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Il y a 10 ans, en janvier 2016, les 80 élèves de l’école La Voie du Nord et leur personnel quittaient leur colocation avec l’école anglophone Burntwood pour emménager dans leur propre édifice. Une décennie plus tard, l'établissement est devenu le cœur battant de la communauté francophone de Thompson.
Je ne peux pas m’imaginer fonctionner comme ils l’ont fait pendant plusieurs années, c’est tellement important d’avoir notre propre bâtiment, s’exclame Nicole Nicolas, directrice à La Voie du Nord depuis 5 ans.
L’enseignante à la retraite, Giselle Luky, a vécu de près le grand déménagement de 2016. On avait plus assez d’espace, quand l’école a commencé en 2009, on avait environ 38 élèves. Et là, on grandissait, grandissait, grandissait, se souvient-elle.
Transférer tout le matériel et les classes en plein milieu de l’année scolaire représentait un défi logistique. Mais l'effort en valait la peine, et Giselle Luky se rappelle encore l’enthousiasme général lors de l'inauguration des lieux.
On se sentait maintenant chez nous.

Giselle Luky enseignait à l'école La Voie du Nord lorsque l'établissement a emménagé dans son propre bâtiment, en 2016.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Depuis, la fréquentation de l'établissement n'a cessé de progresser, malgré un léger recul la première année.
Lorsqu'on quitte une école anglophone, même si on est un programme francophone, il y a des élèves qui se sont fait des amis du côté anglophone et qui veulent rester, explique Alain Laberge, le directeur général de la DSFM.
En dix ans, l’effectif est passé de 80 à plus de 100 élèves, soit une hausse de 26 %. L’ouverture de la garderie Les Louveteaux, adjacente à l'école, est venue consolider cet ancrage. Ça fait un boom parce que lorsqu'on a une garderie dans une école, on a un bassin potentiel qui va rentrer en maternelle l'année d'après et les années subséquentes, souligne Alain Laberge.
Pouvoir vivre sa francophonie à Thompson
De l’avis de la direction et de la DSFM, l’école dépasse le simple cadre de l’apprentissage linguistique. C’est aussi un moyen de vivre la francophonie dans une ville majoritairement anglophone.
Notre mission c’est la francophonie, la langue, la culture et on peut assurer tout ceci sous le même toit, explique Nicole Nicolas, directrice de l’école communautaire La Voie du Nord depuis cinq ans.
On a un triple mandat et donc on a une construction identitaire à faire chez nos jeunes et cette culture francophone à partager, confirme le directeur général de la DSFM, Alain Laberge.
Il y a ce sentiment de liberté lorsque vous avez votre propre école, ce sentiment de pouvoir vivre sa culture.
L’école dispose également de sa propre bibliothèque, la seule à offrir un vaste choix d’ouvrages en français à Thompson. Quand on vit [en situation linguistique minoritaire], c’est très important d’être entouré par la francophonie, explique l’enseignante à la retraite Giselle Luky.

Esther Anoh (à gauche) et Kiera Beaurivage font partie des sept élèves du secondaire de l’école La Voie du Nord, à Thompson.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Pour les élèves de l’école, étudier en français constitue un atout précieux. Kiera Beaurivage ne parle pas français à la maison; l’école demeure donc le seul moyen de préserver et de transmettre cette part de son identité.
Je veux parler français pour que mes enfants plus tard parlent français comme moi, explique l’élève de 11e année.
Une petite école avec un grand impact sur la communauté
Sur l'heure du midi, les sept élèves du secondaire de l’école se retrouvent dans une salle de classe pour la réunion du conseil étudiant. Chacun joue un rôle de premier plan dans l’organisation des activités au sein de l’établissement.
C’est l’une des particularités de l’école francophone de Thompson. Si cette taille modeste pose certains défis, elle offre aussi une occasion unique selon la directrice. Les élèves sont ici pour une raison, je crois qu'ils apprécient beaucoup leur connexion avec leurs enseignants, assure Nicole Nicolas.

Nicole Nicolas est directrice de l’école communautaire La Voie du Nord, à Thompson, depuis cinq ans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy
L’élève de 9e année Esther Anoh abonde dans le même sens : Je pense que cela a des points positifs car si tu es dans une grande école, ce n’est pas sûr que tu vas être visible aux yeux des enseignants.
Pour de nombreuses familles francophones de Thompson, l’école La Voie du Nord est un lieu de rassemblement. J’ai vu une soirée de finissant avec une seule finissante et il y avait au moins 60 personnes dans la salle, raconte Alain Laberge.
L’école tient à cœur à beaucoup de personnes ici.
Malgré l’éloignement géographique par rapport aux autres localités francophones de la province, la DSFM s’assure d’offrir les mêmes perspectives et le même accès aux activités aux élèves et au personnel de Thompson. On ne voulait pas les mettre de côté, ils participent à nos événements, et pour le développement professionnel, c’est la même chose, confirme Alain Laberge.
Par exemple, les élèves du secondaire ont participé au camp JMCA en octobre avec le reste de la division. C'est très important pour eux de faire ces liens-là avec d'autres écoles et notre taux de participation est presque 100 % pour nos élèves, malgré les longs voyages, confirme la directrice Nicole Nicolas.


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