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« Ils auraient pu s’en prendre à ma tante, ça aurait pu être des enfants! » lance un résident de Pessamit, Ha’dishrayen Gros-Louis, au volant de sa camionnette. L’invasion à domicile survenue dimanche dans la communauté innue ravive des craintes au sein de la population de la Manicouagan, où les crimes violents se sont multipliés ces derniers mois.
Je me sens moins en sécurité qu’avant, reconnaît une femme rencontrée dans le stationnement d’une épicerie à Baie-Comeau. Même si les forces de l’ordre et les élus de la région se veulent rassurants, la liste d'événements criminels s’allonge dans la Manicouagan.
Un meurtre en janvier, un autre en juillet. Des coups de feu en juin. Une maison attaquée en août. Une compilation des événements violents médiatisés montre une séquence qui s’est accélérée au cours des derniers mois.
À Pessamit, la crainte que les criminels commettent une erreur sur la personne est palpable. Ils se seraient déjà trompés de domicile, rappelle une dame interrogée dans la communauté. Et si ça arrivait encore?
Ce n'est pas beau à voir! renchérit Ha’dishrayen Gros-Louis. Ce sont des kukum, des grand-mères, laisse-t-il tomber, en référence aux victimes des événements de cette fin de semaine, des femmes de 40 à 60 ans.
D’ailleurs, Femmes autochtones du Québec a réagi mardi avec une profonde inquiétude au drame. L’organisme interpelle les différents partis politiques de la province à faire de la prévention de la violence envers les femmes autochtones une priorité dans la campagne électorale à venir.
Les autorités se veulent rassurantes
Je sais que Ian Lafrenière a fait beaucoup de travail dans les communautés autochtones, fait remarquer Ha’dishrayen Gros-Louis, j’espère que ça va porter fruit.
La Sûreté du Québec, elle, assure que c’est déjà le cas. On est présents. On prend ça très au sérieux, affirme Grégory Domes del Prado, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Des véhicules de police protègent la scène du meurtre survenu à Baie-Comeau, près d'un centre d'achat. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Il faut comprendre qu'on ne vise pas les petites mains, mais les commanditaires, les donneurs d'ordre qui tirent profit du crime. Les enquêtes prennent du temps, elles sont complexes, mais elles donnent des résultats.
Le préfet de la MRC de Manicouagan, Guillaume Tremblay, et le maire de Baie-Comeau, Michel Therrien, disent comprendre les inquiétudes des citoyens, qu’ils invitent à collaborer avec les forces policières. Un message prôné également par la Sûreté du Québec
Avec les informations d'Étienne Parent et de Bénédicte Filippi


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