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Connaissez-vous l'astéroïde (98943) Torifune ? Pour les astrophysiciens, c'est d'abord un astéroïde de type S car il présente un spectre indiquant une composition minéralogique siliceuse, c'est-à-dire rocheuse. Environ 17 % des astéroïdes appartiennent à cette catégorie, ce qui en fait la deuxième plus fréquente après celle des astéroïdes carbonés de type C.
Si cet astéroïde est nommé d'après la divinité japonaise Ame-no-torifune, le dieu des navires, on sait aussi que c'est un exemple d'astéroïdes Apollon, le groupe principal d'astéroïdes géocroiseurs. Ils sont nommés d'après l'astéroïde 1862 Apollon, découvert par l'astronome allemand Karl Reinmuth dans les années 1930. En janvier 2025, on dénombre 21 083 astéroïdes de type Apollon dont 2 130 sont classés comme astéroïdes potentiellement dangereux.
Dans l’ouvrage qu’il avait publié en 2013 aux éditions Le Cherche-midi, Jean-Pierre Luminet dresse un large tableau de notre connaissance du monde des astéroïdes, de ses dangers, mais aussi de ses promesses. La Terre est-elle vraiment menacée ? Peut-on dévier des géocroiseurs comme Apophis ou coloniser le Système solaire avec eux ? Il avait répondu aux questions de Futura sur ces sujets dans une interview en deux parties, dont voici la première, que nous republions en 2026 pour la Journée internationale des astéroïdes. C'est un événement mondial annuel, créé en 2016, qui est célébré le 30 juin, jour anniversaire de l'explosion de la Toungouska, survenue en 1908.... Lire la suite
(98943) Torifune est donc typiquement le genre d'astéroïde qu'on aimerait mieux connaître pour estimer quelle serait la meilleure stratégie pour le dévier s'il menaçait la Terre d'une collision.
Une image de (98943) Torifune prise par Hayabusa 2. © Jaxa
(98943) Torifune, un astéroïde binaire
La Jaxa, l'agence spatiale japonaise cousine de la Nasa et de l'ESA, ne s'y est pas trompée ; c'est pourquoi elle avait prévu son survol rapproché dans le cadre de la mission étendue de la sonde Hayabusa 2 (« Faucon pèlerin 2 »). Lancée le 3 décembre 2014 et propulsée par quatre moteurs ioniques, Hayabusa 2 est ensuite devenue célèbre en permettant d'étudier (162173) Ryugu, un astéroïde Apollon de type C potentiellement dangereux. La sonde Hayabusa 2 a de plus effectué deux collectes d'échantillons de Ryugu en 2019, ce qui lui a permis de ramener sur Terre 5,4 grammes de matière de la surface et sous-surface de l'astéroïde.
Astéroïde : les échantillons de Ryugu confrontés aux données de Hayabusa 2
Les échantillons prélevés par la sonde Hayabusa 2 sont-ils représentatifs de la surface de Ryugu ? C'est la question que s'est posée l'équipe scientifique de la mission. Et bonne nouvelle, ces échantillons ont des propriétés similaires à celles des fragments éjectés lors des collectes d'échantillons et, de façon plus générale, à celles des roches présentes à la surface de l'astéroïde.... Lire la suite
La Jaxa vient de faire savoir que le 5 juillet 2026, à 11 h 35, heure française, Hayabusa 2 avait réussi à survoler (98943) Torifune à une vitesse relative de 5 km/s, ses instruments prenant des données et des images inédites de ce corps rocheux.
Elles ont révélé un astéroïde binaire, probablement issu de l'agglomérat de deux astéroïdes, comme l'explique avec plus de détails un communiqué de la Cité de l'espace contenant également un entretien avec Patrick Michel, astrophysicien CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de l'équipe scientifique de la mission Hayabusa 2.
➡️ Découvrez notre article sur le survol et l'interview de l'astrophysicien Patrick Michel qui fait partie de l'équipe scientifique????https://t.co/fjKdGRoMs1
— Cité de l'espace (@CiteEspace) July 6, 2026

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