Des chercheurs britanniques ont trouvé des microplastiques dans 29 des 38 marques d’aliments pour animaux testées — croquettes et pâtées pour chats, chiens et hérissons. Un grand chien nourri aux pâtées pourrait ingérer environ 313 particules de microplastique par jour. La découverte, publiée dans Environmental Toxicology and Chemistry, a commencé par des excréments de hérissons.
Ce que vous allez apprendre
- Comment une étude sur des excréments de hérissons britanniques a mené à l’analyse de 38 marques d’aliments pour animaux
- Pourquoi les aliments économiques et les pâtées présentent les niveaux de contamination les plus préoccupants
- Ce que les chercheurs recommandent aux gouvernements et aux fabricants pour réduire cette contamination
Tout a commencé par des excréments de hérissons
En 2021, des chercheurs collectant 189 échantillons d’excréments de hérissons dans des jardins privés et des centres de réhabilitation à travers le Royaume-Uni ont trouvé du plastique dans 19 % d’entre eux. Personne ne savait que ces animaux — officiellement classés « quasi menacés » — ingéraient des microplastiques.
Pour remonter à la source, l’équipe a analysé des milliers d’invertébrés et d’échantillons de sol sur 51 sites du Sussex. Les plastiques étaient largement présents chez différentes espèces. Mais une autre piste est apparue : les aliments pour animaux que de nombreux Britanniques déposent dans leurs jardins pour nourrir les hérissons.
29 marques sur 38 positives aux microplastiques
Les chercheurs ont sélectionné 38 marques d’aliments pour animaux — croquettes et pâtées, pour chats, chiens et hérissons, réparties dans différentes gammes de prix. Six unités de chaque produit ont été achetées et analysées.
Résultat : des microplastiques ont été détectés dans 29 des 38 aliments testés, avec une contamination présente dans plusieurs points de vente pour 18 d’entre eux. Les produits de la catégorie économique présentaient un plus grand nombre d’échantillons positifs. Parmi les 21 produits contenant des dérivés animaux, 19 présentaient au moins un échantillon positif.
Crédit : Karsten Winegeart
Sec ou humide : deux problèmes différents
Les aliments secs contiennent plus de microplastiques par gramme. Mais les animaux consomment généralement des portions bien plus importantes d’aliments humides — ce qui fait de ces derniers une source potentiellement plus préoccupante d’ingestion totale.
Pour donner une idée concrète : selon les niveaux moyens détectés dans les pâtées pour chiens, un grand chien comme un Labrador pourrait ingérer environ 313 particules de microplastique par jour. Les niveaux détectés dans les aliments pour animaux étaient en outre plus élevés que ceux généralement mesurés dans les aliments humains transformés — probablement en raison de la qualité moindre des ingrédients utilisés.
Des effets sanitaires encore mal connus, une précaution justifiée
Les impacts des microplastiques sur la santé des animaux domestiques et sauvages restent peu documentés. Des études en laboratoire suggèrent des problèmes de fertilité, de fonctionnement des organes et de santé générale — mais rien de définitif chez les animaux de compagnie ou les espèces sauvages dans des conditions réelles.
Les auteurs recommandent que les gouvernements rendent obligatoire le test de dépistage des microplastiques pour les fabricants d’aliments transformés pour animaux, en les soumettant aux mêmes contrôles réglementaires que ceux appliqués aux autres contaminants chimiques.


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