Le premier aspirateur breveté n’est jamais entré dans une maison. Le brevet britannique du 30 août 1901 décrit une grosse machine à moteur à essence, tirée par des chevaux et garée devant le bâtiment à nettoyer. Les tuyaux, eux, montaient jusqu’aux fenêtres.
À l’époque, les machines à nettoyer soufflaient la poussière, elles ne l’aspiraient pas.
À retenir
- Le premier aspirateur breveté le 30 août 1901 était une machine volumineuse fonctionnant au moteur à essence et tirée par des chevaux.
- Hubert Cecil Booth a prouvé le principe de l’aspiration en posant un mouchoir sur un siège de restaurant et en aspirant pour retenir la poussière.
- La machine restait garée dans la rue, les tuyaux traversant les fenêtres pour nettoyer l’intérieur des bâtiments, trop grande pour entrer dans une maison.
Sommaire
Un mouchoir sur un siège de restaurant
Hubert Cecil Booth, ingénieur britannique, assiste un jour à la démonstration d’une machine américaine censée dépoussiérer des fauteuils. Le principe consiste à envoyer de l’air pour déloger la saleté. Booth en tire une conclusion inverse : il faudrait aspirer.
Pour en faire la preuve, il improvise un test dans un restaurant. Il pose un mouchoir sur le siège, colle sa bouche contre le tissu et aspire. La poussière reste piégée dans le mouchoir, exactement ce que la machine américaine ne savait pas faire. Certains récits ajoutent qu’il aurait failli s’étouffer au passage, ce que les sources ne permettent pas de confirmer.
Les biographes ne s’accordent ni sur le lieu de la démonstration initiale (un music-hall londonien ou des wagons de chemin de fer, selon les versions), ni sur la date exacte de l’expérience, 1900 ou 1901. Ce détail n’enlève rien à l’idée : un filtre de tissu retient ce qu’un souffle disperse.
Deux brevets, un moteur à essence, des chevaux
Booth dépose deux brevets britanniques en 1901, le 18 février puis le 30 août. Sa première machine est construite par Fielding & Platt, à Gloucester. Elle fonctionne avec un moteur à essence et se déplace derrière des chevaux.
Le gabarit règle la question de l’usage : la machine est trop volumineuse pour franchir la porte d’un immeuble. Elle reste donc dans la rue, attelée, et les tuyaux traversent les fenêtres jusqu’aux pièces à nettoyer. On lui a donné le surnom de « Puffing Billy », que l’on pourrait traduire par « Billy le cracheur de fumée ».
Son principe de fonctionnement reste celui de l’aspirateur d’aujourd’hui.
Pas de brosse, pas de suceur rotatif : selon Wikipédia, tout le travail passait par de longs tuyaux terminés par des embouts. Une pompe à piston aspirait l’air à travers un filtre en tissu, le cousin industriel du mouchoir du restaurant.
Du service à la rue à la société de 1902
Booth ne cherche pas d’abord à vendre son engin. Il vend du nettoyage : les opérateurs déroulent les tuyaux depuis la voiture, les font passer par les fenêtres et l’aspiration se fait de l’extérieur. Théâtres et magasins figurent parmi les lieux où la machine a travaillé, alors qu’elle restait bien trop grande pour un usage domestique.
Il fonde la Vacuum Cleaner Co en 1902. Il conçoit aussi un modèle à moteur électrique, mais tout aussi encombrant et lui aussi transporté par voiture à cheval.
Ouvrez le placard où dort votre aspirateur : le tuyau, le moteur d’aspiration et le filtre qui retient la poussière descendent de cette voiture à chevaux et du test du mouchoir.
Sources : gracesguide.co.uk | en.wikipedia.org


2 week_ago
106



























.jpg)






French (CA)