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Un chiffre peint sur chaque chêne-liège du Portugal : c’est l’année de sa dernière récolte, et personne n’y retouchera avant neuf ans

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Après la récolte, un chiffre unique est peint sur l’arbre : le dernier de l’année d’extraction. Il figure sur le tronc rouge brique d’un chêne-liège de l’Alentejo, et c’est peut-être de cet arbre que vient le bouchon de la bouteille que vous ouvrez ce week-end. Un « 6 » signifie 2026, et personne ne reviendra écorcer cet arbre avant 2035.

À retenir

  • Un chiffre unique, de 0 à 9, est peint sur le tronc après chaque récolte.
  • Un chêne-liège ne peut être écorcé qu’après un intervalle de neuf ans.
  • Le Portugal produit environ 50 % du liège mondial.
  • Un arbre peut être récolté jusqu’à 15 fois sur une vie d’environ 200 ans.

Sommaire

  1. Une hache, un été, un chiffre à la peinture blanche
  2. 43 ans avant le premier liège à bouchons
  3. L’arbre reste debout, le Portugal domine

Une hache, un été, un chiffre à la peinture blanche

La récolte se déroule chaque année de la fin mai à août, et une grande partie se fait encore à la main. Les écorceurs ouvrent l’écorce à la hache, par une longue incision verticale puis des coupes horizontales, avant de décoller les plaques de liège. Elles sont laissées au pied de l’arbre et ramassées le lendemain. Une fois l’écorce partie, le tronc apparaît d’un rouge profond, une teinte qui fonce avec les années.

Les équipes peignent alors un seul chiffre, de 0 à 9, qui correspond au dernier chiffre de l’année. Un producteur de porto de la vallée du Douro a ainsi marqué ses arbres d’un 0 en 2020, avec une prochaine récolte prévue en 2029.

Un arbre marqué 6 cette année repassera sous la hache en 2035.

Le chiffre reste lisible pendant tout le cycle, parce que l’écorce pousse de l’intérieur vers l’extérieur. Les gestionnaires de domaine repèrent ainsi d’un coup d’œil, au milieu des parcelles, les arbres prêts pour la saison suivante.

Aucune alternative entièrement mécanisée n’égale la précision du geste, et le savoir-faire se transmet de génération en génération.

43 ans avant le premier liège à bouchons

Un chêne-liège est récolté pour la première fois quand il est mature, vers 25 ans. Ce premier liège, dit « vierge », est trop rugueux pour fermer une bouteille de vin. La deuxième récolte, 9 ans plus tard, donne une écorce plus régulière, mais le liège à bouchons le plus connu arrive à partir de la troisième récolte. Le calcul tient en une ligne : 25 + 9 + 9, soit 43 ans.

Un arbre qui livre du liège à bouchons cette année a donc germé en 1983 au plus tard. Les chercheurs travaillent, de leur côté, à accélérer la première récolte, sélectionner les meilleurs plants et augmenter la productivité sans perturber l’écosystème. Pour l’instant, la forêt garde son rythme, et le lecteur de bouchons doit s’y plier.

L’arbre reste debout, le Portugal domine

Écorcez la plupart des arbres et ils meurent, car le geste emporte le cambium, qui fabrique les nouveaux tissus conducteurs, ainsi que le phloème qui transporte les sucres. Le liège peut être retiré sans abîmer la couche cambiale. L’arbre continue donc de vivre, et un même chêne peut produire du liège pendant plus de 150 ans.

Avec une durée de vie d’environ 200 ans, un chêne-liège peut être récolté jusqu’à 15 fois. Dans les montados de l’Alentejo, où les chênes se mêlent aux prairies, aux cultures de céréales et au pâturage, les forêts suivent des cycles de récolte annuels et tournants. Chaque été, une partie des arbres est écorcée, et le reste attend son tour.

Le Portugal produit environ 50 % du liège mondial.

L’industrie qui en découle opère à une échelle difficile à se représenter : le groupe Amorim fabrique plus de 5,5 milliards de bouchons par an. Cela fait plus de 80 bouchons pour chaque habitant de France, bébés compris. Et chacun a d’abord été une plaque d’écorce décollée à la hache, quelque part sous un arbre numéroté.

La réglementation portugaise interdirait d’écorcer un arbre à moins de 9 ans d’intervalle et demanderait d’inscrire l’année à l’encre indélébile, d’après les textes publics consultés. Ces règles visent à laisser à l’écorce le temps de se régénérer complètement entre deux récoltes.

Le chiffre change à chaque cycle, puisque 9 ans ne font pas un tour complet de cadran. Un arbre marqué 6 en 2026 portera un 5 en 2035, puis un 4 en 2044. Celui qui a reçu son 0 en 2020 sera de nouveau écorcé en 2029, et le chiffre qu’on y peindra alors sera un 9.

Sources : winewithseth.com | epic.travel

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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