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Sherbrooke accueille le tout premier Sommet national sur le droit à l’alimentation, qui se déroule du 14 au 16 avril. L’objectif consiste à établir les balises d’un cadre juridique sur l’alimentation pour protéger le droit à l’alimentation grâce à l’adoption d’une loi-cadre par le gouvernement.
Ce sommet vise aussi à motiver et à éduquer la population.
C’est l'événement qui fait culminer plusieurs mois de mobilisation et d’éducation populaire au sujet du droit à l’alimentation, explique Jessica Dufresne, chargée de cours à l'Université d’Ottawa et chargée de projet en matière de droit à l’alimentation au Regroupement des cuisines collectives du Québec.
Environ 400 personnes issues de divers secteurs de la société et des systèmes alimentaires québécois, par exemple des chercheurs, des agriculteurs, des élus et des acteurs du milieu communautaire, sont réunies à l’hôtel Delta à Sherbrooke.

Jessica Dufresne est chargée de cours à l'Université d’Ottawa et chargée de projet en matière de droit à l’alimentation au Regroupement des cuisines collectives du Québec.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Le Québec et le Canada ont signé des traités internationaux qui reconnaissent le droit à l'alimentation. Malheureusement, ça n’a jamais été transposé dans notre système juridique, donc la loi-cadre viendrait asseoir ce droit dans notre système, ajoute Mme Dufresne.
Des représentants des gouvernements du Québec et du Canada ainsi que de l’étranger sont également attendus.
C'est une mesure qui a fait ses preuves à plusieurs endroits dans le monde : je pense au Brésil, notamment. Il y a plusieurs pays qui y pensent, notamment la France et la Suisse, explique Mme Dufresne.
Une loi pour répondre à plusieurs problèmes
Actuellement, près d'un Québécois sur cinq est touché par l'insécurité alimentaire. Selon plusieurs experts, ce chiffre pourrait augmenter au cours des prochaines années.
C’est pour répondre à ce problème-là et aussi pour répondre à la crise qu’on voit dans le système alimentaire : les producteurs agricoles qui voient le coût des intrants et le coût des terres agricoles augmenter et toutes les inégalités qu’on voit dans les différents secteurs du système alimentaire, que ce soit dans la transformation ou dans la distribution.
Pour l’animateur de ce sommet, Christian Bégin, l’insécurité alimentaire est un problème criant.

Christian Bégin
Photo : Radio-Canada
Il n’y a aucune charte, aucune loi, dans laquelle ce droit-là est enchâssé, qui permettrait de reconnaître officiellement le droit à l’alimentation dans la province, de coordonner l’action des différents ministères concernés, de briser le travail en vase clos qui se fait, des fois, entre les différents intervenants et de favoriser la participation équitable de toutes les parties prenantes au système alimentaire.
Des idées québécoises jusqu’en France
Il n’y a pas que le Canada qui souhaite faire avancer la législation dans ce sens : la France y songe aussi.
On a eu le contexte de l’état de l’alimentation au Québec hier et c’est le même en France : une précarité qui se développe, des besoins de plus en plus forts et des moyens qui ne font que baisser, constate Boris Tavernier, député du Rhône, en France, qui prend part à l'événement.
M. Tavernier a déposé une résolution il y a quelques mois pour faire entrer le droit à l’alimentation dans la Constitution française.
Le Québec a toujours été très inspirant : je viens m’y inspirer.
L'alimentation ne doit pas être un privilège mais un droit.
Ce sommet est le résultat de plusieurs présommets qui ont eu lieu dernièrement.
Avec les informations d'Alexandra Duchaine


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