien, Perseverance a en effet examiné une région située sur le bord ouest du cratère Jezero. Alors qu'il parcourait la région "bord ouest" de la roche, le robot est accidentellement tombée face à des minerais de couleurs bleus, verts, noirs et blancs, relate Le Washington Post. Cette découverte a rapidement attiré l'attention de l'équipe de chercheurs de la NASA : une roche d'environ 1 mètre sur 0,6 mètre, baptisée "Cheyava Falls". Contrairement aux sédiments environnants, cette roche présente un aspect visuel complexe mêlant des veines blanches de sulfate de calcium et des bandes rougeâtres riches en hématite, un oxyde de fer.
L'intérêt des chercheurs se porte surtout sur de petites taches claires entourées de halos noirs, surnommées taches de léopard par les équipes de la NASA. L'analyse chimique a révélé que ces halos contiennent du fer et du phosphate. Sur Terre, ce type de réaction chimique dans les roches sédimentaires est fréquemment lié à l'activité de micro-organismes qui utilisent ces processus comme source d'énergie. Si cette roche s'est formée de la même manière que sur notre planète, ces motifs pourraient être la trace fossilisée d'une vie microbienne datant de plusieurs milliards d'années, à l'époque où l'eau liquide était présente sur Mars.
"Ces roches pourraient bien être le signe de vie le plus clair jamais découvert sur Mars, ce qui est extrêmement enthousiasmant ", a déclaré Sean P. Duffy, administrateur par intérim de la NASA, lors d'une conférence de presse l'automne dernier.
© 123rf
"L'échantillon contient ce que nous pensons être une biosignature potentielle", c'est-à-dire une origine biologique de la vie. Ce n'est pas la première fois que les chercheurs collectent et analysent des morceaux sur Mars. Pour autant, jusqu'ici, ces dernières n'avaient pas permis d'établir des hypothèses de signes de vies. Ces roches, porteuses d'espoir, se composent de sédiments finement compactés et recouvertes de taches ressemblant à des graines de pavot et à des taches de léopard, explique la cité de l'espace de Toulouse.
La NASA précise quand même que cette découverte, fruit d'un travail conséquent de la part des scientifiques n'est pas "une réelle preuve de vie" : c'est une biosignature. "Je tiens à rappeler à tout le monde que ce que nous décrivons ici est une biosignature potentielle" a tempéré Lindsay Hayes, la scientifique principale pour l'exploration de Mars à la NASA. "C'est un élément, une molécule, une substance ou une caractéristique qui pourrait avoir une origine biologique mais qui nécessite davantage de données ou une étude plus approfondie avant de parvenir à une conclusion sur la présence ou l'absence de vie".
Pour lever le doute, l'échantillon devra impérativement être analysé dans des laboratoires terrestres dotés d'instruments bien plus puissants que ceux embarqués sur le rover. Cette étape cruciale dépend du programme Mars Sample Return, qui prévoit de rapporter les tubes scellés par Perseverance au début de la prochaine décennie.


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