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Un nouveau péage routier d’ici 2028 entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse

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Le gouvernement du Nouveau-Brunswick veut imposer un nouveau péage routier d’ici 2028 dans la région de Tantramar pour les non-résidents du Nouveau-Brunswick. C'est l'une des mesures annoncées dans le budget provincial de mardi pour augmenter les revenus de la province.

La province argumente que les personnes qui visitent le Nouveau-Brunswick doivent contribuer à l’entretien des routes. La mesure s'applique à tous les véhicules immatriculés ailleurs qu'au Nouveau-Brunswick, tant les véhicules commerciaux que privés.

Un nouveau péage sera établi près d’Aulac d’ici 2028, et les recettes annuelles d’environ 10,4 millions de dollars serviront spécifiquement les routes et les ponts, apprend-on dans le budget.

Le gouvernement indique qu’une analyse du débit journalier a permis d'identifier qu’Aulac, à la frontière de la Nouvelle-Écosse, est le meilleur emplacement pour cibler la circulation provenant de l’extérieur de la province.

Les autres endroits n’avaient pas le trafic nécessaire. Pour ce qui est de la région de Saint-Jacques, dans la région d’Edmundston, en vertu d’un accord fédéral-provincial, nous ne sommes pas en mesure d’établir un péage routier sans avoir eu une négociation au préalable, dit le ministre des Finances, René Legacy.

Une mauvaise idée, selon le Parti vert

La frontière entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick se trouve dans la circonscription de Megan Mitton.

La députée verte de la circonscription de Tantramar dit ne pas avoir de chiffres exacts sur le volume de trafic à Aulac.

Elle déplore le fait de ne pas avoir été consultée et s’interroge sur la raison pour laquelle le gouvernement a identifié cet endroit pour installer un poste de péage.

Megan Mitton.

Megan Mitton est la députée de Tantramar, la région où sera installé le nouveau poste de péage routier.

Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau

Selon Megan Mitton, beaucoup de Néo-Écossais traversent chaque jour pour travailler dans les écoles et les foyers de soins au Nouveau-Brunswick.

C’est possible que ça va avoir des impacts négatifs sur les travailleurs qui viennent travailler dans notre province dans ma communauté, prévient la députée.

Elle fait valoir que les communautés de Tantramar et de Cumberland sont étroitement liées.

On a de la famille de chaque côté, ça va avoir des impacts et on a vu durant la pandémie les impacts négatifs lorsqu’il y avait des points de contrôle aux frontières, rappelle-t-elle.

Même son de cloche du côté néo-écossais. La députée indépendante de Cumberland-Nord, Elizabeth Smith-McCrossin, exhorte le gouvernement Holt à mettre immédiatement sur pause le projet de péage routier.

Elizabeth Smith-McCrossin regarde l'objectif.

La députée indépendante de Cumberland-Nord, Elizabeth Smith-McCrossin, s'est prononcée contre le projet de péage routier. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / CBC/Jean Laroche

Cette décision pénalisera de façon disproportionnée les habitants du comté de Cumberland. Nos communautés sont étroitement liées aux régions voisines du Nouveau-Brunswick par le travail, les achats, les soins médicaux, la famille et les commerces locaux. Pour de nombreux résidents, il ne s'agit pas de déplacements occasionnels, mais d'une véritable habitude quotidienne, a-t-elle exprimé dans une déclaration dans les médias sociaux.

Le secteur touristique ouvert à l’idée

Le ministre Legacy ne pense pas que ça aura un impact sur le tourisme avec les autres provinces.

La Nouvelle-Écosse a un péage autoroutier depuis longtemps et je ne pense pas que ça a empêché qui que ce soit à se rendre dans cette province, le tourisme se porte très bien, dit René Legacy.

Si nous demandons deux ou trois dollars aux gens pour nous aider à payer l’infrastructure, je pense que c’est juste.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, René Legacy.

Le ministre des Finances, René Legacy, compare avec les provinces de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, où un péage autoroutier existe déjà et « où les gens du Nouveau-Brunswick paient déjà pour visiter et travailler ».

Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau

Ginette Doiron, la présidente-directrice générale de l’Association de l’industrie touristique du Nouveau-Brunswick, se dit ouverte à l’idée de ce nouveau péage, les attractions touristiques étant dépendantes d'un réseau routier en bon état.

On va être vigilants de la façon dont ça va être implanté. C’est sûr que si c’est 10 $ par voiture, ça va avoir un impact sur le tourisme versus si on paye 3 $, nuance-t-elle.

Le montant du péage n’a pas encore été décidé au Nouveau-Brunswick. Cependant le ministre Legacy prend l’exemple des autres provinces : au passage de Cobequid, en Nouvelle-Écosse, il en coûte 4$ actuellement par véhicule et 3 $ par essieu pour les camions.

La présidente-directrice générale de la Chambre de commerce du Grand-Moncton, Kim Wilson, estime que c’est une bonne décision qu’on aurait dû faire il y a 20 ans.

C’est difficile à dire si les gens vont changer d’avis. Moi, je pense pas, c’est comme les gens qui vont à Halifax, les gens sont habitués et ça permet d’avoir de belles autoroutes, avance-t-elle.

Patrick Richard, le directeur général de Downtown Moncton Centre-ville, fait quant à lui valoir que le centre-ville de Moncton dépend du tourisme de la Nouvelle-Écosse.

Patrick Richard pose pour une photo, debout devant la porte vitrée des bureaux de l'organisme Downtown Moncton Centre-ville.

Patrick Richard, directeur général de Downtown Moncton Centre-ville, se dit inquiet de l'impact sur les commerces de Moncton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

N’importe quelle réduction dans notre tourisme de la Nouvelle-Écosse vers le sud-est du Nouveau-Brunswick c’est une baisse d’achalandage qui affecte nos entreprises locales. [...] on reçoit beaucoup de gens de la Nouvelle-Écosse qui viennent magasiner et fréquenter nos restaurants, nos boutiques, même une petite baisse fait un grand effet au centre-ville, dit-il.

J’espère que ça vaut le coup.

L’idée des péages n’est pas nouvelle

En janvier 2016, sous les libéraux de Brian Gallant, le gouvernement avait évalué la possibilité des autoroutes à péage sans retenir cette option finalement. La frontière de la Nouvelle-Écosse avait alors été identifiée comme emplacement pour un poste de péage. Le débit journalier moyen à cet endroit était de 14 000 à 14 500 passages à l'époque.

L'ancien premier ministre progressiste-conservateur Bernard Lord a aboli, en mars 2000, le dernier poste de péage autoroutier au Nouveau-Brunswick. Il se trouvait entre Moncton et Fredericton, à hauteur de Petitcodiac, sur la Transcanadienne.

On peut rappeler aussi l’abolition en 2011, sous le gouvernement progressiste-conservateur de David Alward, du péage au pont du port de Saint-Jean.

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