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Le Collège des infirmières et infirmiers autorisés du Manitoba a récemment sévi contre trois de ses membres pour des gestes et des propos déplacés envers des étudiantes, le dénigrement du Collège dans un balado et la consultation illégitime de dossiers médicaux.
Le premier cas concerne un infirmier clinicien qui occupait un poste d'enseignement contractuel à l'Université du Manitoba avant d'être suspendu de ses fonctions de supervision en novembre 2023. Dans une décision de cinq pages, le comité d’enquête du Collège conclut qu'il a failli de manière écrasante à ses normes et à ses obligations professionnelles.
Votre conduite a constitué un manquement grave à la confiance placée en vous par l’Université du Manitoba, par le College et, plus important encore, par les étudiantes sous votre responsabilité, tranche l’organisme de réglementation.
Des contacts physiques non sollicités
Selon les témoignages recueillis, l'infirmier a autorisé des stagiaires à exécuter des actes cliniques pour lesquels elles n'avaient pas encore reçu la formation requise en laboratoire. L'une de ces interventions a tourné à l'épreuve humiliante pour une étudiante, l'enseignant s'étant permis des commentaires sur l’anatomie du patient [qu'elle a] trouvés troublants et déplacés.
Plusieurs étudiantes ont également dénoncé des remarques récurrentes sur leur apparence physique, des questions intrusives sur leur vie amoureuse et des contacts physiques non sollicités. La décision énumère des gestes précis : l'infirmier a notamment touché les cheveux, l'avant-bras et le bas du dos d'une étudiante, en plus d'attacher l'équipement de protection individuelle de stagiaires d'une façon qui les mettait mal à l'aise.
Le rapport relève aussi que l'enseignant a omis de déclarer une piqûre accidentelle par aiguille subie par une stagiaire en milieu clinique. Il a également partagé, sur l'application Telegram, des photos prises avec son téléphone personnel lors de procédures médicales dans des chambres de patients. Enfin, il utilisait cette messagerie pour dénigrer certaines étudiantes devant leurs pairs, prédisant leur échec et affichant une réticence à les encadrer.
Ces agissements ont instauré un climat de crainte face à d'éventuelles représailles, minant la sécurité psychologique et la confiance requises dans la relation pédagogique. L'infirmier, qui avait par ailleurs refusé de suivre la formation d'orientation obligatoire à son embauche, a écopé d'une pénalité de 5000 $ en frais.
Des propos diffamatoires dans un balado
Le deuxième dossier vise un ancien infirmier coupable d'avoir adopté un comportement abusif, impoli, insubordonné et non professionnel envers les représentants du Collège des infirmières et infirmiers autorisés du Manitoba entre 2016 et 2019.
Après avoir volontairement renoncé à son droit de pratique en août 2019 sur fond de litige avec l'organisme, l'homme s'est exprimé en décembre 2020 dans un épisode de balado. Se présentant comme un ancien soignant, il y a tenu des déclarations jugées fausses et diffamatoires pour tenter de justifier ses agissements passés.
Le comité a qualifié sa sortie publique d'intervention profondément intéressée, malveillante et malhonnête, estimant qu'il a fait passer sa réputation personnelle avant son éthique professionnelle. L'infirmier a été condamné à verser 2500 $ en dédommagement des frais engagés.
Accès illégal à des données confidentielles
La troisième décision touche une infirmière qui a consulté sans autorisation légitime, à deux reprises en 2023 et en 2024, le dossier médical personnel d'une connaissance qui ne recevait aucun soin de sa part. Une vérification interne déclenchée par son employeur a permis de découvrir l'infraction.
L'enquête a également révélé qu'elle avait remis une ordonnance d'antibiotiques à l'enfant d'une ancienne collègue sans respecter les exigences de prise de rendez-vous ni les normes de tenue de dossier en vigueur dans sa clinique.
Bien que l'infirmière ait reconnu ses torts, le comité a rappelé que l'urgence ou les liens personnels ne justifient en rien la violation du secret médical ni le contournement des protocoles de soins. Elle devra rembourser 2500 $ de frais à l'organisme de surveillance.


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