Cinquante fois. C’est le nombre de fermetures de la barrière de la Tamise durant l’hiver 2013/14, la saison la plus chargée de son histoire selon l’Environment Agency, qui parle de sa « busiest flood season ever ». À chaque fois, dix portes d’acier réparties sur 520 mètres d’une rive à l’autre ont isolé le centre de Londres de la mer du Nord.
Cet hiver-là pèse près d’un quart de toutes les fermetures depuis 1982.
Le compteur officiel affichait 221 fermetures « flood defence » au 17 novembre 2025. Sur ce total, 119 ont servi contre la marée seule et 102 contre la combinaison d’une marée et d’une crue du fleuve. La 200e est intervenue le jeudi 21 octobre 2021, après 199 fermetures précédentes. Le gouvernement britannique l’a annoncée comme un jalon, pas comme une alerte.
À retenir
- La barrière de la Tamise a été fermée 50 fois durant l’hiver 2013/14, record de son histoire.
- Dix portes d’acier réparties sur 520 mètres isolent le centre de Londres lors des marées dangereuses.
- Au 17 novembre 2025, 221 fermetures ont été enregistrées depuis sa mise en service en 1982.
- Le plan Thames Estuary 2100 impose de choisir la solution de remplacement d’ici 2040.
Sommaire
Dix portes sorties de la catastrophe de 1953
Tout part de l’inondation de 1953, qui a fait plus de 300 morts sur la côte est de l’Angleterre. La barrière a été construite à la suite de cet épisode. Elle est devenue opérationnelle en 1982 et a été inaugurée en 1984.
Une porte met 10 à 15 minutes à se fermer. Pour l’ensemble de la barrière, il faut compter environ 1 h 30, et une fermeture complète pour une marée dure environ 5 heures.
Chaque mois, la barrière est testée, même quand aucune tempête ne menace.
125 km² à protéger, et 50 fermetures qui pèsent lourd
La barrière protège 125 km² du centre de Londres, soit un peu plus que la superficie de Paris intra-muros (environ 105 km²). Les documents officiels avancent selon les passages 1,25 ou 1,4 million d’habitants à l’abri derrière elle. C’est bien plus que la population de Marseille, deuxième ville de France.
Rapportées à une seule saison, les 50 fermetures de 2013/14 donnent le vertige. Si l’on retient environ 5 heures par fermeture complète (un ordre de grandeur, pas un relevé), cela fait près de 250 heures de barrière relevée, soit plus de 10 jours cumulés. À chaque épisode, il a fallu lancer la manœuvre des dix portes, environ 1 h 30 avant que le mur ne soit complet. Aucun autre hiver n’a imposé un tel enchaînement depuis la mise en service.
Pour un ouvrage conçu à une époque où l’on ne comptait pas de telles séries, l’exercice relève de l’épreuve de résistance. Les portes, elles, ont fait ce qu’on leur demandait, fermeture après fermeture. Le bilan global, 221 manœuvres de défense en un peu plus de quatre décennies, confirme que l’outil est sollicité bien plus qu’une assurance que l’on espère ne jamais utiliser.
Le 21 octobre 2021 : trois ingrédients, une 200e fermeture
La 200e fermeture n’est pas née d’une tempête spectaculaire mais d’un cocktail. Une marée de vives-eaux, une zone de basse pression et un vent du nord se sont conjugués ce jeudi-là. C’est ce type de combinaison, plus que la violence d’un seul facteur, qui pousse l’eau vers l’estuaire.
Depuis, 21 fermetures supplémentaires ont été comptabilisées jusqu’au 17 novembre 2025.
Le chiffre se retrouve en simple soustraction : 221 moins 200. Quatre années à peine, pour un ouvrage dont les 199 premières manœuvres s’étalaient sur près de quarante ans. Le rythme récent n’égale pas celui de l’hiver 2013/14, mais il rappelle qu’une saison calme ne signifie pas une barrière au repos.
2070, 2040 : le calendrier de la suite
Le plan Thames Estuary 2100 fixe l’horizon : la protection actuelle est requise jusqu’en 2070. Au-delà, il faudra une autre solution, et le choix de l’option de fin de siècle doit être arrêté d’ici 2040. Cela laisse un peu moins de quinze ans aux décideurs à partir d’aujourd’hui.
La mécanique est connue des ingénieurs. À mesure que le niveau de la mer monte, la barrière sera fermée de plus en plus souvent, ce qui use les équipements et allonge le tableau des fermetures saison après saison. Rien n’est écrit pour l’après-2070, hormis cette date butoir de 2040 pour trancher.
Les dix portes de Woolwich continueront donc de se relever au gré des marées et des crues, testées chaque mois, en attendant que le choix de 2040 dise ce qui prendra le relais.
Source : studyguides.com


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