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Meurtre causé par du parfum? Témoignages incriminants pour l’accusé

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Deux citoyennes ont témoigné pour la Couronne au procès de Tefai Opoku-Boadu, qui est accusé de meurtre non prémédité lors d'une altercation à l'extérieur d'une station de métro de Toronto en 2024. L'individu a plaidé la légitime défense à l'ouverture de son procès, lundi, pour la mort de Matthew Rumble. De l'eau de Cologne serait à l'origine de l'altercation meurtrière.

Dans ce procès sans jury, personne ne conteste que l'accusé de 24 ans a poignardé la victime de 39 ans, l'après-midi du 25 juin 2024, sur la plateforme des autobus à l'extérieur de la station Jane dans l'ouest de la métropole.

La question est plutôt de savoir à qui appartenait l'arme du crime. La Couronne doit prouver que le couteau qui a tué la victime appartenait à l'accusé.

Or, la défense avance que c'est plutôt la victime qui a menacé son client qui s'est alors emparé de l'arme pour se défendre.

Quatre policiers de Toronto devant ne scène de crime.

Des policiers ont ceinturé la scène de crime le 25 juin 2024 pour la durée de l'enquête à la station de métro Jane, où un homme de 39 ans a été poignardé à mort.

Photo : Radio-Canada / Mehrdad Nazarahari/CBC

Selon la Couronne, Tefai Opoku-Boadu, qui était avec une amie, s'est aspergé de parfum dans l'autobus, ce qui aurait déplu à Matthew Rumble qui était assis devant eux.

L'échange verbal a vite tourné à la confrontation physique à l'extérieur du véhicule.

L'amie en question, Mackenzie Hargrave, subira un procès séparé à une date ultérieure pour une accusation de complicité après les faits.

Premier témoignage

La Couronne a présenté au début des audiences la vidéo de l'altercation captée par une caméra de surveillance de la station de métro.

Faute d'une vidéo concluante, elle a appelé, mercredi, à la barre, deux témoins oculaires qui se trouvaient sur la plateforme entre 17 h 30 et 18 h l'après-midi du meurtre.

Maria Ribeira affirme avoir entendu deux employées de la CTT crier et pleurer sur la plateforme alors qu'elle attendait son autobus pour rentrer chez elle.

J'avais des écouteurs dans les oreilles, mais je pouvais les entendre, raconte-t-elle.

Elle explique qu'elle est allée leur demander ce qui se passait, mais les employées ne lui ont pas répondu.

Je suis alors retournée à l'endroit où j'étais, lorsque j'ai vu un homme tituber, l'abdomen en sang avant de tomber, poursuit-elle en décrivant la commotion parmi les usagers.

Une scène de crime devant une station de métro.

Le meurtre de Matthew Rumble aurait eu lieu entre 17 h 30 et 18 h, en pleine heure de pointe, l'après-midi du 25 juin 2024.

Photo : Radio-Canada / Mehrdad Nazarahari/CBC

Mme Ribeira ajoute que la victime était un homme noir âgé d'une trentaine d'années, grand et bien bâti, vêtu d'un jeans et d'une chemise et d'une camisole blanches.

Elle mentionne que deux individus l'ont dépassée à la course à 10 pieds devant elle. J'ai vu un homme et une femme s'enfuir en courant dans la rue, sur Jane, en direction de la rue Bloor, se souvient-elle.

Elle décrit les deux fuyards comme un homme petit, mince et à la peau basanée et une femme blanche, blonde et menue, avec une queue de cheval, qui portait un sac à dos noir et qui tenait un tissu blanc dans les mains.

L'individu tenait un long couteau de cuisine aiguisé dans la main avec une poignée blanche, précise-t-elle sans toutefois être capable de remarquer si la lame était ensanglantée.

Elle se souvient toutefois que le fuyard n'était pas blessé dans sa fuite. La femme criait des paroles à l'individu, mais je ne pouvais comprendre ce qu'elle lui disait, et ils ont ensuite bifurqué à droite sur Bloor, déclare-t-elle.

Second témoignage

Contrairement à Mme Ribeiro, la deuxième témoin, Claudia Veira, assure avoir vu l'altercation entre les deux hommes sur la plateforme.

J'ai vu deux hommes se battre et j'ai entendu des cris et les gens se précipitaient dans la rue Jane, dit-elle.

Elle souligne qu'elle a aperçu l'assaillant donner un coup dans les côtes de la victime, qui s'est alors effondrée au sol.

Juste avant d'être frappé dans le ventre, l'homme avait porté sa main à sa nuque, continue-t-elle, en précisant qu'elle n'a toutefois pas vu si les deux hommes étaient armés.

Mme Veira mentionne que l'homme ne s'est pas relevé et qu'elle a composé le 911. Elle décrit la victime comme un homme noir, grand et chauve.

Une casquette noire sur une plateforme d'autobus.

Une casquette ayant pu appartenir à la victime de 39 ans a été retrouvée sur les lieux du meurtre, mais deux témoins oculaires n'ont pu le confirmer à la barre du procès mercredi.

Photo : Radio-Canada / Mehrdad Nazarahari/CBC

Elle affirme que l'assaillant était au contraire mince, qu'il avait les yeux bruns, qu'il était rasé de près et qu'il avait des tresses courtes le long de son crâne.

La description qu'elle donne à la cour ressemble à celle du jeune accusé qui est assis à côté de ses avocates.

Il portait un chandail en molleton à capuchon et des jeans foncés, ajoute Mme Veira qui précise que l'homme accompagné de la femme avaient pris la fuite en passant tout près d'elle.

L'assaillant avait dans une main un couteau muni d'une poignée blanche, la lame était tachée de sang et elle devait faire 11 pouces de longueur, poursuit-elle en précisant qu'il affichait un sourire.

Elle ajoute que la femme qui courait derrière l'attaquant lui demandait de l'attendre. Elle portait un espèce de pyjama ou de survêtement de sport gris avec des motifs roses, [et] était visiblement nerveuse, conclut-elle.

La défense de Tefai Opoku-Boadu a tenté de minimiser le témoignage des deux femmes en rappelant qu'elles n'ont pu entendre quoi que ce soit, parce qu'elles portaient toutes les deux des écouteurs à musique et que la commotion à la station et la congestion dans la rue rendaient toute audition impossible.

La défense relève en outre que les deux témoins oculaires ont été incapables de dire lequel des deux individus possédait le couteau durant la bagarre.

Le procès se poursuivra jeudi.

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