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Pikogan exige d’être consulté sur un projet de lotissement en bordure de l’Harricana

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Un projet de lotissement sur la rive est de la rivière Harricana à Amos fait réagir le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni de Pikogan, qui demande à être consulté en raison de la nature sensible du secteur visé.

Le maire d'Amos, Sébastien D’Astous, s’engage à faciliter le dialogue entre la communauté et les promoteurs.

Selon la Ville d’Amos, ce lotissement serait la phase deux d’un projet amorcé en 2018 avec le prolongement de la rue Plante, à l’extrémité nord de la 1re Rue Est. Les promoteurs souhaitent aménager 23 terrains, dont quelques-uns situés en bordure de la rivière.

C’est l’absence de consultations, autant de la part du promoteur que de la Ville, qui heurte particulièrement le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni.

C’est du développement qui est fait sans consultations, c’est sûr qu’on s’est opposés. On n’est pas contre le développement, mais on est contre le développement qui se fait sans consultations, dénonce le vice-chef James Cananasso.

Une carte montrant une rivière, une route, une rue et un lotissement.

Sur cette carte, on voit bien le lotissement déjà réalisé au bout de la 1re Rue Est, les rapides Comis de la rivière Harricana et la petite île en plein coeur de la rivière Harricana.

Photo : Capture d'écran Google Maps

Activités traditionnelles

Le secteur visé est situé en face du cimetière communautaire de Pikogan, qui se trouve sur la rive ouest de l’Harricana. On y retrouve des rapides et une petite île qu’un gardien aurait occupée jadis pour assurer une présence des Abitibiwinnik sur le territoire.

Le site revêt donc une forte valeur historique et culturelle pour les membres de la communauté, qui y pratiquent des activités traditionnelles comme la chasse à l’outarde, la pêche et le canot.

M. Cananasso craint un impact direct de ce lotissement sur les activités traditionnelles de son peuple.

On n’a aucune idée de l’ampleur de ce projet. On n’est au courant de rien. C’est justement pour ça qu’on s’oppose au projet, parce qu’il n’y a eu aucune consultation.

James Cananasso porte un gilet de la communauté de Pikogan dans l'usine d'Amos.

Le vice-chef de la Première Nation Abitibiwini de Pikogan, James Cananasso. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier

C’est sûr que ça va toucher nos activités traditionnelles si ça va complètement sur le bord de la rivière, affirme M. Cananasso.

Remédier à la situation

Interpellé une première fois dans ce dossier lors de la séance du conseil municipal d'Amos, lundi soir, le maire D’Astous, a rappelé que le projet de lotissement est conforme au règlement de zonage, au plan d’urbanisme et au schéma d’aménagement. Le projet est mené par des promoteurs privés, dans le périmètre urbain de la Ville d’Amos.

En entrevue mardi, après avoir échangé avec la cheffe Chantal Kistabish, le maire D’Astous a reconnu que la communauté de Pikogan aurait normalement dû être consultée.

Des pierres tombales dans un cimetière, avec un boisé à l'arrière.

La rivière Harricana se trouve derrière cette lisière boisée qui la sépare du cimetière de Pikogan, sur la rive ouest.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Le comité consultatif d’urbanisme a suivi le dossier et on avait une recommandation d’aviser les Premières Nations. C’est sûr que, dans les dédales administratifs puis politiques, on aurait dû être plus vigilants, puis appeler la communauté. Je suis d’accord avec ça, admet-il.

Je conviens que d’avoir une communication franche pour ne pas que ça arrive n’importe comment, ça aurait dû être fait.

Sébastien D'Astous prononce un discours devant le Vieux-Palais d'Amos.

Le maire d'Amos, Sébastien D'Astous, reconnaît que la communauté de Pikogan aurait dû être consultée dans ce dossier. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

M. D'Astous entend remédier rapidement à la situation en informant d’abord les promoteurs, puis en s’assurant que la communauté autochtone soit bien informée du projet.

« On va favoriser la communication entre le promoteur privé et la communauté de Pikogan. On comprend la situation », assure-t-il.

« Je pense qu'une fois que le projet sera présenté, ça va quand même atténuer beaucoup la situation. C'est le prolongement d'un quartier qui existe déjà en bordure de la rivière. Il va y avoir ces rencontres et on verra ce qui peut être fait pour s'assurer que les gens se sentent consultés et interpellés dans le dossier », mentionne Sébastien D’Astous.

Le bout d'une rue, un champ et un boisé.

La rue Jean-Paul-Labrecque, qui fait partie du lotissement réalisé entre 2018 et 2021, se termine actuellement dans un cul-de-sac.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Projeté depuis 1991

Le maire d'Amos rappelle que le lotissement de ce secteur est projeté depuis 1991 et qu’il y a eu par le passé des consultations publiques, notamment pour le schéma d’aménagement de la MRC d’Abitibi. C’est un secteur très prisé, en particulier sur le bord de la rivière. Mais la Ville a voulu s’assurer, avec les promoteurs, de conserver un accès public à la rivière.

On avait déjà pris certaines mesures parce qu’on voulait s’assurer que la population puisse continuer d’avoir accès à la rivière. Pas d’aménagements comme tels, mais au moins pouvoir débarquer un kayak, en canot, des choses comme ça. On ne voulait pas que ça devienne une berge privée, explique M. D'Astous.

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